On ne prête qu’aux riches

« A celui qui a … »

… on donnera encore ». Le premier adage qui constitue ce titre, est connu de tous. Les banques ivoiriennes par exemple, l’expérimentent tous les jours. Le second précepte qui est tiré d’une parabole biblique, est une illustration de cet adage. Appliqué à l’ASEC Mimosas, l’adage comme le précepte, y trouve une adaptation# de choix. On entend en effet fuser d’un peu partout : l’Asec en panne sèche ; la magie mimosas est rompue ; les Jaune et Noir ne font plus rêver, et tuti quanti…Et quand on observe juste un peu, on se rend à l’évidence de la suprématie du club Jaune et Noir à l’échelle nationale sur tous les autres, et de son rang honorable au plan continental. La question n’est évidemment pas pour l’ASEC Mimosas de dormir sur ses lauriers.

Mais de-là à personnaliser la relative réussite de ce club, il n’y a qu’un pas à franchir pour retomber dans ce réflexe atavique de déification des simples mortels qui nombreux, passent du statut d’irremplaçables, à celui des pierres tombales dans les cimetières. On ne saurait en effet justifier, autrement, le fait de couper une partie de la carrière d’un club, pour l’imputer entièrement aux mérites, somme toute limités, d’un seul individu ; alors surtout que le bilan de ce dernier, dans les deux périodes ASEC et post-ASEC, demeure objectivement mitigé. Il est donc juste et bon de reconnaître à chaque acteur, sa pierre à l’ouvrage ; mais de grâce ! ne prêtons pas le flanc au ridicule en rattachant toute l’œuvre à un simple mortel qui serait comme irremplaçable … franchement ! Demain, quand Maître Roger OUEGNIN quittera la tête de l’ASEC Mimosas, ce sera après avoir porté sa pierre à l’édifice, sans plus.

Un peu de solidarité svp !

Ainsi donc, si l’ASEC Mimosas connaît un passage à vide ou est en perte de vitesse, cela ne serait pas dû au mérite des clubs qui montent, mais aux seules erreurs dans le management du club phare. Pourquoi ne nous est-il pas possible d’envisager de concevoir et d’accepter qu’un championnat avec le même leader en permanence, est un championnat pauvre ? Et, que de constater l’émergence d’autres équipes dans le leadership, est source de nouveaux derbies, enrichissants pour le championnat national ; ceux-ci peuvent être de puissants leviers pour les compétitions continentales. Ne pas reconnaître le mérite du Séwé et de Djékanou, c’est enlever injustement à ces deux clubs qui n’avaient rien, ce qu’ils viennent d’acquérir. Cette manière de voir, rejoint le précepte biblique précité et le complète en ces termes : «à celui qui n’a rien, on enlèvera même ce qu’il a ».

Soyons solidaires des clubs qui régressent et de ceux qui progressent. Nous le devenons lorsque nous enfourchons un autre discours. Celui-ci doit aller dans le sens de l’encouragement des uns et des autres. Il ne faut pas rattacher la réussite des uns, au regressement des autres et, cela, systématiquement. Cette vision des choses est réductrice, défaitiste et destructrice. Il nous faut construire au contraire, nos mentalités, nos institutions, nos actions, et être solidaires des bons acteurs. Quand Guy Roux est parti du staff d’Auxerre pour des raisons de santé, le club qui avait encore besoin de lui, a subsisté, et poursuit son combat. Quand Alex Ferguson avait pris sa retraite se disant incapable de motivation désormais, personne ne lui avait jeté la pierre, jusqu’à ce qu’il revienne retrouver un Manchester United toujours debout. Le sport en général et le foot en particulier, sont faits d’aléas inévitables.

B. B.

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