« Je suis président-fondateur de l’A.S.A. D»

L’ancien milieu de terrain de l’ASEC Mimosas (1990-1992) a ôté ses chaussures à crampons de footballeur pour celles d’entraîneur. Propriétaire d’un centre de formation basé à Dakar, DAGNO Moussa a un seul souhait, à savoir, une collaboration avec son club de tous les jours, l’ASEC Mimosas. Sous quelle forme ? Lisez.#

A quand remonte tes débuts au football?

La première fois que j’ai tapé dans un ballon, c’était sur les terrains caillouteux de Treichville dont l’un était dénommé « Le Stade du 28 Septembre », à l’avenue 9, rue 23. J’ai quitté le football de rue pour celui de la formation à 10, 11 ans avec l’ASEC Mimosas sur le terrain de Williamsville sous la direction technique de BAMOGO Boukari. J’ai donc fait toutes mes classes à l’ASEC Mimosas avec un bref passage d’un an en cadet au Stade d’Abidjan, avant de retourner à la maison pour ne plus la quitter jusqu’à ma montée en équipe fanion en 1990.

Peux-tu retracer succinctement ta carrière?

Mes grands débuts remontent à 1990, à l’ASEC Mimosas, j’y suis resté jusqu’en 1992. Fin 1992, je suis prêté au Sacraboutou Sport de Bondoukou quand Idrissa TRAORE me convainc pour l’EFO (Etoile Filante de Ouagadougou). C’était en 1993 et j’ai réalisé le doublé championnat-Coupe. L’année suivante, Me MONDON Konan Julien m’a enrôlé au profit du Stade d’Abidjan. Les dirigeants stadistes n’ayant pas tenu leur promesse, j’ai dû retourner à Ouagadougou avant de signer mon premier contrat professionnel de 1995 à 1996 au profit de Ain Beda, une équipe de l’Est de l’Algérie qui venait de rejoindre l’élite. J’ai été le premier joueur noir de cette équipe et je peux vous assurer que j’y ai laissé mes empreintes. De 1997 à 1999, j’ai évolué respectivement à la JS Kabily et à l’USM Blida, toujours en Algérie. En 2000, Al Ahly Benghazi de Lybie m’accueille. En 2002, j’évolue à Al Ahly Foudjera aux Emirats Arabes Unis. Pendant deux ans (2003-2004), je défends les couleurs d’Al Etifak au Qatar. Plus tard, j’ai fais une pige de trois mois au Djoliba A.C de Bamako avant de raccrocher.

Quel (s) souvenir (s) gardes-tu de ton passage à l’ASEC Mimosas ?

Que de beaux souvenirs. Les voyages avec l’équipe première lors des matches de la Coupe UFOA, par exemple. A l’ASEC, j’ai eu la meilleure formation qu’un footballeur moderne peut espérer. Une anecdote : j’ai disputé mon premier match avec l’équipe première grâce à un accident malheureux avec GADJI Céli à Sol Béni. Après l’entraînement, je suis rentré chez moi et l’équipe était au vert au Golf Hôtel. Plus tard, l’Intendant Général, Hyacinthe COULIDIATI est venu me chercher avec le car. Malheureusement j’étais absent. A mon retour, tout le quartier était en alerte. Ma mère (Paix à son âme) m’a crié dessus. Précipitamment, j’ai rejoint l’équipe au Golf Hôtel et le lendemain, Philippe TROUSSIER me donna ma chance. C’était contre le Rio Sport d’Anyama en Coupe nationale. Pendant 35 mn, je n’ai pas boudé le plaisir d’une première titularisation. Cela reste un très beau souvenir intarissable.

Ta promotion à l’ASEC a suscité beaucoup d’espoir et à la fin, peu d’intérêt. Comment expliques-tu cela ?

Les gens ignorent que j’ai intégré l’équipe fanion de l’ASEC Mimosas alors que j’étais cadet. Revisitez l’effectif de cette époque et vous verrez qu’il s’agissait d’un groupe talentueux et expérimenté notamment au milieu de terrain où je disputais le poste avec des joueurs comme GADJI Céli, SAKANOGO Amadou, DAN Foster Kodjo, BEDE James et un certain KASSY Kouadio Lucien au sommet de son art…

Des regrets ?

Pas vraiment, bien au contraire. J’ai pris beaucoup de plaisir à côtoyer ces grands joueurs et ce grand entraîneur qu’est Philippe TROUSSIER. Imaginez le bonheur qui m’envahissait chaque matin quand que je foulais la pelouse de Sol Béni …

Et si on parlait de ton retour manqué à l’ASEC Mimosas après l’Algérie ?

Là on peut parler de déception. Je me souviens comme si c’était hier. Pour dire vrai, cela a été une pilule difficile à avaler. Si mes souvenirs sont exacts, j’étais à la JS Kabily et j’ai eu l’envie de retourner dans mon pays. Pendant mes vacances à Abidjan, j’en ai profité pour en parler avec GADJI Céli St Joseph et ensuite à Me Roger OUEGNIN. Je peux vous assurer que le PCA a tout mis en œuvre pour mon retour, malheureusement cela ne s’est pas réalisé pour des problèmes qui me sont personnels. J’avais à cœur de revenir marquer mon passage dans l’équipe fanion de l’ASEC. Hélas !

Que réponds-tu à ceux qui sont d’avis que tu méritais mieux que la carrière qui a été la tienne, vu ton immense talent ?

C’est vrai que j’ai des regrets au plan matériel, parce qu’avec mon talent comme vous le dites, j’aurais pu être à l’abri du besoin avec ma famille. Mais  »Al hamdoulilah » en tant que croyant musulman tel était mon destin. Je prie Dieu afin que la carrière que je n’ai pas eue, soit accordée à mon petit frère, DAGNO Siaka, qui fait le bonheur du championnat Thaïlandais. Il a obtenu deux titres de champion consécutif et a été élu meilleur joueur étranger de la Thaï League. Que le Bon Dieu l’accompagne et veille sur lui. Amina !

Que devient DAGNO Moussa ?

J’ai dû arrêter ma carrière pour des problèmes personnels et depuis, je vis à Dakar. Je suis divorcé et père de 3 ravissants et charmants enfants : DAGNO Saly Ketyan (18 ans), DAGNO Kalil Wilfried (11 ans) et DAGNO Mohamed Elie (Momo) qui a 8 ans. Je suis président-fondateur d’un centre de formation dénommé A.S.A.D. (Association Sportive Académie de Dakar). Le centre existe depuis 2009 mais il a été affilié à la Fédération Sénégalaise en 2010. Président-entraîneur, je suis épaulé dans ma tâche par un jeune frère KAMARA Oumar (entraîneur adjoint) et Abdoul Kader BARADJI. Le centre comprend deux catégories, cadette et junior. Toutes les nationalités (sénégalaise, guinéenne, ivoirienne, gambienne, nigériane, libanaise) y sont. L’A.S.A.D. a pour objectif d’éduquer, d’instruire, de former les jeunes et leur donner la possibilité d’aller monnayer leur talent à l’étranger. Là encore, je prie Dieu afin qu’il accorde à mes joueurs la carrière que je n’ai pas connue. D’aucun se pose la question de savoir pourquoi j’ai crée mon centre au Sénégal et non en Côte d’Ivoire. C’est tout simplement le  »Mektoub » comme le disent les arabes. C’est-à-dire, le destin.

Tu nous dis que ton cœur est toujours ASEC Mimosas. Comment vis-tu cet amour à distance ?

je ne le dis pas pour faire plaisir à quelqu’un. Tous ceux qui m’ont vu naître à Treichville savent que mon amour pour l’ASEC est naturel et incommensurable. Une anecdote : déjà tout petit, je vendais avec des cousins des bobs et des chapeaux aux couleurs de l’ASEC, aux abords du stade FHB. Je suis Mimos de sang et je continue de suivre mon équipe, comme le dit l’adage,  »loin des yeux, mais près du cœur ».

Faut-il espérer voir un jour les meilleurs joueurs de ton centre de formation à l’ASEC Mimosas ?

C’est mon souhait le plus ardent, persuadé que je suis qu’ils travailleront dans un meilleur environnement qui leur servira de tremplin pour l’Europe. J’en profite pour dire au Président Roger OUEGNIN que mon centre de formation et moi-même sommes à sa disposition.

Quel est ton message pour les Actionnaires ?

Mon constat est que leur engouement autour de l’équipe n’est pas total. Cela n’est point un désamour à mon sens. La crise actuelle que connaît le pays explique sans doute cela. Je sais que les Actionnaires reprendront massivement leur place aux côtés du club et plus motivés de sorte à aider Me Roger OUEGNIN dans le travail qu’il abat avec courage, énergie et surtout avec amour au quotidien depuis deux décennies. Chapeau à lui !
Pour terminer, j’aimerais présenter mes condoléances les plus attristées à la famille ainsi qu’à tous les proches du regretté Brahima OUEDRAOGO, l’ex-coordonnateur administratif de l’ASEC Mimosas. Mes remerciements les plus chaleureux au Magazine Mimosas pour son professionalisme. Bien de chose à mes enfants et à mes frères et sœurs.
Allez Mimos !

D. Clément

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