« Faire de l’ASEC Mimosas, un ténor…»

Sébastien DESABRE, le nouveau Direction Technique de l’ASEC Mimosas qui remplace le Suisse Walter AMMANN, nous dévoile l’étendue de ses nouvelles fonctions. Son objectif : « Faire de l’ASEC Mimosas, un ténor de l’Afrique »#

Vous êtes le nouveau Directeur Technique de l’ASEC Mimosas. A quoi répond cette autre responsabilité en plus de celle d’Entraîneur Principal de l’équipe professionnelle ?

Le poste de Directeur Technique s’articule autour de 4 pôles.
1- La gestion de l’équipe professionnelle,
2- la gestion de la cellule de recrutement,
3- la gestion de l’Académie MimoSifcom,

4-la gestion et l’organisation du secteur médical.
Il s’agit donc de tous les pôles qui se rapportent à l’aspect technique et footballistique du club.

Aviez-vous envisagé un seul instant de devenir le Directeur Technique du club avant même la fin de votre première saison au club ?

Il est clair que j’avais été recruté pour être l’entraîneur principal de l’ASEC Mimosas. La restructuration du club et le nouvel élan souhaité par le PCA, a nécessité une réorganisation de l’organigramme, mais également une réorganisation technique au niveau de la formation à l’Académie MimoSifcom et le contenu de cette formation. Le Président m’a alors sollicité pour répondre à un cahier des charges. On a beaucoup échangé et évalué la possibilité du projet. Enfin de compte, on a décidé de collaborer ensemble sur ces nouvelles responsabilités en s’appuyant sur les expériences de chacun et des bonnes choses qui ont été faites au sein du club, au niveau de la formation, en apportant un dynamisme nouveau pour redonner une lettre de noblesse à l’ASEC Mimosas.

Quatre secteurs : L’équipe professionnelle, la cellule de recrutement, le centre de formation, et le secteur médical sont sous votre responsabilité. N’est-ce pas un peu trop pour un entraîneur de compétition ?

Le principe même d’un manager est de savoir bien s’entourer. De donner les priorités, les axes de développement et de les faire appliquer. Par rapport à ce point de vue, sur l’aspect technique de l’Académie MimoSifcom, un nouveau responsable de la formation est arrivé avec d’énormes compétences, ce qui va permettre de mettre en application, le choix de la Direction du club et celui de la Direction Technique. Au niveau du recrutement, il y a une profonde restructuration à faire. Nous allons apporter du professionnalisme dans la forme et nous allons être efficaces dans le contenu. Il s’agira de recruter de bons joueurs et d’animer le tissu relationnel avec des centres de proximité et également avec des personnes susceptibles de nous amener de très bons joueurs. Nous allons faire des détections assez régulièrement, à Abidjan, ou à l’intérieur du pays.
Concernant le secteur médical, il y a énormément de compétences. En Europe, tous les clubs ne peuvent pas se targuer de dire qu’ils réunissent toutes les compétences à ce niveau. Comme au niveau de la cellule de recrutement, il faut réorganiser le secteur médical de sorte que cette organisation nous conduise à un niveau de performance qui soit meilleure pour travailler en synergie et récolter les fruits de cette organisation en termes de performances sportives.
Il est donc nécessaire pour l’équipe professionnelle que le Directeur Technique qui connaît les priorités du club puisse être également l’entraîneur principal parce que la finalité de tout travail technique est d’avoir une très bonne équipe au niveau professionnel. Pour avoir une très bonne équipe au niveau professionnel, il faut avoir mis en place, en dessous, des choses en termes de formation, médical et de recrutement qui permettent de répondre aux exigences que l’entraîneur principal connaît très bien.

Comment comptez-vous relancer l’Académie MimoSIfcom qui est une pierre angulaire de l’ASEC Mimosas ?

Déjà, il y a effectivement une réorganisation de contenu. Le travail qui est réalisé sur le terrain va être intégré dans un plan annuel évolutif. Des orientations sont prises avec un système d’évaluation très rigoureux pour que les joueurs atteignent, à un moment de leur formation, le niveau nécessaire pour intégrer l’équipe professionnelle de l’ASEC Mimosas ou de jouer en Europe. Il y aura deux groupes de travail. Un groupe de jeunes, âgés de 15 à 16 ans pour la formation et le second, âgé de 17 à 18 ans pour la post-formation. Ce dernier groupe sera le réservoir le plus proche de l’équipe professionnelle. Ces deux groupes seront constitués chacun de 16 joueurs afin d’aborder des thèmes technico-tactiques nécessaires à la bonne formation du jeune joueur. Par l’intermédiaire de la cellule de recrutement, un éveil est mis en place. Il s’agira des sessions de détection à l’intention des meilleurs joueurs pour la première année de formation de l’Académie MimoSifcom réservé aux enfants de 15 ans.

Julien CHEVALIER, votre jeune compatriote, est recruté pour être le formateur de l’Académie MimoSifcom. Qu’attendez-vous de lui et comment envisagez-vous cette collaboration ?

Je suis content que Julien CHEVALIER ait répondu positivement au poste que le club lui a proposé. Il est certes jeune, mais il a beaucoup d’expérience des centres de formation et de la formation des jeunes au plus haut niveau en France. La collaboration est simple. J’attends qu’il mette en place la stratégie de formation définie à l’ASEC, mais également qu’on puisse centraliser le contenu, l’évaluer et que l’ASEC Mimosas atteigne une réelle méthode de formation concrète qui ne repose pas uniquement sur le responsable de l’Académie ou du responsable de la formation. L’ASEC, doit avoir sa propre méthode de formation issue à la fois des nouvelles choses venues du responsable de la formation, mais également d’une synthèse de ce qui a été fait depuis des années au club. La formation MimoSifcom a sorti beaucoup de joueurs. Elle a réussi des choses extraordinaires. Aujourd’hui, ces choses doivent s’adapter à un nouveau marché.

Quel est votre analyse, par rapport à votre équipe, éliminée à l’issue de la phase de poules de la Coupe de la Confédération?

Mon analyse est claire. Nous avons une base de joueurs qui est très bonne. Techniquement, dans l’investissement, c’est très bon, mais il manque du caractère à cette équipe. Du caractère, on l’a soit par rapport à la puissance, à ses qualités de meneur ou par rapport à l’expérience. Il manque à notre équipe des joueurs matures pour encadrer et finaliser la formation de ces jeunes joueurs. Un faut un bon amalgame de jeunes et de joueurs plus matures pour que tout le monde puisse s’exprimer. Il y a un nouvel élan, un nouveau dynamisme. Le message que je veux faire passer est que l’ASEC Mimosas a les bases pour redevenir le plus grand club d’Afrique. Ce qui m’intéresse dans ce projet, c’est que j’ai évalué qu’on peut y arriver avec beaucoup de travail, d’investissement. Faire de l’ASEC un grand ténor de l’Afrique, c’est mon objectif à court et moyen terme.

Interview réalisée par Clément DIAKITE

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