L’Oraison funèbre de Francis Ouégnin

Avec Lamine DJIBO, une liste a tendance à s’allonger, affreusement, funestement chez nous, à l’ASEC Mimosas. Avec Lamine, on en reste un peu anesthésié. Comme un boxeur qui reçoit un fâcheux contre, et qui hésite quelques secondes entre réagir ou s’effondrer, nous sommes un peu groggy. Mais Roger a raison. En tant que PCA, il a tout de suite réagi dans notre journal : « La mort ne doit pas avoir le dernier mot sur la famille ASEC Mimosas ». C’est pourquoi nous devons, et nous allons nous secouer, pour repartir, pour continuer de bâtir la maison jaune et noir.#

Lamine, c’est le chantier que tu nous laisses. C’est cela, que tu exiges de nous en partant.

Partir ! partir est dans l’ordre des choses ; je veux dire dans la nature humaine. C’est quelqu’un qui a dit, dans un esprit de pure philosophie : « la vie est une aventure dont personne ne sort vivant ». Mais partir comme tu pars, Lamine, tu n’as pas idée. Mais si . . . ma raison s’égare, et il y a de quoi. Tu as parfaitement idée de l’effet de ton départ ; de cette façon dont tu pars.
Tu es l’exemple du bien faire tout et de la passion mesurée

Mais c’est dans ton style à toi, que chacun fasse sa part et assume ses faits et gestes. En partant, tu sais que chacun d’entre nous, dans la famille, entretient une parfaite conscience de son devoir envers l’ASEC Mimosas. Tu nous as fait une éloquente démonstration des devoirs qui ont été les tiens. Roger rappelle dans le livre qu’il a co-écrit avec son associé, le rôle-clef que tu as joué, dans l’impulsion du projet qu’est aujourd’hui Sol Béni. En tant qu’administrateur de l’ASEC Mimosas, tu as été, du jour au lendemain, de plain pied avec les affaires du club. Quand tu es devenu président de la Section football, il a été subitement impossible de t’imaginer à un autre poste. Tu avais chaussé la fonction comme on enfile un gant. Puis, tu es passé Administrateur délégué-Directeur général de la SCI Sol Béni, et on s’est alors demandé ce que tu faisais ailleurs, à un autre poste.

Dans toutes ces fonctions, Lamine, tu as donné l’exemple du bien faire tout, de la passion mesurée qui produit l’efficacité, de la persévérance qui frise l’entêtement. Voilà ce que tu lègues au moment où tu pars. Tu as raison Lamine, tu peux partir tranquille, puisqu’il faut partir. Ton œuvre et ton exemple, serviront encore et toujours l’ASEC Mimosas, ta seconde famille. Elle ne t’oubliera jamais.

Elle ne saurait non plus oublier ton épouse et tes enfants. De N’Deye, l’ASEC a bénéficié de l’appui discret mais concret, parce qu’elle te soutenait dans ta tâche, et même, par une subtile implication de sa part, en faveur du club, ce vaste chantier de son époux. Elle avait pris conscience du poids de ta tâche, et mesuré celui de la responsabilité. Quant à Mariétou, Shaïda et Kenza, tes petites princesses, elles n’ont rien trouvé à redire sur les activités de leur papa, au service de l’ASEC. Notre club leur doit cela. A toutes les quatre, l’ASEC demeurera reconnaissante.

Chère N’Deye et chers enfants, dans notre admiration pour votre élégance dans la douleur, que seule peut obtenir la foi, nous invoquons le Très Haut, pour qu’Il vous soutienne toujours de sa miséricorde infinie.

Mais, mon Dieu, Lamine, quel départ tout de même !

Adieu cher frère, adieu Lams

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