«Notre crédo,c’est la victoire»

Cinq ans après sa sélection chez les Eléphants en 2005 au Mans, en France, lors d’un certain Côte d’Ivoire -Roumanie, en amical, YEBOAH Daniel a retrouvé le Onze national à la faveur du Mondial 2010. Il dit y avoir vécu une expérience enrichissante. Interview.#

Comment s’est passé ton retour en équipe nationale à la faveur du Mondial 2010 ?

Ce fut un retour à la maison. Très rapidement, je me suis réadapté au travail et tout s’est passé quasi parfaitement.

Il se racontait que certains anciens dont Didier DROGBA ne voulaient pas de ta tête en sélection. La cohabitation s’est t-elle bien passé ?

J’ai aussi entendu cela. Mais ce n’était que pures affabulations. A dire vrai, tout le monde était content de me revoir. Didier et tous les autres joueurs n’ont manifesté le moindre signe de désamour à mon égard. Nous étions constamment ensemble, dans la bonne humeur. Il faut arrêter de médire sur des gens qu’on ne connaît pas.
Plus il y a la pression, plus nous devrons être forts. Notre crédo, c’est la victoire.

Comment as-tu vécu la concurrence avec Copa BARRY et ZOGBO Aristide ?

Une hiérarchie existait avant ma sélection. Copa est le N°1, ZOGBO Aristide, le N°2. Moi, j’étais-là pour tenter de bousculer cette hiérarchie-là.

Es-tu parvenu à le faire ? Les Actionnaires aimeraient savoir quel rang occupais-tu dans la hiérarchie des gardiens de but?

Le poste était bien hiérarchisé avec Copa BARRY comme N°1. Pour le second match contre le Brésil et contre la Corée du Nord, l’entraîneur des gardiens de but m’avait demandé de me tenir prêt et qu’à tout moment, je pouvais faire ma rentrée…Faut-il en deduire que j’étais le N°2 ?

Que retiens-tu de ton premier Mondial ?

Ce fut une expérience enrichissante. Un rendez-vous formidable du ballon rond et des matches sensationnels. Vivre ce grand moment de football dans la carrière d’un joueur est quelque chose de fabuleux. Après avoir cohabité avec les plus grands joueurs du monde, on n’a plus envie de s’arrêter en si bon chemin.

Le sélectionneur Sven Göran ERIKSSON était-il l’homme qu’il fallait aux Eléphants?

EriksSon était comme un père pour nous et un bon technicien doublé d’un très bon pédagogue. Comme tous les sélectionneurs que nous avons connus, il a su apporter sa touche à l’équipe nationale de Côte d’Ivoire.

T’attendais-tu franchement à ta sélection ? Si oui, pourquoi ?

La sélection est le couronnement d’un travail. J’ai accepté de revenir jouer en Côte d’Ivoire parce que j’étais excité par le challenge qui passait par le travail. Je me suis donc mis à la disposition de mon club; si au bout, il y a une reconnaissance qui me vaut une sélection, je ne peux qu’être heureux.

Ton titre de meilleur gardien de but de la saison 2009 y est-il pour beaucoup ?

Cette distinction est arrivée à point nommé. Etre élu meilleur gardien de but à l’issu d’un championnat de renom en Afrique subsaharienne, confère une sorte d’unanimité sur un talent. J’ai eu la chance d’avoir cette distinction à un moment capital du choix des joueurs devant représenter la Côte d’ivoire à la Coupe du monde 2010.

Du banc de touche, comment as-tu trouvé les Eléphants à ce mondial?

Cette équipe nationale avait quelque chose d’exceptionnelle que les précédentes n’avaient pas, de mon point de vue. Même du banc de touche, tous les joueurs étaient concernés par les matches. On était un bon groupe qui a manqué de réussite notamment dans le second match contre le Brésil.

Comment vois-tu ton avenir avec les Eléphants ?

C’est peu que de dire que cet avenir dépendra de mon travail en club. Car je ne peux pas moi-même décider de mon maintien en sélection. Je suis très heureux de renouer avec la sélection, je sais ce qu’il faut faire pour y rester longtemps.

Le changement probable de sélectionneur ne t’inquiète-t-il pas ?

Je ne connaissais pas le coach ERIKSSON quand il arrivait en Côte d’Ivoire. Il s’est renseigné sur moi et m’a sélectionné. Son successeur en fera autant. Moi, je continuerai à travailler pour séduire le nouveau sélectionneur. Seul le travail paie.

Comment as-tu vécu la mise à l’écart de ton coéquipier ANGBAN Vincent de Paul à la suite du dernier stage en Suisse ?

On a souvent l’habitude de dire que notre métier de gardien de but est ingrat. Sur la liste des 23, les gardiens n’avaient que trois places pour 20 joueurs de champs. Nous savions qu’un d’entre nous sortirait du groupe. Ce fut De Paul. Pour lui, comme pour tous les joueurs qui ont été recalés, nous étions bien tristes.

A peine rentré du Mondial, tu es retourné en Afrique du Sud pour dit-on, signer avec un club. Comment les choses sont-elles allées aussi vite ? Comment ses contacts ont-ils été établis ?

J’étais dans le viseur des dirigeants du club Amazulu. L’entraîneur et le président m’avaient approché quand nous étions en Afrique du Sud. L’affaire était en voie d’être conclue quand l’entraîneur a été débarqué. Le nouvel entraîneur qui a pris les rênes de l’équipe a voulu me voir à l’œuvre. C’est la raison pour laquelle, je suis retourné en Afrique du Sud, grâce au fils d’ERIKSSON qui est un agent de joueur et un autre agent que je connais bien.

Que s’est-il passé pour qu’on te revoie à Abidjan au bout de deux semaines ?

Je travaille pour atteindre le sommet. Je dois viser plus haut en quittant l’ASEC Mimosas. Ce serait un manque d’ambition pour moi de m’engager avec un club d’un niveau inférieur à l’ASEC Mimosas. J’ai préféré revenir et me mettre au travail pour aller de l’avant.

Un journal de la place a parlé d’échec dû à ton indiscipline ou à ton inconduite…

C’est aberrant qu’un journal sérieux écrive de telles contrevérités. Je m’inscris en faux contre les écrits du journaliste qui a donné plutôt dans l’intox.

Quelle suite comptes-tu donner à cette affaire ?

J’appartiens à un club bien structuré. Le président Roger OUEGNIN sait que son joueur a été diffamé. S’il se saisit de l’affaire, il saura quelle suite lui donner. Je lui fais entièrement confiance.

Pourquoi tant de démêlés avec les gens?

On veut me présenter comme quelqu’un d’invivable, d’incorrigible. Je pense qu’avant de parler d’une personne, il faut la connaître. Je n’ai jamais eu de problème avec ceux qui me connaissent.

YEBOAH Daniel est-il un rebelle ou un incompris ?

(Rires). Moi un rebelle ? Non, je ne le suis pas. Incompris ? Peut-être. Mais plutôt, caractériel. Un gardien de but doit avoir de la personnalité. La mienne est peut-être trop forte, au goût des gens.

Parlons de championnat. Comment revois-tu ton retour dans les affaires locales ?

Je reprends le travail là où je l’avais laissé avant d’aller au mondial. En tout cas, je retrouve les affaires locales dans le but de terminer en beauté.
Si la mission s’annonce difficile, elle n’est pas impossible. Nous nous attellerons à nous battre comme on sait le faire.

L’ASEC Mimosas ne compte plus que 2 points sur son dauphin qui est le Stella, pour toi, la suite se passera t-elle bien ?

Cette pression ne m’effraie pas. Plus il y a la pression, plus nous devrons être forts. Notre crédo, c’est la victoire. Nous devons engranger les points journée après journée. Nous, joueurs de l’ASEC Mimosas, sommes prévenus, nous aurons les derniers matches pour prouver notre valeur et sauver notre saison. Il faut rester concentré pour ne pas avoir de regrets. C’est à ce prix que le titre sera à nous, à nouveau.

Quel serait ton apport dans la conquête du titre?

Le groupe Mimos rêve de conserver son titre sur une bonne dynamique. Tous, nous nous inscrivons dans ce dynamisme, sans exception. Si la mission s’annonce difficile, elle n’est pas impossible. Nous nous attellerons à nous battre comme on sait le faire.

Mot de fin ?

Je remercie tous ceux qui ont cru en moi et continuent à le faire. En première ligne, je n’oublie pas le Président Roger OUEGNIN et le président Jacques ANOUMA qui ont contribué à mon retour en Côte d’Ivoire, ce qui me permet de retrouver une seconde jeunesse.

Interview réalisée par D. Clément

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