« Je suis toujours là »

Fidèle et proche collaborateur du patron de l’ASEC Mimosas depuis 21 ans, Jack BARBIER est aujourd’hui l’interface entre l’ASEC Mimosas et le Groupe SIFCOM qu’il sert toujours. Nous l’avons rencontré dans son bureau de la SIVOM. Interview.#

Que devenez-vous, Président BARBIER ?

Je travaille à la SIFCA qui m’a détaché à la SIVOM où je m’occupe de la communication.

Pourquoi vous voit-on de moins en moins dans le milieu du football ? Est-ce parce que vous avez-pris volontairement du recul ?

– Je n’ai pas pris du recul. Mais j’estime que l’on peut être efficace dans l’ombre. Je suis toujours en contact avec Me Roger OUEGNIN, Francis OUEGNIN et Benoît YOU. Je suis autant impliqué dans la vie de l’ASEC Mimosas que dans celle de l’Académie MimoSifcom. Je suis en quelque sorte l’interface entre l’ASEC Mimosas et le Groupe SIFCOM. C’est une position qui est celle de l’ombre.

Vous êtes l’un des fidèles et proches collaborateurs de Me Roger OUEGNIN depuis 21 ans. Qu’est-ce qui explique cette grande fidélité ?

J’ai connu de grands hommes au sein du Groupe SIFCOM tels que feu Pierre BILLON, Yves LAMBELIN, Daniel DUBOIS et un grand homme comme Me Roger OUEGNIN à l’ASEC Mimosas. Ma culture est la fidélité en amitié et j’aime que cela soit réciproque. J’ai retrouvé ces vertus en feu Pierre BILLON, Yves LAMBELIN, Daniel DUBOIS et en la famille OUEGNIN. C’est ce qui explique ma fidélité à l’ASEC Mimosas depuis plus de 21 ans. Ma fidélité à la famille Mimosas durera tant que Me Roger OUEGNIN en sera le chef.

Vous avez dirigé la section natation et planche à voile pendant une douzaine d’années environ. Que pouvez-vous nous dire aujourd’hui de cette expérience ?

Je suis à l’origine de la création de la section natation et planche à voile avec Pierre BILLON, Yves LAMBELIN, Daniel DUBOIS, avec le concours de la famille BELEM pour la planche à voile et de Maxime OGA, l’actuel président de la Fédération Ivoirienne de Natation et Sauvetage, pour la natation. Ce fut une très belle et passionnante expérience. Pendant une douzaine d’années, nous avons remporté toutes les compétitions dans ces deux disciplines. Hélas, les événements que la Côte d’Ivoire a connus depuis décembre 1999, ne nous permettent plus d’entretenir ces deux sections. Ce que je regrette. Mais espérons qu’après la prochaine élection présidentielle, des sponsors voudront bien s’intéresser de nouveau à ces deux disciplines dites mineures.

La natation et la planche à voile vous manquent-elles ?

Oui, étant donné que c’est une discipline qui rapportait beaucoup de trophées à notre club préféré, l’ASEC Mimosas. Le souvenir des joies, des sourires de nos athlètes et encadreurs au moment de recevoir leurs trophées me manque beaucoup. Il est aussi important de noter que notre championne, TOPE Patricia, qui est maman aujourd’hui, détient des records qui ne sont toujours pas battus et qui appartiennent à l’ASEC Mimosas.

Vous n’étiez pas seulement le président de la section natation et planche à voile de l’ASEC Mimosas, mais également un membre influent de la FINS…

Absolument. A cette époque, j’étais aussi vice-président de la Fédération ivoirienne de Natation et Sauvetage (FINS) dont le Président était feu TOURE L. Castilho à qui Maxime OGA a succédé.

Président Jack BARBIER, vous êtes l’un des membres fondateurs de l’Académie MimoSifcom. Quels sentiments vous animent aujourd’hui devant la renommée grandissante de cette structure ?

Je ressens une grande fierté. Je remercie les autres membres fondateurs tels Pierre BILLON, Yves LAMBELIN, Daniel DUBOIS, Me Roger OUEGNIN et Jean-Marc GUILLOU, de m’avoir associé à la création de l’Académie MimoSifcom. Ce fut une partie importante de ma vie. Je tiens à préciser avant toute chose que cette Académie appartient à l’ASEC Mimosas. Et surtout qu’elle a pu être créée grâce à l’heureuse et étroite collaboration entre Pierre BILLON, Yves LAMBELIN, Daniel DUBOIS, Jack BARBIER et Me Roger OUEGNIN. C’est pourquoi, nous avons accolé les noms Mimos et Sifcom pour former MimoSifcom. Les dirigeants de l’ASEC Mimosas et du Groupe SIFCOM ont su faire de cette Académie l’un des plus beaux fleurons du football africain. Elle est reconnue par tous, pour son sérieux et son dynamisme grâce à l’excellent travail accompli par tous les encadreurs qui en eurent la direction, de Jean-Marc GUILLOU à Walter AMMANN en passant par Pascal THEAULT.

Pensiez-vous au départ que MimoSifcom deviendrait la grande pourvoyeuse de joueurs aux différentes équipes nationales ivoiriennes de football ?

En écoutant Jean-Marc GUILLOU au début, il était convaincu que MimoSifcom permettrait à l’ASEC Mimosas de demeurer l’une des meilleures équipes africaines et aux Eléphants de devenir l’une des meilleures sélections nationales d’Afrique et même du monde. Lorsque le 7 février 1999, nous avons vu les gamins de MimoSifcom, tout juste promus en équipe première de l’ASEC, tourner en bourrique la grande formation de l’Espérance Sportive de Tunis, nous avons compris que nous ne nous étions pas trompés et que nous avions fait du bon travail. Il faut savoir que lors des deux dernières Coupes du monde de la FIFA, malgré les poules difficiles dans lesquelles elle s’est retrouvée, en 2006 et en 2010, la Côte d’Ivoire était l’une des équipes les plus appréciées et les plus craintes. Il est vraiment dommage que durant cette période, les Eléphants n’aient pas donné la pleine mesure de leur valeur lors des différentes CAN et des deux Coupes du monde de la FIFA.

Cette génération dorée vous laisse-t-elle sur votre faim ?

Sincèrement, oui. Car les joueurs ivoiriens, surtout la majorité de nos Académiciens, évoluent dans les meilleurs clubs d’Europe où ils sont également les meilleurs.

Que pensez-vous de l’équipe professionnelle de l’ASEC Mimosas ?

Nous avons eu de très grands joueurs à un moment donné. Avec eux, nous avons disputé trois demi-finales de la Ligue des champions en 1992, 1993 et 2002. Je n’oublierai pas la demi-finale de la Ligue des champions 2006 avec la génération Pascal THEAULT. Nous avons disputé une finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions, en 1995 et remporté la deuxième édition de la Ligue des champions, en 1998. Aujourd’hui, nous avons une équipe qui est une bonne relève des GADJI, KASSY, Ben Badi, KONATE, AKA, FALLET, GUEL, BADRA, SIE et autres. Mais la nouvelle génération de joueurs mimos et ses encadreurs techniques doivent avoir confiance en eux et de grands joueurs sortiront de leurs rangs.

Après 21 ans de construction aux côtés de Me Roger OUEGNIN, quel regard portez-vous sur l’ASEC Mimosas d’aujourd’hui ?

Quand on regarde Sol Béni, on se rend compte que Me Roger OUEGNIN, ses collaborateurs et le Groupe SIFCOM ont bâti quelque chose de merveilleux. Me Roger OUEGNIN s’est beaucoup battu pour mener son club à ce niveau. J’admire son courage, son abnégation, sa persévérance surtout dans les moments difficiles. Chaque fois que j’emmène des visiteurs à Sol Béni, ils sont émerveillés. Je le dis, Sol Béni est ce qu’il est grâce à l’abnégation de Me Roger OUEGNIN et au soutien du Groupe SIFCOM qui a contribué à l’achat de ce complexe sportif.

Président Jack BARBIER, que pouvez-vous dire pour conclure ?

Je voudrais remercier les actionnaires, dans leur grande majorité, pour leur soutien malgré la crise qui dure depuis une dizaine d’années. C’est pour cette raison que les stades de football ne se remplissent pas. Je souhaite que l’élection présidentielle, qui va se tenir le 31 octobre prochain, ramène la paix dans ce pays qui est aussi le mien depuis 40 ans et dont je suis un fils, puisque j’ai la nationalité ivoirienne.

Je profite de cette interview pour saluer la mémoire du Dr Lamine Alexis DJIBO, l’Administrateur délégué-Directeur Général de la SCI Sol Béni, décédé le dimanche 1er août dernier.

K. Ismaël

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