BELL et FOLQUET émerveillés (2ème partie)

Dans cette 2e partie de l’interview, Joseph Antoine BELL explique pourquoi l’ASEC Mimosas ne gagne pas tous ses matches malgré son statut, comment a-t-il gardé de bonnes relations avec les dirigeants Mimos et dévoile ce qui s’est passé, au cours de son entretien avec les jeunes de l’Académie MimoSifcom.
Après BELL, nous avons également recueilli les impressions de M. Léon FOLQUET (Président du Comité National Olympique du Gabon), suite à la visite de Sol Béni : #

Comment expliquez-vous que malgré toute cette infrastructure l’ASEC Mimosas a parfois du mal à dominer les autres ?

Attention, nous n’encadrons pas nos enfants parce qu’ils seront premiers. Nous les encadrons parce qu’ils sont nos enfants. Rien ne garanti cette certitude. Si c’était le cas, il n’y aurait pas d’ingénieurs ni de médecins africains. En tout cas, pas avant un certain temps. Aujourd’hui, ceci peut paraitre normal parce qu’il y a des ingénieurs dont les grands parents étaient déjà ingénieurs. Mais il y a aussi des ingénieurs africains qui sortent de famille où personne n’a jamais mis les pieds à l’école. Pourtant, ceux-ci ont pu rivaliser avec ceux dont les arrières grands parents étaient déjà ingénieurs ou médecins.
Le résultat d’un match de football ne doit pas être exhibé comme la preuve de la bonne marche d’une équipe.
La démarche de l’ASEC ne se traduit pas dans le résultat d’un match de football mais plutôt dans le résultat de dix saisons consécutives. Il est certain qu’en dix saisons, l’organisation de l’ASEC gagnera plus souvent que celle d’un club qui n’a pas la même structure. Il est certain qu’en dix ou quinze ans l’ASEC produira plus d’internationaux et de joueurs professionnels que les autres qui agissent un peu dans le hasard. N’empêche qu’une petite équipe peut battre une grande une fois en passant mais la petite équipe ne sera jamais championne.
Il ne faut pas traduire que la position de l’ASEC la fera gagner tout les matches. Mais l’ASEC peut être sûre qu’à la fin de la saison, elle sera devant plusieurs équipes qui n’ont pas la même organisation ».

A une époque ou la rivalité entre l’ASEC Mimosas et l’Africa Sports était très forte, comment s’est tissée cette excellente relation avec les dirigeants de l’ASEC Mimosas ?

« La rivalité n’est pas l’animosité ou la guerre. Elle doit rester sportive. Le sport nous enseigne la lucidité et l’honnêteté pour juger que tel est un bon joueur ou un bon sportif.
Un bon dirigeant ne corrompt pas son adversaire. C’est un comportement indigne dans le sport. Vous ne pouvez donc pas imaginer que des gens qui ont investi autant pour le football ne peuvent pas être des personnes qui détesteraient de bons joueurs pour la simple raison qu’ils ne sont pas dans leur camp. Il faut reconnaitre les valeurs là où elles sont et c’est ainsi qu’on avance.
J’ai gardé beaucoup de relation avec des gens qui étaient ASEC Mimosas et qui ont eu l’honnêteté de dire à quel point, ils me redoutaient. Mais c’était sur le plan sportif. Il n’y a donc pas de problème ».

Qu’avez-vous ressenti, lorsque vous échangiez avec les gamins de l’Académie MimoSifcom ?

« J’ai d’abord envié ses enfants. Je suis content qu’ils soient dans un tel cadre. Je voulais qu’ils mesurent l’opportunité qu’ils ont d’être dans ces conditions que nous n’avions pas forcément lorsque nous étions jeunes. Aujourd’hui va forger leur demain. La jeunesse n’est pas un privilège, elle est une étape. Il faudrait qu’ils en profitent pour ne pas regretter demain.
J’étais très heureux pour eux et j’ai vu aussi qu’ils l’étaient, autant, d’être en face de quelqu’un qui connait le football. J’ai l’impression que mon discours leur a ravie. C’étaient un très bon moment.
Ceux qui dirigent le football en général, doivent avoir cette passion pour les jeunes. C’est précisément, en pensant au bonheur qu’ils donneraient aux enfants que ceux qui ont conçu Sol Béni, l’ont fait.
La rétribution d’un dirigeant est dans le bonheur d’un joueur. Lorsque vos joueurs sont heureux, vous, dirigeants, vous l’êtes également. Quand un vrai dirigeant dit qu’il ne gagne rien, il dit la vérité et ment en même temps.
Quand il dit qu’il ne gagne rien, il se met dans la peau de ceux qui comptent de l’argent. Il ment, parce qu’en réalité, il le fait et gagne du plaisir, dans le plaisir qu’il offre aux autres. Il est content quand ses joueurs, les supporters et les spectateurs neutres sont contents. C’est ce plaisir qui le motive et le fait agir ».

Léon FOLQUET (Président du Comité National Olympique du Gabon)

« Je suis remarquablement émerveillé et fier de voir, une structure africaine et ivoirienne se développer ainsi avec une vision, une architecture remarquable et une cohérence dans l’investissement. Il n’y a pas de hasard si de grands champions soient sortis de Sol Béni.
Lorsque vous avez des hommes qui ont une vision et des moyens qu’ils savent mettre à profit, les résultats ne peuvent que suivre.
Il n’ya aucune vérité dans le football. C’est un travail inlassable et constant.
Je crois que les hommes et la famille OUEGNIN qui dirigent l’ASEC Mimosas ont vraiment la fibre du football. Ils l’ont dans le sang et savent la communiquer à plusieurs jeunes et probablement à beaucoup d’autres dirigeants.
Je suis une fois encore émerveillé et satisfait. J’espère que l’œuvre se poursuivra avec la nouvelle génération ».

Interview réalisée par Ismaël Kone et H.Koné

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