« On va revenir au sommet … »

Francis OUEGNIN, le Président Délégué de l’ASEC Mimosas, dresse un bilan sans complaisance de son équipe. Il parle sans prendre de gants pour dénoncer non seulement les maux qui minent l’équipe professionnelle de l’ASEC Mimosas, mais aussi toutes les injustices dont souffrent les Mimos, ces dernières années. Francis OUEGNIN a encore parlé avec le cœur. Comme il sait le faire. Interview Suite.#

– Etes-vous surpris par la réussite de TRAORE Siaka dit Gigi qui lui a succédé ?
– Non, parce que Gigi a appliqué à la lettre ce que DESABRE avait mis en place. Il a poursuivi le travail entrepris par son prédécesseur. Ça devait porter ses fruits tôt ou tard. Gigi ne pouvait que réussir. Parce qu’il est lui aussi compétent et il connaît bien la Maison Jaune et Noir. En plus, il est très humble. La preuve, il a dédié chaque victoire à Sébastien DESABRE. J’ai beaucoup apprécié l’attitude de Gigi. Il m’a prouvé qu’il devient grand. Il a mûri. Il a beaucoup appris au contact des grands hommes. Il a fait ses preuves en quatre matches. Il a donné un esprit à cette équipe. J’ai écouté ses propos lors des réunions techniques. Chaque fois qu’il parlait, il rappelait aux joueurs le travail qu’ils ont fait avec Sébastien DESABRE. Pour les joueurs, rien n’avait changé. Et je n’ai pas senti de changement dans les vestiaires. Les joueurs ont été animés d’une volonté terrible. En les voyant avant le match contre la JCAT, j’ai senti, ce jour-là, qu’il se passerait quelque chose.

– Si ce n’est dans les vestiaires que cette révolte a germé, c’est donc au niveau des dirigeants qu’il a dû se passer quelque chose. En plus de leurs primes que le PCA a augmentées, quels propos avez-vous tenu aux joueurs ?
– J’ai été très direct avec eux. Je leur ai dit que je me pliais à la décision du PCA de libérer Sébastien. Mais qu’ils sachent que ce n’est pas ce dernier qui est le coupable, mais eux, les joueurs. Malheureusement, dans ces cas-là, c’est l’entraîneur qui trinque. Qu’ils montrent à l’entraîneur qu’ils n’ont pas triché tout le temps qu’ils ont travaillé ensemble en gagnant les derniers matches. J’ai échangé ensuite avec certains d’entre eux qui m’ont dit : « Président, franchement, ça nous fait mal que l’entraîneur parte de cette façon ». Alors je leur ai dit : « qu’attendez-vous pour lui rendre hommage en gagnant vos derniers matches ? » Ils étaient tous réceptifs. Ils se sont ensuite retrouvés entre eux. Ils se sont parlé. Ils ont discuté entre eux. Et on a vu le résultat.

« CONTRE LE SEWE, ON A ETE VICTIME D’UN VOL CARACTERISE ET ORGANISE. »

– A la suite de cette révolte des joueurs mimos, tous les Actionnaires s’étaient mis à croire au titre. Et puis, il y a eu le coup de l’arbitre DEMBELE Denis qui a frustré l’ASEC Mimosas d’une victoire face au Séwé Sport et offert de fait le titre à cette formation, lors de l’avant-dernière journée de la Superdivision. Comment avez-vous vécu cela ?
– Déjà, quelques instants après le match contre l’AFAD, j’ai échangé avec Laurent BOLI, le Manager Général de cette équipe. Il m’a dit ceci : « Après le match contre vous, je me dis qu’il va se passer quelque chose. Parce que je n’ai jamais vu l’ASEC Mimosas jouer de cette façon. Vous nous avez tellement surpris et dominés qu’on n’a rien vu. Si vous continuez sur cette lancée, vous irez très loin ». Vous savez, ce que DEMBELE Denis nous a fait m’est resté en travers de la gorge. On a été victime d’un vol caractérisé et organisé. Personne, même pas le Séwé Sport, ne s’attendait à une telle réaction de notre part. Mais nous, dirigeants et joueurs, savions que pour nous battre, ce jour-là, il fallait que les Séwékés soit vraiment très, très forts. Avant qu’on ouvre la marque, j’ai dit au Président du Séwé qu’il leur restait un point pour être champion de Côte d’Ivoire. Mais que pour le gagner devant nous, ils allaient en baver. En définitive, ce point a été obtenu grâce à l’arbitre international corrompu, DEMBELE Denis.

– Pensez-vous que si l’ASEC Mimosas avait battu le Séwé, ce jour-là, elle aurait pu remporter le titre de champions de Côte d’Ivoire 2012 ?
– Je ne le crois pas, parce que le Séwé était à un point du titre. Mais au moins, en gagnant, on aurait lavé l’affront que le Séwé nous avait fait au match aller. Parce que cette formation nous avait laminés à l’aller. Or, on est un club orgueilleux. C’est pour cela que le Président a donné comme consigne à Gigi de finir le championnat en beauté. On ne perd pas nos chances de gagner le titre de champion de Côte d’Ivoire contre le Séwé, mais contre le Stella Club et l’USC Bassam respectivement lors des 5e et 6e journées de la Superdivision. C’est à l’issue des matches nuls contre ces deux formations qu’on perd nos chances de remporter le titre. En battant le Séwé à la 9e journée, on serait revenu à deux points derrière cette équipe. Mais qui nous dit que l’USC Bassam n’aurait pas ouvert la voie royale du titre à l’équipe de San Pedro, à la dernière journée ? Pour moi, c’est notre honneur qu’il fallait sauvegarder. Battre le Séwé comme on avait battu la JCAT et l’AFAD était le but que nous recherchions. Malheureusement, DEMBELE Denis est passé par là… Parce qu’il n’y avait pas penalty. On a vu la même action récemment lors du match de l’Euro Champions League Fenerbahçe-Marseille, dans les arrêts de jeu, également. Le joueur de Fenerbahçe touche la balle qui sort en corner. Cela m’a fait penser au match contre le Séwé. Si KOFFI Gautier avait touché le ballon de la main, le ballon serait retombé sur place. Mais au lieu de cela, il est sorti en corner. Et c’est pour signaler le corner, mais pas le penalty, que le joueur du Séwé avait levé les bras. On a montré la vidéo quand le Président Roger OUEGNIN s’est rendu à la réunion de la Commission de Discipline à laquelle il avait été convoqué. Ils ont tous vu. Il y a même des dirigeants de la FIF que je ne nommerai pas ici qui ont reconnu que DEMBELE Denis était allé trop fort. Mais que voulez-vous ?

– Les Actionnaires sont aussi convaincus que si DEMBELE Denis n’a pas été sanctionné, c’est parce que ses actes ont été commandités par la FIF…
– Que voulez-vous que je vous dise ? Sous d’autres cieux, l’arbitre aurait été sanctionné. Mais ici, en Côte d’Ivoire, on protège les arbitres contre l’ASEC Mimosas. On a protégé DEMBELE Denis contre nous. Parce que l’ASEC Mimosas est aujourd’hui l’équipe à abattre. Plusieurs membres du Comité Exécutif de la FIF sont des amis. Je leur ai déjà dit ce que je pensais de ce match. Aujourd’hui, le Président de l’ASEC Mimosas est un Monsieur qui dérange. Mais que tous ceux qui s’attaquent au Président sachent qu’ils ne s’attaquent pas seulement à lui, mais à toute la famille ASEC Mimosas. Le Président n’est pas seul. Sous d’autres cieux, on lui aurait dressé un monument pour ce qu’il a réalisé. Mais ici, on lui en veut terriblement. Parce que Roger OUEGNIN ne court pas après les honneurs. Il ne court pas après les journalistes pour faire ses éloges. Il n’en a pas besoin. On est obligé de parler de lui. Lui ne rêve pas de bâtir un club à la dimension du Real Madrid comme certains vendeurs d’illusions qui découvrent le football. Roger OUEGNIN ne découvre pas le football. Il est né dans le football. Notre père fut l’un des membres fondateurs, puis Président de l’ASEC Mimosas. On a vécu la vie de ce club depuis que nous étions gamins. Dans cinquante ans, on le reverra encore avec la même passion et la même motivation. Parce qu’il n’est pas venu dans le football comme un cheveu sur la soupe comme certains présidents de club qui se pavanent aujourd’hui, qui parlent, mais qui n’ont rien prouvé. J’en ai entendu un dire lors d’une de ses tournées dans l’Ouest du pays, que pendant qu’ils font la réconciliation, les autres cassent. L’ASEC ne fait pas de politique. Il y a un terrain pour la politique que nous ne pratiquons pas. On est en train de bâtir un grand club : l’ASEC MIMOSAS. En 23 ans, on a gagné 17 fois le titre de champion de Côte d’Ivoire. Bien sûr, il peut arriver qu’on ne le gagne pas comme cette année. Cela fait partie du football. Pendant que notre Président invite ses joueurs à Sol Béni pour les mettre en vacances, les autres invitent les leurs dans un restaurant ou chez eux, à la maison. C’est tout dire.

« SUR LE PRINCIPE, L’ASEC MIMOSAS ET SES DIRIGEANTS N’ONT AUCUN PROBLEME AVEC LA FIF »

– Après le match ASEC-Séwé, hormis quelques journaux, tous les autres ont fait un tir groupé sur l’ASEC Mimosas et les Actionnaires, jugeant l’arbitrage de DEMBELE Denis correct malgré les preuves vidéo et photographiques montrant que MVONDO Michel n’avait rien à voir avec l’échauffourée qui a précédé son expulsion et que KOFFI Gautier n’avait pas manié la balle dans la surface de réparation. Etes-vous surpris par cette levée de bouclier de la presse contre l’ASEC Mimosas ?
– Cela ne me surprend pas. Contrairement à certains présidents de clubs, Roger OUEGNIN n’a pas besoin d’acheter la conscience des journalistes pour parler de lui. Le club possède son propre journal, son Site Internet et sa Radio FM. Alors que les autres, pour qu’on parle d’eux, sont obligés de donner de l’argent à certains journalistes. Voilà toute la différence. Comme Roger OUEGNIN ne donne pas d’argent aux journalistes, il est l’homme à abattre. Ce qu’il a, il le met à la disposition de son club. On a aujourd’hui, un journal, un site internet et une radio pour équilibrer l’information.

– Quelles sont aujourd’hui les rapports de l’ASEC Mimosas avec la FIF ?
– Sur le principe, l’ASEC Mimosas et ses dirigeants n’ont aucun problème avec la FIF. Sidy DIALLO est un jeune frère. Le respect demeure parce que nos familles sont très liées. Sidy DIALLO, je le crois sincèrement, veut faire quelque chose pour le football, en Côte d’Ivoire. Son seul problème, c’est son entourage. Mais wait and see…

– Abordons, à présent, les perspectives à venir. Que comptez-vous faire pour résoudre le problème d’inefficacité offensive dont vous parliez tantôt?
– Je vous assure que si j’avais la solution, j’aurais proposé au Président de faire signer tout de suite cet oiseau rare. On cherche à tous les niveaux. Mais ce problème n’est pas propre à l’ASEC Mimosas.

« GIGI COMME ENTRAINEUR PRINCIPAL, JE N’Y VOIS AUCUN INCONVENIENT »

– Pour la saison prochaine, pensez-vous que TRAORE Siaka dit Gigi peut faire l’affaire au poste d’entraîneur principal de l’ASEC Mimosas ?
– Pour moi, Gigi comme entraîneur, je n’y vois aucun inconvénient. Mais c’est au président de décider à qui il va confier l’équipe.

– Des joueurs vont-ils encore quitter le club ?
– Beaucoup d’anciens veulent aller monnayer leur talent ailleurs pour améliorer leurs conditions de vie. C’est tout le mal qu’on peut leur souhaiter. Ce n’est pas ici qu’ils pourront le faire. L’essentiel, c’est qu’on renouvelle notre effectif. Le Président leur a dit qu’il ne retiendrait personne, même ceux qui sont sous contrat avec nous. Pendant ce temps, on continue de chercher l’oiseau rare. On était très intéressé par FOFANA Moryké, l’ancien attaquant de l’EFYM. Malheureusement, il a été transféré en Europe.

– Y aura-t-il aussi des arrivées ?
– Bien sûr. Mais vous le saurez le moment venu.

– Monsieur le Président, que pouvez-vous dire pour clore notre entretien ?
– Je voudrais demander aux Actionnaires qui ont vu nos derniers matches de la saison écoulée de continuer à nous soutenir, à nous encourager. On est toujours les mêmes. Je l’ai dit et je le répète, Roger OUEGNIN n’est ni fatigué ni désabusé. C’est toujours la même flamme qui l’anime depuis qu’il a pris les rênes du club, en 1989. Il est né dedans, c’est sa maison, c’est sa vie. Quand quelque chose est en toi, tu ne peux pas être désabusé. Quand on est supporteur de l’ASEC Mimosas, on ne peut pas dire qu’on est fatigué. Ceux qui le disent, ne sont pas de vrais supporters. Que les Actionnaires continuent de soutenir le club. Je leur demande également d’éviter les débordements comme à l’issue du match contre le Séwé. Ce n’est pas digne d’un club comme l’ASEC Mimosas. On peut être fâché, on peut être frustré, on peut être volé, mais rester digne. C’est vrai qu’ils ont été parfois dignes quand on a subi des défaites mémorables au Stade FHB. Parce qu’on était tombé devant plus fort que nous. Quand on tombe devant plus fort que soi et que l’adversaire gagne à la régulière, ça fait mal comme toutes les défaites. Mais on ne parle pas. Je comprends donc leurs émotions et leurs frustrations. Mais je leur demande de faire un effort. Parce que les actes de vandalisme ternissent l’image, la politique et l’organisation du club que Me Roger OUEGNIN a mises en place. Les images vont partout dans le monde et on risque de voir l’ASEC Mimosas comme un club de hooligans. Ce qui ne sera pas digne de notre club. Je leur demande donc d’accepter toutes les décisions, même si elles sont inacceptables. Je leur demande de croire en nous, de croire en notre équipe, de se rendre très nombreux au stade, la saison prochaine. Les entrées au stade ne seront peut-être pas gratuites. Mais qu’ils fassent l’effort de s’y rendre nombreux pour montrer que l’ASEC Mimosas est le club phare de Côte d’Ivoire. Et surtout, qu’ils n’oublient jamais de regarder du côté de Sol Béni, leur terre bénie, qui doit demeurer leur fierté. Et je tiens à les rassurer : on va revenir au sommet, en Côte d’Ivoire d’abord et sur le toit du continent, ensuite.

K.I

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