«Relever la tête en 2012»

Depuis 2009, l’ASEC Mimosas n’a plus été champion de Côte d’Ivoire, au niveau de sa seule formation féminine. Plus grave, les joueuses du président DOSSO ont été laminées à quatre reprises par leurs rivales du Stella Club, en quatre importantes rencontres (le match retour du championnat, les deux finales-play-off du championnat et la finale de la Coupe nationale). C’était trop pour ne pas soulever le courroux du président DOSSO dont le cri du cœur a laissé croire à l’opinion publique, qu’il avait l’intention d’arrêter. Dans cette interview, il clarifie sa pensée et fait une projection sur 2012#.

Cela fait deux ans que l’ASEC Mimosas est sous la domination du Stella Club. N’est-ce pas un peu trop pour votre équipe dont l’hégémonie sur le volleyball féminin ivoirien était incontestable ?
Effectivement, c’est un peu trop. L’ASEC n’a jamais fait deux années consécutives sans le moindre titre au volleyball. Cela a commencé en 2010. Malgré nos moyens humains, cette année-là, nous avons fait fiasco au finish. Les raisons sont ailleurs. L’équipe avait remporté tous ses matches pour sombrer lamentablement en finale du play-off. En 2011, ce sont 12 de nos joueuses sur 15 et non des moindres, qui succombent au chant de sirènes d’une autre équipe. Elles partent en bloc avec leurs coaches, les frères BAGATE,  dans cette formation de Tanda qui leur a fait des propositions alléchantes. Ce départ massif a plutôt décuplé nos forces à vouloir relever le défi. Mes collaborateurs et moi, avons alors estimé, qu’il fallait monter un nouveau groupe au risque de jouer les seconds rôles.  Ainsi, avons-nous fait appel à des anciennes joueuses qui avaient arrêtées depuis deux à trois ans pour renforcer les quatre joueuses, Mme KRAIDY Béré, KOUAME N’Guessan Jocelyne et DIABATE Hadja restées fidèles à l’ASEC Mimosas. Nous voulons ici, rendre un hommage bien mérité à nos joueuses qui se sont saignées pour relever ce défi en terminant vice-championnes et finalistes de la Coupe nationale.

Vous auriez pris la résolution d’arrêter après le dernier revers de votre équipe face au Stella Club, en finale de la Coupe nationale. Qu’en est-il exactement ?
Je me suis posé la question effectivement de savoir s’il fallait arrêter ou continuer de ternir l’image de l’ASEC, après cette finale perdue, le 17 septembre dernier,  à Grand-Lahou. C’était un cri du cœur. Tout simplement. Etait-ce une ambition démesurée de ma part que de prétendre à la Coupe nationale, après la finale du championnat perdue, face au même adversaire ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que je croyais en la capacité de mes filles. Elles avaient tout donné aux entraînements. Le jour J, elles passent à côté de leur sujet. Elles n’ont pas pu donner ce qu’elles avaient dans le ventre. Cela m’a déçu. Pour le comportement d’ensemble des athlètes, je les félicite pour leur parcours avec si peu de moyen. Je suis un sportif. A ce titre, j’ai connu des hauts et des bas. Des victoires et des défaites. Une défaite soit-elle en finale de la Coupe nationale, ne saurait me faire quitter le navire. J’ai seulement voulu que la politique d’ensemble de l’équipe soit revue, si on doit continuer.

Comment expliquez-vous la subite régression de l’équipe de volleyball de l’ASEC Mimosas, en dépit de la formation qui est faite ?
Votre question ouvre une porte déjà ouverte.  Nous nous sommes, en effet,  investis dans la formation de 2001 à 2005 avec la complicité d’une école à Grand-Bassam. Au moment de jouir de notre investissement, nous avons plutôt eu droit à la première saignée de notre effectif. Des mécènes, ayant fait leur apparition dans le milieu du volleyball ivoirien, nous ont enlevé nos meilleures joueuses. Nos propres couteaux vont ensuite se retourner contre nous. Le Stella Club est fier de dire qu’il a 3 étoiles en 4 saisons.  Mais c’est avec les filles, Diane DANON, Albertine ZAMA, Marcelline  AMOA… que nous avons prises à bas âges et formées pendant quatre ans. Cela nous a fortement découragés. Nous avons alors décidé d’arrêter la formation et faire comme tout le monde en allant piocher ailleurs. Mais sans moyen, il est difficile d’avoir les meilleures.

Pourquoi, vous entêtez-vous à maintenir en vie cette section, malgré les difficultés financières du moment et du peu d’engouement des sponsors ?
Je suis certes le premier responsable de l’équipe, mais n’oubliez pas que je travaille avec des collaborateurs qui m’accompagnent depuis des années. Ensemble, nous avons récolté beaucoup de lauriers : 18 titres de champion de Côte d’Ivoire, 16 Coupes nationales, 9 Super Coupes. Les moyens suivaient, le résultat également.  Nous avons la passion du volleyball avec nous. Cela n’est pas négligeable pour tenir la baraque. A côté de ça, on trouve encore des filles qui, rien que pour la notoriété du club, acceptent de jouer pour l’ASEC. Mais combien sont-elles ? et pour combien de temps continueront-elles ? Aujourd’hui, les athlètes ne jouent pas par amour du club. L’argent tourne et chacune veut en avoir. Cela se comprend, car les temps ont changé.

Dans ce contexte, quelle est votre stratégie pour relever la tête, la saison prochaine ?
Après réflexion, nous disons qu’il est impossible et même incompréhensible que l’ASEC Mimosas fasse trois années blanches consécutives. Pour relever la tête en 2012, nous allons faire des propositions et des doléances au Conseil d’Administration du club afin de nous permettre de tenir la concurrence. Si nous sommes suivis, nous allons renforcer l’effectif, revoir l’encadrement technique.  Pour terminer, je voudrais remercier nos athlètes pour avoir accepté de continuer avec nous, dans des conditions extrêmement difficiles. J’espère qu’avec des moyens plus conséquents, elles relèveront la tête, la saison prochaine.

Clément Diakité

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