« Nous nous sommes inspirés du modèle ASEC »

Nous avons rencontré, Karel BROKKEN, le patron de Feyenoord Fetteh Football Academy, le jeudi 2 février dernier, dans son bureau,  lors du stage d’une semaine que l’ASEC Mimosas a effectué dans le complexe sportif de Feyenoord Ghana, à Gomoa Fetteh. Voici ce qu’il nous a confié dans cette interview#.

Partie 2/2
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– Feyenoord Ghana rapporte-t-il de l’argent ?
– Non, Feyenoord Football Academy du Ghana n’est pas une structure rentable. Elle a un but purement social. C’est pour cela qu’on recrute des jeunes de 12-13 ans pour les former au métier de footballeur et leur assurer une bonne éducation. Seul leur talent leur permet d’entrer dans notre Académie de football. On fait des transferts. Mais ce qu’on gagne dans ces opérations ne peut pas nous permettre de vivre. C’est pour cela qu’on a un sponsor qui nous soutient. On est très content de l’avoir avec nous.

– La formation à l’Académie de Feyenoord Ghana est calquée sur le modèle de quel pays ?
– Ici chez nous, la formation est calquée sur le modèle hollandais. C’est pour cela qu’on a un entraîneur hollandais, John KILA, qui a travaillé à Feyenoord Rotterdam. Il travaille avec un Directeur Technique de nationalité ghanéenne, Sam ARDAY, qui a une réputation mondiale pour avoir remporté une Coupe du monde des M17, puis une médaille de bronze aux JO de Barcelone, en 1992. A côté d’eux, on a trois jeunes techniciens qui avaient débuté comme joueurs chez nous. On s’était aperçu qu’ils ne pourraient pas évoluer au haut niveau. Comme ils sont très intelligents, on a pensé à les reconvertir en entraîneurs de jeunes. On les a fait partir pour la Hollande pour une formation. Ils font partie de nos salariés et on compte sur eux, pour l’avenir.

– Feyenoord Ghana est une Académie sous-régionale puisqu’on y retrouve, en plus des jeunes ghanéens, des jeunes ivoiriens, burkinabè, maliens et nigériens. Comment se font les recrutements au Ghana et à l’extérieur ?
– Au Ghana, on a des antennes à Tamale, à Kumasi, à Takoradi, à Accra, etc, où on fait des recrutements dans les écoles, lors des tournois scolaires régionaux. On organise également des tournois chez nous pour détecter de nouveau talents de 12-13-14 ans maximum. En ce qui concerne les pays de la sous-région, où je m’y rends régulièrement, je compte de nombreux contacts. On a pensé à recruter des joueurs dans ces pays pour internationaliser notre Académie. Mais, on est plus exigeant dans nos recrutements à l’extérieur.

– Quelle est la nature de vos relations avec l’ASEC Mimosas ?
– Mes relations avec l’ASEC Mimosas datent de 1995 quand je m’étais rendu à Abidjan, avec des dirigeants de l’Ajax Amsterdam pour voir comment fonctionnait l’Académie MimoSifcom. Depuis ce moment-là, je suis resté en contact permanent avec le Président Roger OUEGNIN, son frère Francis, ses collaborateurs de l’ASEC Mimosas et beaucoup d’autres personnes, en Côte d’Ivoire, avec qui nous sommes devenus des amis. Depuis lors, on essaie d’aider l’ASEC Mimosas comme on peut. Ces relations se sont solidifiées avec le temps. Aujourd’hui, il existe des échanges entre nos deux Académies. Quand on se rend en Côte d’Ivoire pour un stage ou pour un tournoi, l’ASEC Mimosas nous accueille à Sol Béni. L’année dernière, le Président Roger OUEGNIN cherchait un endroit, hors de la Côte d’Ivoire, pour envoyer son équipe professionnelle faire un stage. Je lui ai proposé de recevoir l’ASEC Mimosas, chez nous, à Fetteh. Il a accepté. La première expérience à été satisfaisante. On l’a renouvelée cette année. On prête également des joueurs à l’ASEC Mimosas chaque fois qu’on a des garçons qui répondent aux besoins de ce club ami. Cette année, on a deux joueurs qui évoluent à l’ASEC Mimosas, en l’occurrence, Mark SEKYERE et GANIYU Iddi Abdul.

– Que diriez-vous pour clore cet entretien ?
– J’ai beaucoup de respect pour l’ASEC Mimosas et son Président du Conseil d’Administration. Le club a connu beaucoup de difficultés pour survivre ces dernières années. Ce qui, pour moi, est un véritable miracle que le club soit toujours debout et continue de travailler, au regard du contexte économique, politique et social particulier que la Côte d’Ivoire a connu. Comme tous les clubs du monde, l’ASEC Mimosas doit transférer ses meilleurs joueurs, chaque saison, pour assurer sa survie et surtout repartir de zéro. Ce qui n’est pas facile. Je souhaite que cette année 2012 soit bien meilleure que la précédente. L’ASEC Mimosas a un entraîneur qui prend les choses au sérieux. Elle a renouvelé son groupe qui est très discipliné et qui a démontré beaucoup de qualités durant son stage chez nous. Je souhaite que l’ASEC Mimosas puisse conserver ses joueurs pendant longtemps pour remporter une autre Coupe d’Afrique. Pour terminer, je suis toujours content de me rendre à abidjan où je me sens chez moi et où tout le monde est toujours gentil avec moi. C’est pour cela qu’on essaie de vous renvoyer l’ascenseur, chaque fois que vous venez chez nous. Je souhaite enfin que l’ASEC Mimosas soit champion de Côte d’Ivoire et aille le plus loin possible, en Coupe de la Confédération, cette saison.

Interview réalisée par notre envoyé spécial à Gomoa Fetteh, KONE Ismaël.

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