La difficile survie en temps de crise

Un championnat qui n’a pas redémarré, une situation financière dramatique, un entraîneur français rapatrié dans son pays, des conditions d’entraînement délicates et un match de Ligue des champions décalé au 6 mai… L’Asec Mimosas, le club phare d’Abidjan, n’échappe pas aux effets de la crise ivoirienne.

Si la Ligue africaine des champions compte un survivant, c’est bien l’Asec Mimosas.# En décalant au 6 mai, le huitième de finale que le club doit disputer face au Raja Casablanca, la Confédération africaine de football (CAF) a laissé aux Ivoiriens, meurtris par une violente crise postélectorale, un peu de temps pour se préparer au choc. Mais il n’y aura pas de match retour.

« Nous aurions préféré affronter les Marocains en deux fois… La CAF a décidé d’appliquer son règlement en faisant jouer la rencontre en une seule manche, sur le terrain de l’équipe dont le pays n’était pas en guerre à ce moment », explique Sébastien Desabre, l’entraîneur français de l’Asec. Avant de témoigner des difficultés que son groupe a dû affronter ces dernières semaines.

Des joueurs affectés

« C’était très compliqué. Moi-même, j’ai été rapatrié en France le 7 avril via Dakar, car la situation devenait trop dangereuse. J’ai eu des nouvelles des joueurs presque quotidiennement. Ils vont bien, même si certains d’entre eux ont été obligés de rester chez eux pendant plusieurs jours, sans quasiment rien manger. Ceux qui habitaient près de notre centre d’entraînement de Sol Béni y sont allés pour trouver du riz. Mais mentalement, ils sont tous affectés, car ils ont vu des choses difficilement soutenables », raconte-t-il.

Le pays est déchiré, et la réconciliation s’annonce difficile. Dans les vestiaires, où la politique s’invite parfois, il n’y a pourtant jamais de tension autre que sportive. « Dans mon effectif, il y a des pro-Ouattara, des pro-Gbagbo, des neutres, des musulmans et des chrétiens. Chacun respecte le point de vue de l’autre», explique Desabre, arrivé à Abidjan en octobre dernier après avoir entraîné le Cannet-Rocheville, un modeste club de CFA 2 français.

S’entraîner malgré les barrages militaires

Malgré les violences et les innombrables difficultés du quotidien, l’entraîneur français a réussi à maintenir ses joueurs dans une condition physique acceptable. « Le coup d’envoi du championnat, prévu le 5 mars dernier, a été reporté. On a donc disputé quelques matchs amicaux. Ce n’était pas toujours simple d’arriver jusqu’à Sol Béni, à cause des barrages. Mais on y arrivait, parce que les joueurs étaient reconnus et que le staff technique circule dans des voitures avec le logo de l’Asec, un club très populaire en Côte d’Ivoire. »

Malgré la situation socio-politique – et quelques approches de clubs du golfe Persique -, Desabre n’a jamais envisagé de quitter Abidjan, où il espère désormais retourner le plus vite pour préparer le délicat voyage au Maroc le 6 mai. « On aimerait partir quelques jours plus tôt afin d’effectuer un stage au Maroc, dans des conditions plus sereines », explique-t-il. « Mais l’argent manque. Pour aller jouer au Maroc, il faut d’abord que nous trouvions les fonds nécessaires ». Desabre devrait être à Abidjan le 23 avril prochain, deux jours après la reprise de l’entraînement assuré par ses adjoints ivoiriens.

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