« Je suis venu demander pardon au PCA »

Profitant de son séjour, à Abidjan, à l’occasion du match Côte d’Ivoire-Sénégal qui s’est joué, le samedi dernier, N’DRI Koffi Romaric, l’ex-Académicien, qui évolue désormais en Espagne, a rendu visite au PCA de l’ASEC Mimosas, Me Roger OUEGNIN, à Sol Béni. Il a assisté au déjeuner de fin de saison organisé à l’intention des membres de l’équipe professionnelle. Dans cet entretien, il parle de son passé à Sol Béni, de ses rapports avec le PCA et de son avenir en club. #

– Quels sentiments vous animent aujourd’hui, au moment où vous retrouvez Sol Béni ?
Ce ne sont que de bons souvenirs qui se bousculent dans mon esprit. Nous savons ce que nous avons vécu ici, à la belle époque. Cela fait donc toujours chaud au cœur de revenir à Sol Béni.

– Des chambres portent encore vos noms, êtes-vous retourné à l’Accadémie MimoSifcom pour revoir vos chambres ?
Je n’ai pas eu le temps d’y faire un tour. Je ne savais même pas que des chambres portaient nos noms.
– Vous venez d’assister à la cérémonie de mise en vacances des joueurs de l’ASEC Mimosas, quelles sont vos impressions ?
Le Président a eu un langage clair. Il a dit, lui-même, qu’il est un gagneur. Et cela fait deux ans qu’il ne gagne pas le titre de champion de Côte d’Ivoire. Il est un peu frustré. Il a donné des conseils aux joueurs. Il essaye de les motiver pour qu’ils réagissent vite l’année prochaine. Il a toujours tenu ce discours. C’est quelqu’un qui a toujours apporté sa force de caractère, son charisme au club et il continue de faire son travail. Je suis donc venu l’encourager et surtout renouer les liens avec lui.

– Vous parlez de renouer les liens. Etaient-ils rompus, à un moment donné ?
On peut le dire ainsi. Car tout le monde sait dans quelles conditions, je suis parti de l’ASEC Mimosas. J’ai beaucoup souffert de cela parce que j’ai passé beaucoup plus de moments de ma vie ici qu’en famille. Je ne pouvais pas rester là et continuer à souffrir. Quand le Président Roger OUEGNIN a dit, lors de son intervention, qu’il ne faut pas oublier d’où l’on vient, je pense que c’est quelque chose d’assez fort. Je suis revenu et il m’a à nouveau ouvert ses portes, c’est tout un symbole.

– Depuis votre départ de Sol Béni, suiviez-vous l’actualité de l’ASEC Mimosas ?
On ne peut pas être Jaune et Noir et ne pas suivre la vie de l’ASEC Mimosas.

– Cela fait deux saisons que l’ASEC n’est pas champion de Côte d’Ivoire. Qu’est que cela vous fait ?
Je n’arrive pas à le croire. Mais c’est la dure réalité. C’est pourquoi, je pense qu’il faut vite réagir parce que l’ASEC Mimosas doit gagner toujours.

– Revenons sur votre départ de l’ASEC Mimosas qui n’avait pas plu aux Actionnaires…
Je voudrais que les Actionnaires comprennent que quand on est jeune, il y a certains calculs qu’on ne fait pas. On commet beaucoup d’erreurs et on ne peut pas s’imaginer qu’on fait du tort à beaucoup de personnes à la fois. Des gens qui vous ont adoptés. Aujourd’hui, je m’en excuse parce que je sais ce qu’ils m’ont apporté. Mais comme on le dit, il n’est jamais tard pour bien faire. C’est pourquoi, je reviens pour demander pardon, pour que même en étant très loin, je puisse encore être utile à l’ASEC Mimosas et je souhaite que ce pardon soit accepté.

– Pouvez-vous nous dire comment les liens ont été rétablis entre vous et le PCA ?
Comme on le dit, « entre père et fils, il est difficile de «couper igname » (rompre définitivement les liens en langue akan). Lorsque je suis allé chez le Président, il m’a tout de suite pris dans ses bras. Je n’ai même pas eu le temps de lui demander pardon. Il attendait juste que je revienne, car c’est le plus grand geste que je pouvais faire. C’est pour lui aussi une joie et je pense que plus jamais, on ne se quittera. On a échangé les contacts, les mails et désormais, chaque fois que je reviendrai à Abidjan, je prendrai un repas avec lui. Nous avions eu à l’époque de très bonnes relations et aujourd’hui, grâce à Dieu, tout est rentré dans l’ordre.

– Vous n’étiez pas seul dans cette situation. Aujourd’hui, qu’est ce que pouvez-vous entreprendre pour ramener les autres à la maison ?
Les démarches sont en cours. C’est une question de temps. Cela fait trois ans que j’envisageais de revenir ici. Mais c’est maintenant que j’ai pu le faire. Je pense que les autres suivront, car il ne faut pas oublier d’où l’on vient.

– Quand vous voyez Sol Béni aujourd’hui, après plusieurs années, qu’est-ce que cela vous dit ?
C’est cela qui montre que Me Roger OUEGNIN est un grand homme. Il a dit qu’il allait construire un hôtel, il l’a fait. Il a encore d’autres projets pour les Actionnaires et nous qui sommes autour de lui, nous devons l’accompagner et l’aider à finir ses projets qui sont bénéfiques pour le football ivoirien et pour la Côte d’Ivoire. On a intérêt à l’aider plutôt qu’à lui mettre les bâtons dans les roues. Je lance donc un appel à tous les ex-Académiciens à contribuer à l’évolution de cet espace. A l’époque, il n’y avait pas un banc, ici. Aujourd’hui, il y a un hôtel, il y a deux terrains de football.

– Vous n’aviez pas, à l’époque, une radio, mais que pensez vous qu’elle aurait pu vous apporter sur le plan sportif ?
Avant, les locaux du journal se trouvaient au Plateau. Maintenant, c’est à Sol Béni. Les installations se sont améliorées avec un site internet et une radio. Cela veut dire qu’on a progressé. Cela veut dire aussi, qu’il faut se battre parce que quand on se bat, le travail paye.

– Après avoir renoué les contacts avec le Président Roger OUEGNIN et l’ASEC Mimosas, quelle sera la prochaine étape ?
Je vais essayer de discuter avec le PCA pour voir comment je peux, de loin ou de près, essayer d’aider le club. S’il a besoin de moi, je suis toujours à la disposition du club et de son Président.

– Que devient N’DRI Koffi Romaric ?
Je viens de signer pour deux ans au Real Saragosse, en première division espagnole.

– Tout petit, vous rêviez de jouer en Espagne. Peut-on dire aujourd’hui que votre objectif est atteint?
Quand on a un objectif et qu’on l’atteint, on cherche toujours à atteindre un autre. On essaye d’être perfectionniste, de faire mieux aujourd’hui que la veille. Je suis en Espagne aujourd’hui, mais je continue de travailler parce que je n’ai pas encore atteint le club de mes rêves.

– Quel est le club de vos rêves ?
C’est le Milan AC.

– Ce rêve est-il encore d’actualité ?
Oui, même si aujourd’hui, il y a des clubs qui sont au top niveau. Je veux parler de Real Madrid et de Barcelone. Mais je veux continuer ma progression, tranquillement. Je prépare aussi l’après football parce que j’ai 29 ans aujourd’hui.

– Parlons maintenant de l’actualité, vous avez gagné 4-2 contre les Lions du Sénégal, comment entrevoyez-vous le match retour ?
On a vu la difficulté de ce match. On sait que le Sénégal est une équipe jeune, assez dynamique qui joue bien au football. On ne doit pas la sous-estimer, car ce serait une grosse erreur. On a été mené par deux fois ici, avant de revenir au score. Ça ne sert à rien de jouer le match nul. Plus on marquera des buts, plus on se donnera des chances de se qualifier. On connaît la clef et les détails du match prochain. On sait que cette équipe ne jouera pas le même match qu’ici où elle est restée beaucoup plus en arrière. Ça sera donc un match assez ouvert. Ainsi, on aura la chance de marquer des buts, surtout avec les attaquants qu’on a.

– Un message avant de partir ?
Je voudrais vraiment dire merci aux Actionnaires qui continuent de se donner corps et âme à leur équipe et je crois que tous ensemble, on fera que l’ASEC Mimosas vive toujours.

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