« J’étais un serviteur de l’ombre »

Directeur de l’Agence Immobilière Arc-en-ciel, Edmond COFFIE, ancien Secrétaire Général de la S3E, à la retraire, fut l’un des premiers rédacteurs de ASEC Mimosas Magazine sous le Président TOURE Mamadou, en 1984 et en 1985. Il a accepté de nous parler de cette expérience, 27 ans après.#

M. COFFIE, quels sont vos rapports aujourd’hui avec l’ASEC Mimosas ?
Même si nous avons beaucoup de recul, nous suivons l’évolution de notre club, l’ASEC Mimosas. Nous savons qu’il est en de bonnes mains, puisque Me Roger OUEGNIN l’a beaucoup développé, en 21 ans de gestion. Nous sommes fiers de ce qu’il a accompli et nous souhaitons davantage de stabilité à notre club pour qu’il continue à grandir.

Comment êtes-vous venu à l’ASEC Mimosas ?
En tant qu’enfant de Treichville, j’ai grandi dans un environnement ASEC Mimosas. Mon grand-frère Faustin COFFIE a été entraîneur-joueur du club. Moi, j’ai joué au football avec Roger et son grand-frère Francis. Ils étaient tous les deux de très bons joueurs. J’ai également évolué en équipe junior de l’ASEC Mimosas. J’appartiens à la génération des YORO Alphonse, BAZO Christophe, DEMBELE Lassina, GUIDI Edouard et autres. J’ai joué en junior avec eux dans les années 1964, 1965 et 1966. Je suis allé ensuite poursuivre mes études en France. Je suis revenu au début des années 1970.

A votre retour de France, vous étiez très proche du club. Pouvait-on vous considérer comme un dirigeant à l’époque ?
Non, je ne faisais pas partie des dirigeants de l’ASEC Mimosas. Mon nom ne figurait nulle part dans la liste des différents Comités Directeurs. Mais je servais simplement le club dans l’ombre aux côtés des amis qui étaient des dirigeants de l’ASEC Mimosas en l’occurrence, mon frère Victor EKRA, Amissa KOBENAN Jacques, TOURE Mamadou et bien d’autres. J’étais un travailleur de l’ombre à la disposition de notre club.

Pouvez-vous nous parler des débuts de ASEC Mimosas Magazine ?
A la création du journal en 1984, sous le Président TOURE Mamadou, le club n’avait ni les structures ni les moyens d’aujourd’hui. Il fallait s’appuyer sur des bénévoles et tout le monde, y compris les dirigeants, s’y étaient mis pour la publication des deux premiers numéros de ASEC Mimosas Magazine.

Qui étaient les membres du comité de rédaction et les maquettistes, et autres ?
Les rédacteurs étaient OUATTARA Hégo, Boubacar KANTE, Victor EKRA, Jacques Amissa KOBENAN et moi-même, Edmond COFFIE. nous constituions le comité de rédaction. Le Rédacteur en chef était le Secrétaire général du club, Jacques Amissa KOBENAN. C’est lui qui définissait un sommaire avec les conseils de Boubacar KANTE et de OUATTARA Hégo et nous répartissait les articles à rédiger.

Ou se trouvaient les locaux du journal ?
Le journal n’avait pas de siège. Nous nous retrouvions dans le bureau de Victor EKRA, dans l’immeuble SIMO, à Treichville siège de sa société SEDCI pour concevoir le journal. On a fait quelques réunions concernant le journal dans le bureau du Président TOURE Mamadou, à Chimie Afrique, à Vridi, mais le plus souvent, c’était dans celui de Victor EKRA que nous nous réunissions pour travailler. On allait ensuite imprimer le journal à UNIPACI.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous étiez confrontés dans la réalisation du journal ?
Nous étions confrontés aux délais de remise des copies. C’était difficile. Nous avions tous de grosses affaires à gérer. Mais par amour pour l’ASEC Mimosas, il fallait trouver le temps pour aller réaliser des interviews (il nous présente les tapuscrits de ces interviews) avec certains pères fondateurs comme SEHO Alfred, Louis BOAH et le premier capitaine du club AMESSAN Bertrand et rédiger les articles. Nous n’arrivions pas à remettre nos articles dans les délais. Et puis il existait des désaccords entre les dirigeants et au sein même du comité de rédaction. C’est pour cela que le premier numéro de notre journal a un format A4 et le deuxième a une forme carrée. Et c’est d’ailleurs pour toutes ces raisons qu’il nous était difficile de respecter le délai de parution de notre journal. Vous pourrez même remarquer que le premier numéro est paru en septembre 1984 et le deuxième numéro, en février 1985.

Comment appréciez-vous l’évolution de ASEC Mimosas Magazine ?
Je suis particulièrement impressionné par l’extraordinaire longévité de notre magazine et cela est fabuleux. Il fallait des dirigeants passionnés comme AHOUA Kanga Michel et Me Roger OUEGNIN pour continuer cette œuvre entreprise sous TOURE Mamadou. Roger et son grand-frère Francis ont été nourris au lait de l’ASEC Mimosas. On comprend dès lors leur passion à développer ce club. De notre temps, ASEC Mimosas Magazine n’était pas vraiment un journal, mais un bulletin d’informations grâce auquel, le Président TOURE Mamadou voulait entretenir une liaison avec la base. Mais AHOUA Kanga et Roger OUEGNIN l’ont développé ensuite pour en faire un vrai journal qui est aujourd’hui l’un des piliers du club.

Et le contenu ?
Sans vous flatter, je pense que les articles sont bien écrits, la mise en page est plaisante et le journal se lit facilement de la première à la dernière page. Je pense qu’il serait intéressant de créer des rubriques qui raconteraient l’histoire du club et celle des grands joueurs qui ont fait cette histoire.

Et les satisfactions que vous avez connues durant cette expérience ?
Je vous parlerai de la plus importante ! C’est le fait que les supporters ont très bien accueilli notre magazine. Celui-ci se vendait comme de petits pains. Il comportait une rubrique “Courrier des lecteurs”. Après le premier numéro, nous avons été inondés de courriers d’encouragements de supporters enthousiastes.

M. Edmond COFFIE, que diriez-vous pour terminer cet entretien ?
Je vous remercie de m’ouvrir vos colonnes. Je ne pensais pas qu’un jour, quelqu’un viendrait m’interviewer pour apporter mon témoignage sur une partie de la vie de notre club et particulièrement sur le journal. Je tiens à préciser que je n’ai jamais été un dirigeant de l’ASEC en tant que tel. J’ai simplement servi le club aux côtés des amis que j’ai cités plus haut. Je suis fier d’appartenir à la famille ASEC Mimosas. Quand j’ai vu la mobilisation des dirigeants et supporters de l’ASEC Mimosas lors des obsèques de Me Emile DERVAIN et l’hommage qui lui a été rendu dans ASEC Mimosas Magazine, cela m’a fait énormément plaisir. A partir de là, nous savons que nous appartenons véritablement à une famille.

Interview réalisée par K. Ismaël

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