Les avantages de cette reforme

Le Directeur Technique de l’ASEC Mimosas n’a pas mis du temps pour préparer ses plans. Très méthodique et ambitieux, Walter AMMANN nous explique dans les moindres détails les avantages de la réforme de l’encadrement technique de l’ASEC Mimosas. Lisez plutôt.#

Pourquoi avez-vous accepté d’être le responsable de la nouvelle direction technique de l’ASEC MIMOSAS ?

Tout d’abord je suis un serviteur du club. Alors, mon premier souci est de servir le club là où il a besoin de moi. L’analyse de la situation que nous avons faite a montré que nous devions changer quelque chose au niveau de l’organisation technique du club. Mes expériences au niveau du football local et au niveau du club, me permettront d’appliquer et de gérer cette nouvelle organisation technique. C’est un grand défi pour moi et je dis merci au Président du Conseil d’Administration, Me Roger OUEGNIN pour la confiance qu’il a bien voulu placer en moi.

Que pensez-vous de la nouvelle organisation de l’encadrement technique de l’ASEC Mimosas?

Je pense, honnêtement, que cette nouvelle organisation est une très bonne chose. Le club en sera le grand bénéficiaire.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Tout d’abord je voudrais vous dire que l’art de bien vivre est de s’adapter à la situation. Alors, chaque structure qui veut progresser doit se remettre, de temps en temps, en cause et s’adapter à la nouvelle situation. Cela signifie qu’il faut changer ou adapter son organisation aux paramètres de l’environnement de la structure.
Dans le football, beaucoup de choses ont changé, ces dernières années. Ce qui veut dire que les paramètres d’un club de football ont changé.

Le football ivoirien a profité de ces changements (l’équipe nationale A) mais, en même temps, il a subi les aspects négatifs de ces changements. Nous avons une équipe nationale A avec un grand potentiel et dans le même temps, le football local est malade.

Pourquoi dites-vous que le football local est malade ?

Plusieurs raisons expliquent cela. Je vous donne quelques exemples. L’arrêt Bosman a changé beaucoup de choses au niveau des possibilités de transferts des joueurs. En 1999, il y avait 1 agent de joueur en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui il y en a 21 sans compter l’action des parents eux-mêmes et autres intermédiaires très nombreux d’ailleurs, qui ne sont pas agents agréés par la Fédération Ivoirienne de Football. En conséquence, les joueurs ivoiriens partent plus nombreux et plus tôt dans tous les coins du monde et il est devenu beaucoup plus difficile de recruter de bons joueurs pour les clubs africains.
Les sponsors s’intéressent aujourd’hui plus à l’équipe nationale A qu’aux clubs ivoiriens. Dans les années 1990, l’ASEC MIMOSAS attirait de nombreux sponsors et grâce à cela, notre club était la locomotive du football ivoirien.

Ces dernières années, la FIF était surtout concentrée sur l’équipe nationale A, elle n’a pas fait assez pour développer le football local.

La situation sociopolitique difficile de ces dernières années en Côte d’Ivoire n’a pas non plus aidé à développer le football local.
Toutes ces raisons sont-elles suffisantes pour expliquer la nouvelle organisation technique de l’ASEC Mimosas ?

Il y a six raisons principales pour expliquer ce changement :

1. Parce que l’ASEC MIMOSAS doit toujours être la locomotive du football ivoirien comme elle l’était dans les années 1990, avec son complexe sportif et son centre de formation exemplaire et unique en Côte d’Ivoire qui a permis à ce pays d’avoir une bonne équipe nationale A avec une CAN remportée en 1992 et deux participations aux phases finales des Coupes du monde 2006 et 2010.

2. Le manque de résultats sportifs de l’équipe professionnelle lors des 2 dernières années. Nous avons réussi à être champions de Côte d’Ivoire sans réussir à jouer la phase finale de la Ligue des champions.

3. Ce manque de résultats sportifs de l’équipe professionnelle a pour conséquence l’absence de transferts de joueurs.

4. Le fait de ne pas participer à la phase finale de la Ligue des champions et l’absence de transferts de nos joueurs ont finalement entraîné un problème de financement des activités du club.

5. Il est devenu plus difficile de recruter les meilleurs joueurs de Côte d’Ivoire à tous les niveaux.

6. L’analyse de la situation a montré qu’il était impératif pour notre club que nous rejouions de nouveau la phase finale de la Ligue des champions et que nous fassions des efforts dans le recrutement des joueurs à tous les niveaux.

Qu’est-ce qui va changer fondamentalement ?

Nous avons mis en place une nouvelle organisation technique. Il y aura désormais un seul responsable technique (le Directeur Technique) pour toutes les équipes, de l’équipe professionnelle à l’école de foot.

Ainsi, nous aurons,
– une équipe professionnelle
– une équipe M18-Réserves (12 joueurs nés en 93/94 plus certains joueurs de l’équipe professionnelle),

– une équipe M16 (13 joueurs nés en 95/96),
– une équipe M14 (12 joueurs nés en 97/98)
– une école de foot.

Il y aura un seul cycle de Janvier à Décembre pour toutes les équipes, basé sur le cycle de l’équipe professionnelle.

Il y aura également une cellule de recrutement qui doit nous permettre de recruter les meilleurs joueurs ivoiriens dans toutes les catégories.

Enfin, il y aura un secteur médical responsable de tous les joueurs afin de progresser au niveau de la prévention, des soins et de la rééducation des joueurs.

Qu’est-ce que ce changement va apporter concrètement à l’ASEC Mimosas ?

Cette nouvelle organisation technique doit surtout nous permettre d’atteindre les résultats que notre club mérite, redonner son âme à notre équipe professionnelle et recruter les meilleurs joueurs de la Côte d’Ivoire dans toutes les catégories.
En plus, cette organisation doit nous permettre de travailler plus efficacement, avec encore plus de professionnalisme et tous avec les mêmes valeurs.

Pourquoi fondez-vous tant d’espoir dans la nouvelle organisation technique avec un Directeur Technique (DT) ?

Parce que je suis personnellement convaincu que c’est la solution qu’il nous faut pour être un vrai club professionnel. Cette nouvelle organisation nous permettra de travailler avec encore plus de professionnalisme, de rigueur, de passion et surtout avec les mêmes valeurs à tous les niveaux.

En ma qualité de Directeur Technique, il me semble très important que tous les techniciens du club forment une même équipe. Les bases de notre collaboration seront l’organisation technique mise en place, les objectifs définis, la philosophie de travail et la philosophie de formation. Je m’engagerai personnellement à ce que nous travaillions ensemble avec le respect réciproque et que nous nous engagions ensemble pour les mêmes valeurs.

Après trois jours de prise de contact en Côte d’Ivoire, le nouvel entraîneur est retourné en France. Quelles impressions vous a-t-il laissées ?

Les bonnes sensations que j’avais déjà pendant les négociations par mails et par téléphone se sont confirmées.
Je suis convaincu que nous avons engagé l’homme de la situation qui répond au profil défini pour le nouvel entraîneur de notre équipe professionnelle (jeune / indépendant / langue maternelle française / bien formé / expérience comme compétiteur et formateur / prêt à accepter le défi d’atteindre les objectifs définis / prêt à accepter de travailler avec l’équipe technique déjà mise en place / prêt à accepter notre philosophie de travail et de formation).

Depuis plus de dix ans, je travaille en Côte d’Ivoire et je connais bien le football local et l’ASEC MIMOSAS. Cela me permettra en tant que DT, de compenser l’inexpérience africaine de Sébastien DESABRE.

M. le Directeur Technique, quels sont les gros chantiers auxquels on doit s’attendre dans un futur proche ?

Mon plus grand souci pour le moment est de connaître la date du début du championnat et d’avoir suffisamment de temps pour bien préparer l’équipe professionnelle, afin de bien démarrer le championnat.
Actuellement, nous travaillons sur la mise en place de la nouvelle organisation (cahier des charges), la composition de l’effectif de l’équipe professionnelle saison 2011, la planification de la phase de préparation.

Un dernier mot ?

Je suis en Côte d’Ivoire depuis 1997 et j’ai eu la chance d’être là, quand l’ASEC MIMOSAS a gagné la Ligue des champions en 1998 et la Super Coupe en 1999. J’ai senti des émotions très fortes autour de ce club dans ces moments. Je voudrais, que nous puissions revivre encore une fois des moments aussi forts dans les prochaines années.
Mais, pour cela, nous devons être tous conscients, que nous arriverons seulement tous ensemble. C’est-à-dire les joueurs, les employés, les dirigeants et surtout les Actionnaires. Nous sommes tous dans le même bateau. Ce bateau s’appelle ASEC MIMOSAS et s’il coule, nous coulons tous. Le vrai supporter d’un club doit surtout être là quand ça ne marche pas. Alors nous devons tous avoir le souci de construire et non pas de détruire. Critiquer est facile, faire mieux est beaucoup plus difficile. Alors réunissons nous autour de ce nouveau projet pour notre club. Tout changement est d’abord une chance alors il faut y croire !!!

Interview réalisée par D. Clément

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