Sol Béni est un véritable temple du football

Ancien élève de l’EMPT de Bingerville, Lieutenant-Colonel de l’Armée burkinabé, Commissaire du gouvernement près le Tribunal Militaire de Ouagadougou, SANGARE Sita, le nouveau Président de la Fédération Burkinabé de Football, a profité d’une visite officielle d’une semaine en tant que Président de la FBF, en Côte d’Ivoire, pour visiter Sol Béni, le complexe sportif de l’ASEC Mimosas. Voici, en exclusivité, ce qu’il nous a confié, le vendredi dernier, dans l’après-midi, à la fin de sa visite. Interview.

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Colonel SANGARE Sita, vous êtes le tout nouveau Président de la FBF. Que direz-vous pour vous présenter à nos lecteurs et à la diaspora burkinabé de Côte d’Ivoire ?

Je suis le Lieutenant-Colonel SANGARE Sita. Je suis Magistrat et actuellement Commissaire du gouvernement près le Tribunal Militaire de Ouagadougou. Je suis un passionné de football. Avant de devenir Président de la FBF, j’ai été Président de l’USFA (Union Sportive des Forces Armées) qui évolue depuis plusieurs années en première division du football Burkinabé. L’USFA a déjà remporté le championnat et la Coupe du Faso. Elle a participé à plusieurs campagnes africaines. J’ai une bonne expérience dans la gestion du football au niveau fédéral pour avoir été Secrétaire Général Adjoint de la FBF, dans les années 2000.

Vous séjournez en Côte d’Ivoire depuis une semaine. Est-ce votre première sortie officielle, hors du Burkina Faso, en tant que Président de la FBF?

Oui, c’est la première sortie officielle du tout nouveau Comité Exécutif de la Fédération Burkinabé de Football. Et cette première sortie a été réservée à la Côte d’Ivoire parce que beaucoup de choses lient le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Ce sont deux peuples frères. Le Burkina Faso est le pays qui a le plus grand nombre de ressortissants vivant en Côte d’Ivoire. Ce sont des raisons pour lesquelles nous avons réservé notre première sortie officielle à ce pays frère.

Monsieur le Président, cette visite officielle n’a-t-elle pas aussi des objectifs sportifs?

Notre séjour officiel en Côte d’Ivoire a effectivement des objectifs sportifs qui sont, entre autres, la consolidation des liens qui unissent déjà, si heureusement, nos deux fédérations sœurs, la Fédération Ivoirienne de football et la Fédération Burkinabé de Football. Ce séjour devrait nous permettre également de nous enquérir de l’expérience de la FIF, de l’expérience des clubs ivoiriens, par exemple celle de l’ASEC Mimosas qui est un modèle de construction et de réussite sportive. Nous venons de visiter le complexe sportif de Sol Béni où nous avons vu des choses fort instructives qui nous permettront de tirer des enseignements pour essayer de bâtir le football, au Burkina Faso.

Sur quoi ont porté les échanges avec la FIF ?

Nous venons d’arriver aux affaires. Nous sommes venus nous enquérir de l’expérience de la FIF, prendre des conseils auprès de cette fédération amie pour comprendre comment elle s’y est prise pour hisser le football ivoirien au niveau qui est ­­­­le sien actuellement. Il ne faut pas l’oublier, la Côte d’Ivoire occupe la première place africaine au classement de la FIFA. La FBF entretient un partenariat avec la FIF. Il s’est agi pour nous d’échanger avec nos frères ivoiriens, pour voir dans quelles mesures nous pouvons aller plus loin dans ce partenariat, afin que les relations entre les footballs de nos deux pays soient au diapason des excellentes relations entretenues au plus haut niveau politique entre les dirigeants de nos deux Etats.

Quels sont vos objectifs à la tête de la Fédération Burkinabé de Football ?

Nous voulons contribuer naturellement au rayonnement du football au Burkina Faso et redonner espoir à notre public sportif, quand on sait que la dernière campagne de la CAN, au Gabon et en Guinée Equatoriale, a été une véritable désillusion pour ce public. Il s’agit pour nous d’engranger, si possible et très rapidement, des succès sportifs. Nous avons un potentiel important. Malheureusement, un certains nombres de facteurs ont concouru aux résultats peu satisfaisants que nous avons enregistrés, ces derniers temps. Nous pensons qu’en corrigeant les imperfections constatées, nous pouvons remobiliser et reconstruire un groupe compétitif dans un délai assez court.

Les exigences sont énormes au Burkina Faso, comme partout ailleurs, en termes de résultats sportifs. Ce qui risque d’être une grosse pression sur vos épaules. Ne pensez-vous pas qu’il faut continuer de construire comme le fait le Président du Faso, SEM. Blaise COMPAORE, qui a fait des investissements très importants dans les infrastructures sportives depuis 1998, avant de prétendre à des résultats sportifs probants et constants ?

Vous avez raison. Il faut construire depuis la base, organiser le football depuis les championnats des petites catégories jusqu’au niveau de l’élite. Mais il ne faut pas s’y méprendre. Ce n’est pas comme si nous commençons à zéro. Comme vous l’avez remarqué, à l’occasion de la CAN 98 que nous avons organisée avec le succès que l’on sait, l’Etat a construit de grandes infrastructures sportives, à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Le Président du Faso est un véritable amoureux du sport et un passionné de football. Nous pouvons nous en féliciter à plus d’un titre. Il a fait des investissements assez importants dans le domaine sportif. Nous pensons aussi que nous avons des joueurs de qualité. A partir de là, ce n’est pas du tout de la prétention que de vouloir des succès sportifs. Nous allons travailler à consolider nos acquis en proposant à nos autorités de poursuivre les investissements dans les infrastructures sportives comme les stades, les complexes sportifs, dans les autres régions de notre pays. En ce qui concerne les Etalons, nous avons un groupe en qui nous avons foi. Malheureusement, des problèmes d’organisation ont empêché la pleine éclosion de ce groupe. Nous allons chercher à lui donner les moyens pour obtenir des résultats sportifs acceptables. Mais nous ne disons pas que nous allons remporter la CAN, en 2013. Nous disons simplement qu’à ce niveau, nos objectifs consisteront, dans un premier temps, à nous qualifier pour les phases finales à venir, puis dans un second temps, à franchir au moins le premier tour. Cela est largement dans nos cordes.

Que comptez-vous faire pour soutenir les efforts des clubs burkinabé qui sont le vivier du football national ?

Vous touchez du doigt une réalité. Les clubs de football, au Burkina Faso, sont assez mal lotis. Les subventions qui leur sont allouées, sont très faibles. Ce qui ne leur permet pas de réaliser, un tant soit peu, les objectifs minimum que tous les clubs d’un certain niveau doivent pouvoir s’assigner. Nous comptons travailler progressivement au relèvement de ces subventions. Nous comptons aider les clubs à s’organiser mieux, pour pouvoir rivaliser avec leurs pairs de la sous-région et du continent.

Vous venez de visiter Sol Béni, le Complexe sportif de l’ASEC Mimosas. Qu’est-ce qui a motivé cette dernière visite ?

Je vous ai dit tantôt qu’il s’agissait, pour nous, de nous inspirer de l’expérience ivoirienne, qui est une réussite dans ses différents aspects. Militairement, on dit que c’est le terrain qui commande la manœuvre. Il était plus qu’important pour nous de descendre sur le terrain pour visiter les installations sportives. Quand on sait que des échéances sportives attendent notre équipe nationale, dans un proche avenir, il fallait anticiper, prospecter et trouver éventuellement un site pour les futurs regroupements de nos Etalons.

Quelles sont vos impressions après cette dernière visite ?

En visitant Sol Béni, on ne peut qu’être frappé de ce que la passion doublée de la volonté peut apporter comme résultats. Voyez-vous, on a un homme comme Me Roger OUEGNIN, un passionné de football, qui a su bâtir, grâce à une vision, une grande volonté et avec l’aide d’autres personnes de bonne volonté, un complexe sportif moderne pour son club, pour son pays, mais aussi pour la jeunesse sportive de toute l’Afrique. Nous avons fait le tour du complexe Sportif de Sol Béni. Nous avons pu constater qu’il y a tout ce qu’il faut pour la préparation d’une équipe. Un jour, les Etalons du Burkina Faso ou d’autres équipes nationales pourraient venir en regroupement ici, à Sol Béni. Nous disons bravo à Me Roger OUEGNIN et aux dirigeants de l’ASEC Mimosas pour avoir réalisé ce joyau qui fait légitimement la fierté du club et de tout africain.

Y a-t-il des choses qui vous ont particulièrement marqué en visitant Sol Béni ?

J’avoue que j’ai été impressionné par le caractère complet de ce complexe sportif. En plus de ses équipements sportifs, on y trouve un grand service de communication avec un journal, un site internet et bientôt une radio. L’ASEC Mimosas a compris que la presse est un véritable pouvoir de nos jours. Raison pour laquelle il s’est doté d’outils modernes de communication. C’est un atout supplémentaire qui mérite d’être cité en exemple. Car si un jour, les Etalons du Burkina Faso viennent en regroupement à Sol Béni, on peut être certain que cela sera parfaitement relayé par les médias de l’ASEC Mimosas.

Que pouvez-vous dire pour clore cet entretien ?

Je dis merci aux dirigeants de l’ASEC Mimosas de nous avoir permis de visiter Sol Béni, ce véritable temple du football. Merci également aux médias du club jaune et noir d’être venus vers nous. Je vous demanderai de véhiculer un message fort à l’endroit de votre public à savoir qu’avec notre élection à la tête du Comité Exécutif de la FBF, le football burkinabé est résolument de retour.

Interview réalisée par
K. Ismaël

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