« On aura notre mot à dire dans cette Ligue 1»

Seul joueur évoluant dans le championnat ivoirien à avoir été sélectionné en équipe nationale pour les phases finales de la CAN 2010, ANGBAN Vincent de Paul nous parle de cette première expérience au plan personnel, mais également de ses ambitions et de ses espoirs aussi bien avec l’ASEC Mimosas, son club, qu’avec les Eléphants de Côte d’Ivoire. Interview.

Tu étais le seul joueur du championnat ivoirien sélectionné pour les phases finales de la CAN 2010, en Angola. Qu’est-ce que cela représente pour toi?

C’est d’abord une satisfaction et une fierté pour moi. Cela veut dire ensuite qu’il existe de bons joueurs dans les clubs ivoiriens et dans nos compétitions locales.# C’est enfin une bonne chose pour les joueurs évoluant au pays. Cela veut dire qu’il ne faut pas désespérer en pensant que tant qu’on joue en Côte d’Ivoire, on ne peut pas être sélectionné chez les Eléphants A.

N’est-ce pas parce que tu es un gardien de but que tu as eu cette chance ?
Je ne suis pas le seul gardien de but évoluant au pays et il existe d’autres bons joueurs ivoiriens évoluant au même poste que moi, en Europe, qui n’ont pas été sélectionnés. C’est vrai qu’on peut parler de chance, mais je pense quand même avoir mérité cette sélection grâce à mes qualités et à mes performances dans mon club.

Qu’as-tu tiré de cette première participation à une CAN, au plan personnel ?
Ce fut un plaisir pour moi de participer à ma première CAN, d’apprendre auprès d’un gardien comme Copa BARRY et de me retrouver au milieu de joueurs comme Didier DROGBA, Kolo TOURE, Yaya TOURE, Salomon KALOU et autres. Ce fut aussi une expérience douloureuse après notre élimination en quarts de finale par l’Algérie. J’ai appris que pour s’imposer au plus haut niveau, il faut être très costaud au plan mental. J’ai aussi remarqué qu’il est important à ce niveau que les plus anciens et les stars de l’équipe conseillent et motivent les nouveaux et les plus jeunes comme le faisaient Didier, Kolo, Maestro, Copa et les autres.

Finalement, que ressens-tu après être resté sur le banc lors des trois matches disputés par les Eléphants, durant cette CAN ?
Etre sur le banc ne veut pas forcément dire qu’on est mauvais. Il faut savoir attendre son heure. Hier, Copa BARRY était le numéro deux de TIZIE Jean-Jacques. Aujourd’hui, il est le numéro un à ce poste, chez les Eléphants. Je ne ressens aucune frustration, mais plutôt la satisfaction d’avoir été à cette CAN pour apprendre.

La Côte d’Ivoire est tombée en quarts de finale face à l’Algérie alors qu’elle possédait les atouts pour se qualifier. Qu’est-ce qui n’a pas marché, ce jour-là ?
Ce match Côte d’Ivoire-Algérie n’était qu’une partie de football avec ses incertitudes, ses impondérables. On était motivés pour gagner cette rencontre. On a donné le maximum. Malheureusement, les événements n’ont pas évolué en notre faveur. C’est le sport. Il faut savoir accepter les victoires et les défaites. Et là, c’étaient nous les perdants. Il faut l’accepter et en tirer les leçons.

Sais-tu qu’en plus de l’élimination, les Ivoiriens ont été déçus par les prestations des Eléphants, à cette CAN ?
Je pense que dans une compétition, la manière importe moins que le résultat. L’Egypte a su concilier le beau jeu à l’efficacité et sa victoire à cette CAN est des plus logiques. Mais ce n’est pas toujours l’équipe qui produit le meilleur football qui est sacrée championne. Je ne pense pas que nous avons mal joué. On a bien joué contre le Burkina Faso, lors de notre premier match. On avait seulement manqué de réalisme. Contre le Ghana, on a été plus efficace et on a gagné. Contre l’Algérie, les observateurs ont reconnu que ce match fut d’un niveau mondial. Mais on n’était pas dans un bon jour et on a manqué de réussite. Cela est courant en football.

Faut-il croire en cette équipe pour le prochain mondial ?
Pourquoi pas ? Il n’y a pas de logique en football. Ce n’est pas parce qu’on a fait une mauvaise CAN qu’on fera une mauvaise Coupe du monde. Les Eléphants ont besoin d’encouragements. Et qui sait ce qu’on fera quand on sera en bien meilleure forme, lors de la prochaine Coupe du monde ?

Cette échéance fait-elle partie de tes objectifs ?
Oui et l’un des plus importants de la saison, au plan personnel, avec la Ligue des champions de la CAF et la Ligue 1 ivoirienne. Participer à une Coupe du monde est le rêve de tous les joueurs. C’est une belle vitrine et une belle occasion de se frotter à la crème du football mondial. Ce sera pour moi un réel bonheur de participer au prochain mondial.

Parlons maintenant de l’ASEC Mimosas. Comment expliques-tu le début de saison difficile de votre groupe ?
C’est un faux départ. Mais j’espère qu’avec la victoire de la semaine dernière, les choses vont bien se passer pour nous. On va continuer de travailler pour redresser la situation.

Penses-tu que l’ASEC peut redresser la situation ?
On a perdu deux matches, mais il ne faut rien exagérer. Rien n’est encore fait. On aura notre mot à dire dans cette Ligue 1.

N’as-tu pas des appréhensions pour la Ligue des champions qui va bientôt commencer pour vous ?
Il ne faut pas brûler les étapes. On va y aller doucement. Travailler pour retrouver notre meilleur niveau, nous repositionner en L1 et affronter la Ligue des champions avec sérénité. Il faut croire en nous.

Ton mot de fin ?
Je demande à nos dirigeants et à nos supporters de continuer de croire en nous et de nous soutenir. Nous ferons tout pour redresser la situation en Ligue 1, et leur faire plaisir en Ligue des champions, en réussissant un bon parcours. Aux Ivoiriens, je demande de continuer à croire en leur équipe nationale qui voudra se racheter lors du prochain mondial et à la CAN 2012, au Gabon et en Guinée Equatoriale.

Interview réalisée par K. Ismaël.

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