Eustache MANGLE, le Lion

Asec.ci vous fait redécouvrir chaque semaine une figure emblématique du football qui a marqué l’histoire de l’ASEC Mimosas.#

Capitaine emblématique et buteur hors-pair de l’ASEC Mimosas de 1964 à 1973, puis entraîneur du même club, en 1993, Eustache MANGLE dit le Lion, fait partie des figures de légende du club jaune et noir.

Eustache MANGLE n’aurait servi qu’un seul club, l’ASEC Mimosas, si le sort n’avait pas décidé autrement. Adolescent, au Collège d’Orientation du Plateau, il était un passionné de football. Déjà, au collège, avec ses cuisses et ses mollets aux diamètres impressionnants, ses camarades l’avaient surnommé Guy MOLLET, du nom d’un ancien ministre français. Au lieu de l’irriter, cela amusait MANGLE. Sa passion pour le football est telle que sa mère décide de l’envoyer à Bouaké afin que là-bas, Eustache MANGLE se consacre à ses études. Mais une fois à Bouaké, le destin de MANGLE le rattrape. Il tape dans l’œil des dirigeants de la Renaissance Club qui convainquent son tuteur et cousin, Etienne AHIN, afin qu’Eustache signe chez eux. Lors d’un quart de finale mémorable de la Coupe nationale, en 1962, la Renaissance élimine la grande formation du Stade d’Abidjan des BAKRO, SYLVA, ZADI, BLEZIRI, Zempégué COULIBALY, KOUAME Yao et autres. MANGLE impressionne et marque les trois buts de son équipe qui l’emporte (3-1). Pour ne pas attirer l’attention de sa mère, il se faisait appeler KOUAME. Mais après les demi-finales contre l’Africa Sports, la même année, le voile tombe. Tout le monde apprend que KOUAME s’appelle en réalité Eustache MANGLE. « C’est à partir de là que ma mère a fini par accepter mon choix et ma passion pour le football », indique-t-il. En cours de saison, les dirigeants du Stade d’Abidjan le font signer chez eux et l’inscrivent au Collège Moderne de Cocody. Mais le cœur de MANGLE n’est pas au Stade. Il retourne à Bouaké et signe à l’Unisport qui était la fusion de la Renaissance Club et de l’Association Sportive des Clubs de Bouaké. Il y joue une saison.
En 1964, Eustache MANGLE signe sans condition dans le club de son cœur : l’ASEC Mimosas. La même année, il connaît sa première sélection avec les Eléphants de Côte d’Ivoire. C’est le début d’une belle et riche carrière à l’ASEC Mimosas qui le verra remporter cinq (5) Coupes nationales (1967, 1968, 1969, 1970, 1972) ; deux (2) championnats nationaux (1970 et 1972) ; disputer une demi-finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions, en 1971 et trois (3) phases finales de la CAN, en 1965, 1968 et 1970.

Attaquant puissant, adroit des pieds et de la tête, Eustache MANGLE se distinguait surtout par ses tirs puissants. On le surnomma “le Lion”, en raison de sa force, et de son abnégation sur le terrain. Il hérita de ce surnom après une victoire mémorable de l’ASEC face à l’Africa qui priva, ce jour-là, les Vert et Rouge du titre de champion de Côte d’Ivoire, au profit du Stade d’Abidjan. De sa force de frappe, l’histoire retient l’un des buts d’anthologie qu’il marqua contre le Stella Club, d’un tir puissant et tendu depuis le rond point central et dans les prolongations, en 1967, en finale de la Coupe nationale. « Mais le plus beau souvenir de ma carrière de footballeur reste la victoire des Eléphants lors des phases finales de la CAN de 1965, en Tunisie, face au Congo Léopoldville (actuelle RDC). Ce jour-là, j’avais marqué les trois buts de la Côte d’Ivoire », explique Eustache MANGLE.

Après avoir raccroché les crampons, Eustache MANGLE devint entraîneur de football. Il s’occupe d’abord et à plusieurs reprises du centre de formation de l’ASEC Mimosas. Puis, de 1990 à 1992, il devient l’entraîneur adjoint du club, puis l’entraîneur principal, en 1993. Cette année-là, n’eût été le complot de Kumasi, au Ghana, où l’on vola la qualification à l’ASEC Mimosas, les Mimosas, sous la férule d’Eustache MANGLE, auraient disputé leur première finale d’une Coupe d’Afrique des clubs champions. Après cette élimination, Eustache MANGLE se retire du milieu du football et se consacre à sa famille avant d’être frappé de plein fouet par une arthrose de la colonne vertébrale dont il traîne encore les séquelles.

K. Ismaël

LAISSER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

10 + 5 =