« L’ASEC m’a marqué à vie »

Pascal THEAULT, l’ancien Directeur Général de l’Académie MimoSifcom, est actuellement le responsable de la formation des cadets à l’Académie Royale de Football de Rabat, au Maroc. A l’occasion du match des huitièmes de finale de la Ligue des champions Raja-ASEC disputé, le samedi 7 mai dernier, à Casablanca, nous l’avons rencontré dans un hôtel de la ville où logeaient les Mimosas. Il a accepté de nous parler de l’ASEC Mimosas et de son nouveau défi. Interview.

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Pascal THEAULT, que devenez-vous depuis votre départ de l’ASEC Mimosas ?
Après mon départ de l’Académie MimoSifcom, le centre de formation de l’ASEC Mimosas, j’ai fait une pige d’un an dans un centre de formation, aux Emirats Arabes Unis en attendant le projet d’une Académie à Rabat, au Maroc. A la fin de mon contrat d’un an, je suis venu au Maroc pour la réalisation de l’Académie Royale de Football de Rabat qui a démarré depuis bientôt deux saisons. C’est une structure qui appartient au Roi du Maroc.

Comment fonctionne cette Académie de football ?

Elle fonctionne un peu comme celle de l’ASEC Mimosas. Elle possède des installations ultramodernes presqu’uniques dans la monde. Nous travaillons dans de très bonnes conditions. Nous avons commencé avec 25 enfants, la première année. Nous avons augmenté notre effectif à 50 élèves, la deuxième année. Je m’occupe des cadets, c’est-à-dire des enfants nés entre 1994 et 1995. Ce groupe est celui des enfants les plus âgés de notre structure qui est située en dehors de la ville. L’Académie Royale du Maroc est dirigée par un franco-marocain du nom de Nasser LARGUET.

Avez-vous des nouvelles de vos anciens élèves de l’Académie MimoSifcom ?

Oui, je sais que beaucoup de mes anciens élèves ont quitté l’ASEC Mimosas pour d’autres clubs, soit en Côte d’Ivoire, soit ailleurs en Europe ou en Afrique. D’autres, par contre, y sont toujours. Je les suis de près parce qu’ils me contactent assez souvent sur Internet pour me donner de leurs nouvelles et moi, je leur demande des nouvelles des autres dont je n’ai aucune information.

Avez-vous des rapports avec vos anciens dirigeants de l’ASEC Mimosas ?

Non. J’échange seulement quelquefois au téléphone ou sur Internet avec Benoît YOU, l’un de mes anciens collaborateurs quand j’étais à l’Académie MimoSifcom.

Quels souvenirs gardez-vous de l’ASEC Mimosas et de la Côte d’Ivoire ?

J’ai passé en Côte d’Ivoire six années absolument fantastiques. Ce sont les meilleurs souvenirs de ma vie de sportif. J’ai passé 37 ans dans le même club, à Caen. Mais ce que j’ai vécu en Côte d’Ivoire n’était pas comparable. J’ai pleuré en arrivant à Abidjan, j’ai encore pleuré d’émotion en repartant. C’est tout dire.

Comment ont été les retrouvailles, ici au Maroc, avec certains de vos anciens élèves qui évoluent encore à l’ASEC Mimosas ?

L’émotion était très forte. Les retrouvailles ont été chaleureuses. Ils étaient contents de me revoir et moi aussi. On a évoqué les années passées ensemble. C’était un grand plaisir de se retrouver.

Les difficultés d’un formateurs sont-elles les mêmes en Côte d’Ivoire et au Maroc ?

Non, les difficultés changent selon les pays et leur contexte. Il existe plus de moyens au Maroc qu’en Côte d’Ivoire. A l’Académie Royale de Football de Rabat, nous avons absolument tout. Mais ce qu’il faut à un formateur, c’est la graine de talent. Si la graine est bonne au départ, il est certain que le travail du formateur sera de qualité. En la matière, je pense que la Côte d’Ivoire est un vrai paradis pour les formateurs. En Côte d’Ivoire, les jeunes donnent tout pour le football parce qu’après ce sport, ils n’ont généralement pas d’issue pour aller vers la réussite.

Vous avez longuement échangé avec l’entraîneur Sébastien DESABRE. De quoi avez-vous parlé ?

On ne se connaissait pas. On en a profité pour parler de notre métier d’entraîneur, de l’ASEC Mimosas, de la Coupe d’Afrique, du football maghrébin. On a appris à se connaître à travers notre métier et notre passion commune, le football.

Comment avez-vous vécu la douloureuse crise post-électorale que la Côte d’Ivoire a traversée récemment ?

Je l’ai vécu difficilement, heure par heure, jour après jour. Je passais tout mon temps libre sur Internet et devant la télé pour avoir les dernières nouvelles de la Côte d’Ivoire. J’étais très inquiet pour tous ceux que j’ai connus à Abidjan, à savoir mes anciens dirigeants, mes anciens élèves, mes anciens collaborateurs, mes amis. C’était devenu carrément angoissant à un moment où on ne parvenait plus à joindre qui que ce soit, en Côte d’Ivoire, au téléphone ou sur Internet.

On vous sent très attaché à l’ASEC Mimosas et à la Côte d’Ivoire. Pourrait-on vous revoir un jour à Abidjan à la tête de l’Académie MimoSifcom ?

Inch’Allah.

Quel est votre mot de fin ?

Je souhaite que la paix revienne définitivement en Côte d’Ivoire et que ce pays retrouve l’unité et la joie de vivre à travers le football qui est son sport-roi.

Interview réalisée par
K. Ismaël.

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