« Dieu a un autre plan pour moi »

Après la publication de la liste des 30 joueurs ivoiriens présélectionnés par Sven-Göran ERIKSSON pour le Mondial 2010, les supputations allaient bon train pour savoir les 7 têtes qui allaient tomber au moment de rendre publique la liste des 23 élus. Si pour les joueurs de champ, cela semblait aisé, ce n’était pas le cas chez les gardiens de but. Sur les quatre présélectionnés, Copa BARRY, ZOGBO Aristide, ANGBAN Vincent de Paul et YEBOAH Daniel, un seul devait plier bagage.#
Laurent SPINOSI, l’entraîneur des gardiens de but de la sélection ivoirienne embarrassé dans le choix des gardiens, déclarait sur le site de la FIF : « Je suis satisfait du travail effectué … () Je trouve qu’il y a énormément de qualité et c’est vraiment un plaisir d’arriver tous les jours sur le terrain et de leur proposer du travail, parce qu’il y a du répondant. Ils sont toujours à l’écoute. Je les trouve super ». Obligé de faire un choix, SPINOSI avouait : «C’est le côté difficile du travail !…. C’est sûr que si les choses pouvaient rester en l’état, cela me faciliterait la tâche. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Alors, avec le staff technique on prendra une décision. Ce sera difficile parce que ce sont de bons gars que j’apprécie… Mon seul souci, c’est de me séparer de l’un des gardiens de but présélectionnés ». Il y avait de fortes chances que ce soit l’un des deux gardiens locaux de l’ASEC Mimosas. Après deux semaines de stage en Suisse, le verdict est tombé : ANGBAN Vincent n’ira pas au Mondial.
Comment le gardien de l’ASEC Mimosas a-t-il vécu cette expérience avant, pendant et après ? Lisez.

PRESELECTION DANS LES 30
« Avant la publication de la liste des présélectionnés, j’étais d’abord à la disposition de mon club, l’ASEC Mimosas où je n’ai pas chômé car il y a du travail. Ma sélection n’est pas une surprise en soi. Plutôt un honneur pour le joueur local que je suis. Pour moi, cela représentait un gros challenge. J’ai voulu saisir cette opportunité pour être parmi les 23 et lutter pour figurer sur la liste des onze entrants ».

PREPARATION A MONTREUX ET A GSTAAD
« Nous avons débuté la préparation à Montreux avec 12 joueurs. Le reste du contingent est arrivé après. Tout se passait bien. Tous les joueurs s’y mettaient à cœur joie avec sérieux et rigueur. Chacun voulant taper dans l’œil du staff qui découvrait beaucoup d’entre nous. La concurrence était rude entre les quatre gardiens. J’avais toujours foi en moi jusqu’au dernier jour, convaincu que je figurerais dans la liste des 23 »

ATTENTE DE LA LISTE DES 23
« C’était la psychose généralisée. Comment se donner à fond aux entraînements et ne pas se blesser ? Un dilemme. Copa BARRY était bien parti pour garder les perches de la sélection. Il est titulaire au poste depuis 10 ans. ZOGBO Aristide qui évolue en Israël avait des avantages. Il ne restait plus que mon coéquipier en club, YEBOAH Daniel et moi. On s’est battu tous les deux comme on le pouvait, mais les choses ont tourné autrement pour moi ».

MISE A L’ECART
« J’étais bien dans ma peau jusque-là. La veille de la publication de la liste des 23, le sélectionneur a fait un discours devant tous les joueurs pour dire qu’il dévoilera la fameuse liste le lendemain à 10h45. Toute la soirée, on était dans l’anxiété. Ma nuit a été personnellement longue. Le jour « J » le téléphone sonne dans ma chambre. Mon voisin ANGOUA Brou décroche et m’apprend que le coach veut nous voir dans la salle de réunion. Aussitôt dit, aussitôt fait. On se retrouve à huit joueurs dans la salle. ANGOUA Brou est prié de regagner la chambre. Nous réalisons que nous sommes les sept recalés. Sur le champ, j’étais bouleversé après avoir tout donné. La surprise fut grande. Mais j’ai pris courage et j’ai accepté la décision. En chambre, mon voisin a trouvé les mots justes pour me remonter. J’ai appelé aussitôt mon épouse et quelques membres de ma famille. Ils étaient tous sous le choc. J’ai dit à tous:  »acceptons, sans doute que Dieu à un autre plan pour moi » ».

DEPART DE SUISSE
« C’était très difficile de quitter mes amis sur le champ de bataille. Il fallait rentrer sur Abidjan. Mais avant, le président Sory DIABATE est venu dans ma chambre, me tenir des mots de réconfort. Le même jour, mardi 1er juin 2010, j’ai pris ma valise pour Paris où je suis arrivé à 15h20. Le lendemain, j’ai quitté la capitale française pour atterrir à Abidjan à 18h30».

ARRIVEE A ABIDJAN
« A l’accueil, le mercredi 2 juin 2010, à l’aéroport international Félix HOUPHOUET-BOIGNY, mon épouse et ma mère étaient inconsolables. Il a fallu user de beaucoup de tact pour les consoler. Quand j’ai appelé le coach Maxime GOUAMENE, il m’a demandé de reprendre les entraînements le lendemain. Je n’ai pas hésité à rejoindre mes coéquipiers à Sol Béni, le jeudi matin, afin de renouer avec le travail que j’ai laissé derrière moi ».

Par D. Clément

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