Les soucis de Gigi

Equipe remaniée à 70 pour cent, problèmes d’adaptation des recrues, absence de buteur, résultats en dents de scie, les soucis de TRAORE Siaka dit Gigi sont énormes. L’ASEC Mimosas peut-elle surmonter ses difficultés actuelles pour remporter le titre de champion de Côte d’Ivoire 2013 ?

Gigi a le sommeil troublé. Son challenge d’entraîneur principal de l’ASEC Mimosas ressemble fort bien aux douze travaux d’Hercule. Les objectifs que le club lui a assignés sont clairs : remporter le titre de champion de Côte d’Ivoire 2013, puis la 50e édition de la Coupe nationale et accéder, au moins, aux quarts de finale de l’Orange Coupe de la confédération. Mais les moyens pour y parvenir sont-ils vraiment réunis ?

UNE EQUATION DIFFICILE : CONSTRUIRE ET  GAGNER

 L’entraîneur mimosas a de réels soucis à se faire. Il doit résoudre une équation difficile : construire une équipe compétitive et obtenir des résultats immédiats. « A l’ASEC Mimosas nous subissons une pression énorme. L’obligation de résultat est très forte. On n’a pas le temps d’attendre », fait souvent remarquer le Président-Délégué et Président de la Section football, Francis OUEGNIN. Mais depuis quelques années, le club a du mal à conserver son effectif sur une longue période. C’est l’éternel recommencement. Les joueurs arrivant en fin de contrat ne résistent pas aux chants des sirènes des agents de joueurs qui leur font miroiter des contrats en Europe, au Maghreb et dans les pays du golfe arabique. Ils préfèrent partir « se chercher » dans ces coins de « paradis ». ZAGBAYOU Hugues et SEKYERE Mark sont aujourd’hui les seuls anciens de l’équipe actuelle qui résistent aux chants des sirènes. Ils évoluent au club jaune et noir depuis 2009. Après eux suivent KOFFI Gautier et BOUA Koffi qui ont trois ans de présence à l’ASEC, mais qui ne sont pas des titulaires. Viennent ensuite ceux qui ont deux ans de présence comme ABLAKOR Yao Yves, TRAORE Moussa, MVONDO Michel, BAMBA Nemblesseny Yacouba, KOMENAN Sylvain. Et c’est ce groupe qui a été renforcé par des nombreuses recrues. Gigi n’a pas véritablement hérité d’un noyau dur capable de tirer le groupe vers le haut. Le manque de cohésion dans le jeu devient réel et cela se ressent dans la qualité du jeu produit par les Mimos.

 DES DIFFICULTES D’ADAPTATION POUR LES RECRUES

 Les recrues rencontrent d’énormes problèmes d’adaptation dans l’environnement professionnel de l’ASEC Mimosas. Certains comme Daniel Boateng et Bernard Arthur, arrivés en début de saison de Feyenoord Fetteh Football Academy du Ghana, ne sont restés que quelques mois. Faute d’avoir pu supporter la charge de travail et comprendre la philosophie de jeu de l’ASEC Mimosas. Ces joueurs venus d’ailleurs étaient habitués à des régimes légers avec  trois ou quatre séances d’entraînement hebdomadaire, tout au plus, selon les moyens dont disposait leur club d’origine. A l’ASEC Mimosas, ils sont contraints de se soumettre au double. La pression de l’enjeu des matches leur pose aussi problème. Les recrues  jaune et noir reconnaissent que dans leurs clubs précédents, la pression est quasiment inexistante. Ils avaient l’habitude de jouer le maintien. A l’ASEC Mimosas, Ils doivent jouer le titre, être à 200 voire 300% à chaque match pour battre des adversaires qui viennent très motivés à 100 voire à 150% pour ne pas perdre.  L’enjeu des rencontres, le rythme infernal d’un match tous les trois jours, surtout en période de Coupe d’Afrique lorsque celle-ci se joue en même temps que les compétitions nationales, deviennent pénibles pour des joueurs très peu habitués à ce régime.

LA RARETE DES TALENTS

 Faire honneur à son rang devient une chose difficile pour le club jaune et noir avec un effectif quasiment différent d’une saison à l’autre et avec des joueurs moyens. L’un des reproches faits aux dirigeants mimos est de ne pas engager de grands joueurs. Non seulement le club n’a plus les moyens d’autrefois, mais les joueurs de talent se font de plus en plus rares aussi sur le continent. Lorsqu’ils existent, ils émigrent très tôt vers le Maghreb, l’Europe ou l’Asie. Cette fuite des talents précoces vers des championnats plus « juteux » est un phénomène bien réel dans tout le continent. Le club jaune et noir en souffre plus parce qu’il a une notoriété plus grande à défendre et un rang plus élevé à tenir.

L’un des grands problèmes que les dirigeants tentent de résoudre, depuis quelques années, est le manque de buteur. Chaque saison, Ils recrutent des attaquant qui faisaient parler la poudre dans leur équipe. Mais à l’ASEC Mimosas, ces derniers perdent leur sens du but. Les Jaune et Noir multiplient les matches difficiles et les contre-performances, parce qu’ils ne concrétisent pas les nombreuses occasions de but qu’ils se créent. Sur ce plan, BOUA Koffi Davy, n’est jamais parvenu à tenir le rôle de buteur qu’on attend de lui. OKAN Agoussi, lui, a quatre buts à son actif, mais cela est très insuffisant pour le moment. Le problème de buteur demeure donc un casse-tête pour les dirigeants et l’entraîneur de l’ASEC Mimosas.

 AVOIR LE TEMPS COMME ALLIE

 L’entraîneur mimos, TRAORE Siaka dit Gigi, doit réussir le pari de construire un groupe homogène pour atteindre ses objectifs. Mais dans un récent sondage sur le site internet www.asec.ci, 33% des Actionnaires sondés ont reconnu que si remporter le titre est possible pour la bande à Gigi, cet objectif sera très difficile à atteindre. L’équipe actuelle de l’ASEC Mimosas comprend des joueurs de qualité ayant une bonne marge de progression. Mais ceux-ci ont besoin de temps pour mieux se connaître et se comprendre sur le terrain. L’entraîneur aussi a besoin de temps pour construire un groupe solide. Cela devient un mal nécessaire. Il faut donc espérer que, malgré les difficultés actuelles de l’équipe, l’ASEC Mimosas parvienne à engranger le maximum de points pour faire la différence lors des derniers matches des différentes compétitions auxquelles elle participe.

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