Yéboah Daniel : « J’ai mûri …»

Élu meilleur gardien de but de la Ligue 1 ivoirienne 2009, Daniel YEBOAH lève le voile sur ses ambitions futures avec l’ASEC Mimosas et les Éléphants de Côte d’Ivoire.

– Tu as été élu meilleur joueur de la Ligue 1 ivoirienne 2009. Que représente cette distinction pour toi ?

– C’est à la fois une grande satisfaction et une grande motivation pour moi. C’est surtout un encouragement à persévérer dans le travail pour aller de l’avant. Ce genre de distinction est très important pour un gardien de but. Le titre de meilleur gardien de but 2009 me permet d’apprécier les efforts consentis, mais surtout de savoir à quel niveau je me trouve aujourd’hui.#

– T’attendais-tu à décrocher une telle distinction quand tu es revenu relancer ta carrière, à l’ASEC Mimosas, en 2008 ?

-Pas vraiment, pour être sincère, même si j’étais convaincu de rebondir à l’ASEC Mimosas. J’étais, effectivement, revenu au pays pour relancer ma carrière. Et cela signifiait, pour moi, retrouver très vite mon meilleur niveau et le football de haut niveau. Je voulais devenir très rapidement l’un des meilleurs gardiens de but ivoiriens et africains. J’ai travaillé dur pendant deux ans. Et cette distinction est arrivée à la fin de la deuxième année pour couronner mes efforts, mais aussi comme un encouragement, comme je l’ai dit tantôt.

– Quelles sont les difficultés que tu as dû surmonter pour obtenir, aujourd’hui, cette distinction ?

– Il y a eu d’abord la concurrence à l’ASEC Mimosas. Cela n’a pas été facile. J’ai trouvé sur place trois bons gardiens comme N’GBOCHO Guy Serge Patrick, ANGBAN Vincent de Paul et BALBONE Arouna. Il m’a fallu travailler d’arrache-pied pour mériter la confiance de l’entraîneur. Il y a eu aussi un problème d’adaptation sur le plan de la mentalité et de l’environnement. J’étais parti très jeune en Europe. Heureusement que l’ASEC Mimosas est un club professionnel. Grâce à cela, mon intégration a été facile et rapide.

– Quelles sont à présent tes ambitions immédiates et lointaines ?

– Mon ambition immédiate, c’est de retrouver ma place en équipe nationale et d’évoluer dans un championnat de haut niveau européen.

– Comment expliques-tu que le meilleur gardien de but ivoirien que tu es ne sois pas appelé en équipe nationale pour participer à la CAN ?

– Je ne vois pas d’autres explications que celle du choix de l’entraîneur. Il avait l’embarras du choix et il a choisi. Malheureusement pour moi, je n’ai pas fait partie des gardiens de but qui ont été appelés.

– Te sens-tu frustré ?

– Quelque part oui. Quand on donne beaucoup pour faire partie des meilleurs et que les efforts consentis ne sont pas encouragés par une sélection qu’on aurait méritée, on se sent quand même frustré. Mais je continuerai de travailler pour mériter la confiance du sélectionneur national.

– D’aucuns disent que les différents sélectionneurs ne t’appellent pas parce que tu as un mauvais caractère. Qu’en dis-tu ?

– J’ai commis des erreurs de jeunesse que je ne peux plus commettre aujourd’hui. J’ai connu une ascension fulgurante très jeune. Je suis partie pour l’Europe à l’âge de 16 ans où j’avais intégré le centre de formation du Sporting Club de Bastia. J’ai été élevé dans un environnement et une mentalité différents de ce qui existe en Afrique. Forcément, quand on revient au pays, on a une mentalité et un comportement différents. Mais je le répète, j’ai mûri et mon retour au pays m’a permis de comprendre beaucoup de choses. Je ne commettrai plus les mêmes erreurs que quand j’avais dix-neuf ans.

-Tu as parlé de l’équipe nationale et d’une carrière professionnelle sans parler de la prochaine campagne africaine de l’ASEC Mimosas, à laquelle tu participeras. Pourquoi ?

– Pour moi c’est quelque chose d’évident vu que je suis toujours à l’ASEC Mimosas. La Ligue des Champions de la CAF reste pour moi, comme pour le club, la grande priorité de la saison. Vient ensuite la Ligue 1. on a un bon groupe. Il faut continuer à travailler pour progresser et atteindre la forme optimale. A partir de là, on pourra espérer faire une bonne campagne en Ligue des champions. Notre groupe a été renforcé. Les nouveaux sont en train de travailler pour s’adapter à notre manière de jouer. Après le tournoi FHB, les matches de la Ligue 1 nous permettront de retrouver la cohésion dans le jeu pour bien aborder la Ligue des champions.

– Que représente pour toi le tournoi FHB que l’ASEC Mimosas vient de remporter ?
– C’est important pour le palmarès de chaque joueur et pour celui du club. Ensuite il est également important de bien commencer la saison par un trophée. Cela permet de bien aborder les compétitions suivantes.

– Que penses-tu des chances de l’ASEC Mimosas, en Ligue des champions 2010 ?

– Ce ne sera pas facile. Mais on devrait faire mieux que l’année dernière. On a des joueurs de qualité qui ont déjà participé à cette compétition. On a beaucoup d’expérience. En plus, on a un entraîneur qui nous permet de mieux nous exprimer sur le terrain et qui connaît les exigences de la Ligue des champions pour l’avoir pratiquée pendant plusieurs saisons et surtout de l’avoir remportée comme joueur, en 1998.

– Et la Ligue 1 ?

– Il va falloir confirmer notre victoire de l’année dernière. Je ne cache pas que cela va être très difficile. Mais on a les ressources pour la remporter.

– Quel est ton mot de fin ?

– Je demande aux supporters de venir nous soutenir beaucoup plus que l’année dernière. On a besoin d’eux pour nous encourager à devenir les meilleurs. Je souhaite qu’ils nous soutiennent, cette saison, quoi qu’il arrive. Je souhaite une bonne et heureuse année à toute la famille ASEC Mimosas et à tous les sportifs de Côte d’Ivoire et du monde entier.

Interview réalisée par K. Ismaël.

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