« Il faut continuer à se battre »

Francis OUEGNIN, le Président Délégué et Président de la section football de l’ASEC Mimosas, n’est pas content du comportement de certains joueurs mimosas. Mais il pense que l’ASEC Mimosas possède les arguments pour conserver son titre de champion de Côte d’Ivoire. Sur ce point, en tout cas, il se veut rassurant. Interview.#

Monsieur le Président, les Actionnaires ont été peinés par l’élimination de l’ASEC Mimosas par l’Africa Sports, en quarts de finale de la Coupe nationale. Ils sont davantage inquiets au regard de la récente baisse de régime de l’équipe professionnelle et de l’équipe réserve dans leur championnat respectif. Y a-t-il le feu à la maison ?
Le feu à la maison ? Non, je ne le crois pas. Il n’y a pas péril en la demeure. Ici, il suffit que l’équipe peine un peu pour qu’on pense à la catastrophe. Il est vrai que notre équipe a mal joué contre l’Africa en quarts de finale de la Coupe nationale. L’Africa avait mieux préparé ce match et il nous avait dominés tactiquement comme physiquement. Mais c’était un match de Coupe et dans cette compétition, il arrive que des équipes moins loties éliminent des équipes de gros calibres. Les Actionnaires ne devraient pas s’en inquiéter outre mesure. Il reste encore dix journées de championnat. C’est là qu’ils devraient nous juger. On va s’accrocher pour être champion.

Les dirigeants ne restons pas inactifs devant les difficultés actuelles de notre équipe.

Quant à l’équipe réserve, le fait qu’elle ne soit plus sous la responsabilité de l’entraîneur principal et de ses adjoints, il y a problème. Le mal vient de là. En 2008 et en 2009, c’étaient les garçons de l’équipe professionnelle qui ne jouaient pas qui évoluaient en équipe réserve. Et celle-ci avait remporté les deux premières éditions de son championnat. Aujourd’hui, cette équipe réserve est confiée au Directeur Général de l’Académie MimoSifcom sur décision du PCA de l’ASEC Mimosas. Il y a un nouvel encadrement technique qui s’occupe d’elle et ces techniciens découvrent des joueurs de l’équipe professionnelle. Mais, c’est le choix de notre PCA de confier cette équipe à l’Académie MimoSifcom.

Certains Actionnaires se demandent ce que font les responsables pendant que l’équipe sombre ?
Je peux vous assurer que nous les dirigeants ne restons pas inactifs devant les difficultés actuelles de notre équipe. On essaie de trouver les remèdes, on essaie de motiver les joueurs, on essaie de ne pas faiblir parce que ce n’est pas opportun. Rien n’est perdu. Et nous trouverons les solutions pour sortir notre équipe de cette mauvaise passe.

Les joueurs ont promis de se racheter pour la suite du championnat. Pour moi, c’est le plus important.
D’autres encore se demandaient récemment sur le site internet du club si vous, Francis OUEGNIN, Président charismatique de la section football, avez toujours votre fougue d’antan pour secouer les joueurs et les amener à se ressaisir. Que pouvez-vous répondre à ceux-là ?
Ceux qui se posent cette question ne me connaissent pas. Je n’ai pas changé. Je ne flatte pas les joueurs. Je reste l’animateur de la section football de l’ASEC Mimosas que les Actionnaires ont toujours connu. Je ne suis pas l’entraîneur et je ne m’immisce pas dans le classement, mais je donne toujours mon avis. Quand je constate des anomalies dans le jeu de l’équipe, quand je ne suis pas satisfait, les joueurs et leurs encadreurs m’entendent tous dans les vestiaires. Sur ce point, que les Actionnaires se rassurent. Mais les joueurs ont promis de se racheter pour la suite du championnat. Pour moi, c’est le plus important.

Pour beaucoup d’autres Actionnaires, les joueurs actuels de l’ASEC Mimosas manquent d’ambitions et ne mettent pas le cœur à l’ouvrage. Est-ce exact ?
Je ne pense pas que nos joueurs n’ont pas le cœur à l’ASEC Mimosas ou qu’ils manquent d’ambition. Je pense plutôt qu’il est très difficile de jouer à l’ASEC surtout pour des joueurs qui ne sont pas très forts mentalement. C’est vrai qu’on ne leur donne pas souvent assez de temps d’adaptation et d’intégration parce que nous sommes un club à forte pression. Nous-mêmes les dirigeants subissons une forte pression que nous répercutons sur les joueurs pour les inciter à être performants. Malheureusement, certains garçons ne supportent pas cela parce qu’ils ne sont pas habitués à ce genre de situation. Ce qui fait qu’ils mettent du temps à retrouver leur rythme. C’est le cas de SERI Jean Michael qui commence à mieux s’exprimer. Maxime GOUAMENE a finalement trouvé la position idéale de ce joueur sur le terrain et ce dernier est en train de donner la pleine mesure de son talent. Je vous rassure que nos joueurs ne manquent ni d’ambition ni de motivation. S’ils peinent à retrouver leurs marques chez nous, c’est tout simplement parce que l’ASEC Mimosas est un club très difficile.

Que faites-vous pour motiver vos joueurs ?
Nos joueurs font leur métier. Ce sont des professionnels. On ne peut pas être tout le temps à leurs trousses. Ceux qui ne sont pas à la hauteur seront écartés. Si le club leur doit de l’argent, vous verrez qu’ils vont le réclamer avec fracas. Ils ont donc des obligations vis-à-vis de l’ASEC Mimosas. Je leur parle. Mais c’est leur motivation personnelle et leur conscience professionnelle qui doivent primer. Nous faisons tout pour les mettre dans les meilleures conditions possibles. Quand j’entends des dirigeants d’autres clubs déclarer que leurs joueurs perçoivent les plus gros salaires et les plus grosses primes, je vous dis de demander à nos joueurs ce qu’ils gagnent et vous saurez la vérité. Le problème de l’ASEC est une question de mental et de talent. Avons-nous les joueurs qui possèdent ces qualités essentielles ? Car ne venait pas à l’ASEC qui voulait. Malheureusement, aujourd’hui, nous n’avons pas le choix. Les meilleurs jeunes émigrent très tôt vers l’Europe ou l’Asie.

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Quand on me parle de l’Académie MimoSifcom, je me souviens qu’à l’époque, nous étions les précurseurs dans le domaine de la formation de pointe. Tout le monde nous envoyait les meilleurs jeunes. Mais aujourd’hui, n’importe qui s’érige en formateur. Il faut donc aller chercher les jeunes talents. Ce qui fait que nous avons beaucoup de difficultés aujourd’hui. Cela dit, je reconnais que la formation a été bâclée, ces dernières années. On attend beaucoup aujourd’hui de Walter AMMANN. J’espère qu’il va nous apporter ce que nous attendons. Je suis même pressé de voir ses produits.

Le mercredi 21 juillet dernier, à 3h13 du matin, Auguste KYD, un Actionnaire qui n’arrivait pas à dormir parce que peiné par le nul de l’ASEC face au Sabé se demandait sur le site Internet du club pourquoi de bons joueurs et des bons buteurs que l’ASEC recrute sombrent, mais retrouvent leurs sensations une fois repartis dans d’autres clubs ?

Je vais être très franc et très direct avec vous. Je pense que ces joueurs dont vous venez de parler ont très peu d’avenir dans le milieu professionnel. Parce que s’ils n’arrivent pas à s’imposer à l’ASEC, ils ne réussiront jamais en Europe. Car là-bas, la pression et la concurrence sont impitoyables. Ces joueurs-là se sentent à l’aise dans des clubs de seconde zone où la pression moindre. Je pense que leur vraie place est là-bas.

Le même internaute se demande si les joueurs sont bien utilisés à l’ASEC Mimosas. Qu’en pensez-vous, Monsieur le Président ?
C’est un faux problème. Quand on fait venir un joueur, c’est pour le faire jouer à son poste habituel. C’est parce que tout simplement, ces joueurs qui brillent ailleurs et pas à l’ASEC Mimosas sont faibles mentalement. Tout est une question de mental. Le football est un métier très difficile et il faut être très fort dans la tête pour réussir. Demandez aux anciens Académiciens qui brillent aujourd’hui en Europe comment les choses se passent là-bas. Ceux qui s’en sortent parmi eux ont fait de gros efforts sur ce plan parce qu’ils n’avaient pas le choix. A leur sortie de l’Académie MimoSifcom, ils n’étaient pas des compétiteurs. Mais, c’est dans le milieu professionnel, en Europe, qu’ils se sont aguerris. Je n’ai aucune pitié pour les joueurs qui n’aiment pas souffrir pour se distinguer. On n’a pas besoin de ce genre de petit joueur à l’ASEC Mimosas.

Ne manque-t-il pas aussi à l’ASEC un véritable patron qui serait le dépositaire du jeu de l’équipe ?
C’est aussi vrai. On n’a pas de joueurs de la trempe de GADJI Céli, de GUEL Tchiressoua, de BADRA Aliou. On a des capitaines, mais pas de leaders capables de tirer le groupe vers le haut. Nous déplorons cela.

Pensez-vous que l’ASEC mimosas peut conserver son titre de champion de Côte d’Ivoire ?

Je peux vous assurer que nous serons champions, mais ce sera difficile. Et l’année prochaine, Me Roger OUEGNIN sortira une équipe compétitive. Il travaille déjà sur ce projet.

Je demande à nos joueurs de se ressaisir pour terminer en beauté les dix journées qui nous restent.
Que pouvez-vous dire à votre public ?
Je comprends les Actionnaires quand ils se plaignent. Mais je ne comprends pas pourquoi ils ne viennent pas au stade. Après tout le travail que Me KONE Mamadou a fait et continue de faire, on ne sait plus quoi leur dire pour qu’ils viennent au stade. Nous nous battrons avec ou sans eux pour conserver notre titre de champion. C’est malgré moi que je dis cela. Quand on me dit que l’ASEC ne gagne pas, ce n’est pas vrai. Nous sommes champions en titre et nous sommes leaders du championnat à dix journées de la fin.

Votre mot de fin, Monsieur le Président ?
Je vais m’adresser à mes joueurs. Ils savent que je ne leur mens jamais. C’est vrai que nous sommes éliminés de la Coupe nationale, mais je préfère gagner le championnat national que la Coupe nationale. Il y a plus de mérite à gagner la L1 que la Coupe nationale. Je demande à nos joueurs de se ressaisir pour terminer en beauté les dix journées qui nous restent. On va être à leurs côtés, on va les secouer continuellement pour arriver à nos fins.

K. Ismaël. & A. Malolo (photos)

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