Monsieur un but par match

BAWA Paul, surnommé le « Fils de Dondinho », en référence au Roi Pelé, a marqué le football des années 1970 et 1980. Il fut un buteur extraordinaire qui a fait le bonheur de l’ASEC Mimosas et des Eléphants de Côte d’Ivoire.
Le mérite de BAWA Paul est d’avoir pu assurer la relève des grands attaquants# de l’ASEC Mimosas comme Laurent POKOU et YENETOU Maria Santos Brown. Lorsque POKOU est parti, pour la France, précisément à Rennes, Santos Brown l’a remplacé avec bonheur pendant une saison, en 1974. Lorsque Santos s’envole à la fin de la saison pour la France, Jean-Baptiste ANZIAN lance le jeune loup, BAWA Paul, dans le bain de la D1. “Le fils de Dondinho” n’attend pas longtemps pour montrer sa force de frappe. Dès sa première saison comme titulaire, il remporte le titre de champion de Côte d’Ivoire avec l’ASEC Mimosas, la palme du meilleur buteur du championnat national avec 22 réalisations en 22 journées et pour conclure, il remporte (4-2) la première édition de la Coupe FHB, le 7 août 1975, à Dimbokro, face au Stella Club. D’où le surnom de Monsieur un but par match que lui attribue Boubacar KANTE, l’ancien chroniqueur sportif de la radio ivoirienne.

Né en 1956, à Guessabo-Ponzoukougbeu, dans la région de Gagnoa, ce jeune bété qui nourrit un amour fou pour l’ASEC Mimosas, devient très vite une icône de ce club très populaire en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. Avec ses 1m80 et ses 75 kg, sa démarche nonchalante et quelque peu pataude, ne le prédestine pas à la réussite à un poste où la vitesse d’exécution, la mobilité constante, permettent à un attaquant de se créer des failles dans une défense, pour ensuite faire la différence. Mais BAWA a pour lui la puissance, l’intelligence de jeu, le flair des grands buteurs, les tirs puissants et précis et surtout une technique insoupçonnée. Un vrai cauchemar pour toutes les défenses.
Plusieurs fois sélectionné chez les Eléphants seniors, BAWA a montré, à plusieurs reprises, qu’il n’était pas un marin d’eaux douces. BAWA marquait des buts à toutes les occasions dans les grands rendez-vous, comme dans les matches ordinaires. En 1976, à Kumasi, l’ASEC s’incline (1-2) face à l’Asante Kotoko dans le cadre des quarts de finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions. Mais BAWA marque un but presqu’extraordinaire. Il rattrape, pratiquement sur la ligne de but et à l’extérieur du grand rectangle de Kotoko, une balle que tout le monde croyait perdue. Et sans contrôle, alors que tout le monde s’attend à un centre, d’un tir brossé puissant et inattendu de l’extérieur du pied droit, il trompe, BOWTE, l’excellent gardien de Kotoko. Il avait inscrit un but identique, lors des préliminaires contre la Linguère, au Sénégal. « Ce geste, c’est AKOUATE Benjamin qui nous l’avait appris. Il nous le faisait répéter cent fois à chaque entraînement en nous disant qu’un attaquant doit être imprévisible dans ses gestes et ses actions pour surprendre », a expliqué un jour BAWA Paul.

Malheureusement, avec l’ASEC Mimosas, BAWA Paul ne remportera jamais un trophée continental ni sous-régional. « C’est à cause du mauvais arbitrage qui était la grande plaie du football africain », se plaint-il encore aujourd’hui. Mais BAWA Zagbaï Paul, « Monsieur un but par match », « Le Fils de Dondinho », ou encore «Perfumo», a marqué à jamais la mémoire collective des Actionnaires et des sportifs ivoiriens.

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