« On va revenir au sommet … »

Francis OUEGNIN, le Président Délégué de l’ASEC Mimosas, dresse un bilan sans complaisance de son équipe. Il parle sans prendre de gants pour dénoncer non seulement les maux qui minent l’équipe professionnelle de l’ASEC Mimosas, mais aussi toutes les injustices dont souffrent les Mimos, ces dernières années. Francis OUEGNIN a encore parlé avec le cœur. Comme il sait le faire. Interview.#

-Monsieur le Président, comment avez-vous vécu la saison de football 2012 de l’ASEC Mimosas ?
-C’est une saison qui est à vite oublier, tellement elle a été pénible pour nous. Depuis quelques années déjà, on connaît nos problèmes. On sait ce qui ne va pas dans notre équipe. Malheureusement, on n’arrive pas encore à résoudre ce problème. Pourtant, il ne nous manque pas grand-chose. Cette saison a été pénible parce qu’on est passé à côté de tous nos objectifs.

« NOTRE BILAN EST MITIGE »

-Quel est ce problème que vous n’arrivez pas à résoudre ?
-On a un problème de buteur qui mine notre équipe depuis plusieurs années. Chaque saison, c’est un perpétuel recommencement. On joue bien. Notre équipe est bonne. Mais c’est devant qu’on n’arrive pas à trouver ce buteur patenté pour concrétiser les nombreuses occasions qu’on se créées, à chaque match. D’ailleurs, ce problème se pose à tous les clubs ivoiriens qui ne sont guère mieux lotis que nous. Mais, on ne parle que de ce qui nous concerne parce que chacun doit balayer d’abord devant sa porte.

– Si vous devez faire un bilan, que diriez-vous ?
– Notre bilan est mitigé. C’est vrai qu’on a gagné la Coupe Félix HOUPHOUËT-BOIGNY qui est un trophée prestigieux portant le nom d’un personnage qui a marqué à jamais la vie de chaque Ivoirien. Mais après, on est passé à côté de tous nos objectifs qui étaient la Coupe de la Confédération, la Coupe nationale et le championnat. Non pas parce que les autres ont été meilleurs que nous, mais parce qu’on a simplement donné ces titres à nos adversaires, car on n’a pas ce buteur qui aurait pu nous aider à faire, chaque fois, la différence.

– La troisième place de la Superdivision que l’ASEC Mimosas a finalement décrochée de haute lutte ne vient-elle pas éclairer un peu la saison du club ?
– Avant cela, je voudrais parler des quatre derniers matches que nous livrons et à l’issue desquels nous arrachons cette troisième place. Une troisième place qui, pour moi, reste incompréhensible malgré tout. On a découvert subitement que nos garçons n’étaient pas si mauvais que cela. Il y a eu un déclic qui fait qu’on sauve notre saison grâce à cette troisième place qui nous ouvre les portes de la Coupe de la Confédération. Malgré cela, il faut reconnaître qu’on n’est pas à notre place. Mais on va faire avec.

– Le Président de la section football que vous êtes avez vécu, durant toute la saison, la vie de l’équipe à l’entraînement et dans les vestiaires, avant, pendant et après chaque match. Comment expliquez-vous ce réveil tardif, mais spectaculaire de l’équipe, à quatre journées de la fin de la Superdivision ?
– Depuis le départ, j’ai toujours dit que le travail qui a été fait sous Sébastien DESABRE allait, un jour, porter ses fruits. Parce que c’est un entraînement de qualité. J’ai assisté pratiquement à tous les entraînements. J’ai vu ce qui a été fait à Sol Béni. Ceux qui n’ont pas vu le travail de l’équipe sous Sébastien DESABRE peuvent être surpris, mais moi, non. Je savais que cela allait arriver un jour. Malheureusement, c’est arrivé après le départ de Sébastien et de façon tardive. Je suis convaincu que si cela s’était produit lors de la sixième journée, on aurait été champion de Côte d’Ivoire.

« LE PRESIDENT ET SEBASTIEN ONT TOUS LES DEUX FAIT PREUVE D’ELEGANCE »

– D’aucuns sont convaincus que les joueurs ont boycotté Sébastien DESABRE. Qu’en pensez-vous ?
– Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent cela. Je ne le crois pas et je ne veux même pas y penser. Parce que lorsque le Président a informé les joueurs que Sébastien DESABRE arrêtait le jour même où il leur annonçait cette séparation, beaucoup d’entre eux en ont été surpris et peinés. Ils ne s’attendaient pas à cela. Je l’ai remarqué lorsque le Président Roger OUEGNIN leur annonçait cette décision qu’il a prise après beaucoup de réflexion. Je vous assure que je n’aurais pas aimé être à la place du Président, ce jour-là. Mais il fallait faire quelque chose. Pour moi, le réveil tardif de notre équipe est la suite logique de ce qui a été fait depuis le début de la saison et surtout la suite logique du sursaut d’orgueil de nos joueurs.

– Quelle image gardez-vous de Sébastien DESABRE ?
– Cet homme est un gentleman. En ce qui me concerne, pour l’avoir approché, je ne peux que lui rendre hommage. C’est un Monsieur bien. Il nous l’a prouvé. Le Président lui a dit qu’un ressort était cassé. Il l’a accepté parce que lui-même était convaincu que quelque chose n’allait pas. D’autres auraient fait blocage. Tant qu’il y avait un contrat, il fallait le respecter ou payer ses droits. Mais Sébastien DESABRE a accepté les conditions que le Président lui a proposées et le club lui a payé ce qu’il devait lui payer.

– N’est-ce pas aussi parce que le Président Roger OUEGNIN a fait preuve d’élégance à l’égard de Sébastien DESABRE en mettant la forme dans la manière de rompre le contrat qui liait les deux parties ?
– Absolument, des deux côtés, il y a eu beaucoup d’élégance. D’un côté, le Président qui est un Monsieur très correct et de bonne éducation et il le prouve encore sur ce coup. De l’autre côté aussi, il y avait un Monsieur très correct et de bonne éducation. Sébastien DESABRE savait qu’il était passé à côté de tous les objectifs que le club lui avait assignés. Devant les joueurs, il a dit qu’il partait rassuré parce que TRAORE Siaka dit Gigi allait poursuivre le travail. Et depuis la France, Sébastien a continué à suivre l’actualité de l’ASEC Mimosas. Il appelait Gigi pour l’encourager et le féliciter.

« EN VOYANT LES JOUEURS AVANT LE MATCH CONTRE LA JCAT, J’AI SENTI, CE JOUR-LA, QU’IL SE PASSERAIT QUELQUE CHOSE.»

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