« Nous devons faire mieux en 2010 »

S’il est content du titre de champion de Côte d’Ivoire reconquis en 2009, Maxime GOUAMENE, l’entraîneur principal de l’ASEC Mimosas est encore plus fier du nouvel état d’esprit de son groupe grâce auquel, l’ASEC Mimosas devrait faire mieux, la saison prochaine. Pour lui, 2010 devrait être une année de joie immense pour son club avec le soutien massif des Actionnaires.#

Sur le site Internet de l’ASEC Mimosas, vous avez jugé positif votre bilan à la tête de l’encadrement technique de l’ASEC Mimosas. Hormis le titre de champion de Côte d’Ivoire, qu’est-ce qui vous a particulièrement marqué, cette saison ?
Un entraîneur ne peut qu’être heureux lorsqu’il gagne le championnat national et cela reste une satisfaction par rapport à tout ce que l’on a fait pendant l’année. Mais en plus de cela, je suis satisfait d’avoir réussi à changer l’état d’esprit des joueurs, en les amenant à être conquérants, c’est-à-dire à se faire respecter par leurs adversaires, à mouiller le maillot, à savoir aller chercher les victoires là où, quelques mois auparavant, on aurait accepté de jouer le match nul. Sinon, pour moi, gagner le titre de champion de Côte d’Ivoire seulement ne peut pas me rendre aussi heureux que ça. Parce que n’importe quel entraîneur qui travaille pour l’ASEC se doit de le gagner, vu les moyens que le club met à sa disposition, et vous savez de quoi je parle.

Vous avez pris une équipe avec un moral en berne et vous avez réussi à redresser la barre. Comment avez-vous procédé pour redonner une âme à votre groupe et à relever le challenge du championnat national de L1 ?
J’ai demandé à mes joueurs d’être beaucoup plus ambitieux pour leur propre carrière, sinon ils joueront pendant 10 ans sans progresser et sans se faire remarquer. Je leur ai demandé de respecter et de faire respecter les couleurs du club, en étant plus conquérants comme je l’ai dit plus haut. Il n’a fallu que cela pour les galvaniser, parce que ce sont des garçons qui ont d’énormes qualités pour former un collectif capable de tout remporter au niveau national, et ils l’ont démontré.

On a senti également une métamorphose chez les joueurs dont certains comme Dion Sédé et Kouakou N’Doua ont explosé. Comment expliquez-vous cela ?
Je viens de le dire, mes joueurs possèdent d’énormes qualités individuelles. Un garçon comme DION Sédé avait besoin de confiance et de temps de jeu pour se bonifier, pour montrer toutes ses qualités. Il fut le premier jeune de sa promotion à quitter l’Académie pour rejoindre le groupe professionnel, dès la première année de Patrick LIEWIG si je ne me trompe pas. Et ensuite, il a fait la navette entre l’ASEC Mimosas et le SABE Sport, sans avoir eu la confiance nécessaire pour mieux s’exprimer. Pourtant, chaque fois qu’on lui donnait sa chance, avec ses qualités, il se battait tout seul et de façon courageuse sur le front de notre attaque. Quand à KOUAKOU N’Doua, je dois dire qu’il avait eu du mal à s’intégrer dans le 3-5-2 que j’avais mis en place. Il lui a fallu voir les matches du banc de touche, en plus de ce qui se faisait aux entraînements, pour mieux comprendre ce système de jeu. Et dès que cela s’est fait, il n’est plus sorti du terrain. Je le savais capable de réussir ce qu’il a fait jusqu’à la fin, c’est pourquoi je ne l’ai pas abandonné lorsqu’il était en plein doute.

Qu’est-ce qui a permis à l’ASEC Mimosas de faire la différence en L1 ?
Je reviens pour dire que notre état d’esprit a fait la différence, car sur certains matchs, il a fallu avoir le mental très fort pour aller chercher la victoire. Je me souviens de ce match à YAMOUSSOKRO contre OURAGAHIO qui était pourtant réduite à 10, très tôt, et qui avait tellement bien défendu que je me demandais comment viendrait le but de la victoire, même si je croyais fermement en notre victoire. Et puis, ce but victorieux est arrivé sur une frappe de KOUAKOU N’Doua Irénée, sur un coup franc, sur lequel il s’est cru capable de marquer et il l’a fait. Il y a aussi le match retour, au stade Robert Champroux, face à la SOA. On gagne 1-0 après avoir tout donné pour obtenir la victoire. Et pour réussir cela, il a fallu avoir le mental, parce ce que ce jour-là, on avait en face une belle équipe de la SOA.

Vous étiez tout près de réussir le doublé championnat-Coupe nationale. Avec du recul, qu’est-ce qui vous a manqué en finale de la Coupe nationale, contre l’Africa Sports ?

Vous me donnez l’occasion de dire que cette finale perdue m’est restée en travers de la gorge. C’était une finale et en face, il y avait l’Africa Sports. Il aurait donc fallu, par moments, mettre le pied sur le ballon et les voir venir, et non, aller à l’abordage sans faire attention, comme nous l’avons fait. Et cette erreur, nous l’avons payée cash. Mais je crois que cela fait partie des leçons à retenir pour la suite de ma carrière d’entraîneur. Je n’avais pas arrêté d’interpeller mes joueurs pendant le match. Mais je les comprends. Mon discours d’avant match était tel que, pour eux, il n’était pas question d’aller aux prolongations.

Avez-vous des regrets aujourd’hui en pensant à cette finale perdue et que regrettez-vous ?

Jai beaucoup de regrets parce qu’on avait bien bossé pour réussir le doublé. C’est vraiment dommage.

L’ASEC Mimosas a repris l’entraînement, le lundi 7 décembre dernier. Est-ce un bon timing pour aborder la saison qui démarre le 3 janvier prochain par la Coupe FHB suivie de la L1 qui débute une quinzaine de jours plus tard ?

Oui, parce que, mine de rien, nous avons quand même eu un mois de repos. Nous avons le temps de nous préparer pour aborder la première journée de la Ligue 1 à 90% de nos capacités, et chercher ensuite à atteindre la forme maximale pendant la ligue 1 et les phases éliminatoires de la Champions league. Les matches de la coupe FHB sont de bons matches de préparation qui vont sûrement nous permettre de faire une revue de notre effectif.

Selon un sondage réalisé sur le site Internet de l’ASEC Mimosas, la semaine dernière, l’objectif prioritaire pour 94,23% des Actionnaires reste la CAF Champions League. Penchez-vous pour cette tendance ?

L’objectif principal du conseil d’administration de l’ASEC Mimosas et celui de l’encadrement technique que je dirige est le même que celui des Actionnaires. Puisque nous sommes d’accord à 100%, alors je dirais OUI, je penche pour cette tendance. L’ASEC n’a pas le droit d’être absente, deux années de suite, du groupe des huit meilleurs clubs africains. Je le dis avec beaucoup d’humilité et de respect pour tous nos adversaires, mais qu’ils sachent que le trophée de la Ligue des champions est pour nous l’objectif à atteindre.

Il est clair que si l’ASEC Mimosas veut remporter la Ligue des champions de la CAF, elle devra négliger certaines compétitions nationales pour mieux se concentrer sur son objectif prioritaire, n’est-ce pas ?

Un grand club ne doit jamais négliger une compétition à laquelle elle participe. Si je gagne la Champions league et que je perds le championnat, je n’aurai rien fait, et vice-versa. Même la Coupe nationale dont l’ASEC était détentrice et que nous avons perdue, en 2009, doit être reconquise. Je dois remettre ce trophée, à sa place, dans notre vitrine. On pourrait me traiter de prétentieux, mais qu’on n’oublie pas que je suis l’entraîneur d’un grand club et que j’ai des obligations, sinon je dégage. Et il se trouve que je n’ai pas envie de dégager si tôt, alors …

Dans le milieu sportif, on entend souvent dire qu’on ne change pas une équipe qui gagne. Partant de ce principe, jouerez-vous la carte de la stabilité, en 2010 ?

C’est vrai qu’on ne change pas une équipe qui gagne, mais les objectifs étant très élevés, cette saison, il sera question de savoir varier entre changement et stabilité pour garder de la fraîcheur pendant toute l’année qui sera longue et difficile.

Il y aura quand même des départs. Combien de joueurs seront libérés et peut-on connaître leurs noms ?
Des joueurs qui partent du club, c’est la routine à l’ASEC Mimosas, ce n’est pas moi qui l’ai inventé. Il y aura donc des départs pour insuffisance de rendement et des prêts pour gagner en temps de jeu. COULIBALY Tiécoura, KARAMOKO Alassane (SOA), OUATTARA Bouliguibia (SABE), sont les joueurs transférés. Quant à KOFFI Foba Stevens (SEWE), KOFFI Adou Gérard et TAHOUROU Clovis (Djekanou), ils sont prêtés.

S’il y a des départs, c’est que l’ASEC aura besoin de quelques renforts. Quel est le profil des joueurs que vous recherchez ?

Chaque année, l’ASEC Mimosas doit avoir un effectif riche et de qualité. Cela aussi ne date pas de maintenant. Le président est très actif en ce moment. Il a déjà pêché trois gros poissons en l’occurrence SERI Jean-Michaël de l’Africa Sports, DOGBA Ange Pacôme du Séwé Sport et KONE Kassim, le gardien de JCA T. Vous aurez encore d’autres bonnes nouvelles sur ce plan. Il est clair que notre division offensive a besoin de renfort. Il faudra avoir des doublures de taille pour être compétitif à tous les niveaux. Pour ça, je n’ai pas à m’inquiéter, mes dirigeants savent ce qu’ils ont à faire et je sais que je peux compter sur eux.

Pensez-vous pouvoir constituer un groupe capable d’atteindre les objectifs sportifs de l’ASEC Mimosas, en 2010 ?

C’est mon souhait. Mais je vais devoir faire avec les joueurs que le club mettra à ma disposition. Il y a des objectifs à atteindre et nous n’oublions pas que nous serons attendus, nous serons l’équipe à abattre, comme toujours d’ailleurs. Pour cela, il va falloir se surpasser, redoubler d’effort chaque fois pour faire mieux que ce que nous avions réussi. C’est ainsi que nous atteindrons nos objectifs et que nous serons encore plus respectés, puisque le respect se mérite.

De quelles qualités votre groupe aura-t-il besoin pour satisfaire les attentes des Actionnaires ?

Nous devrons être un collectif fort, difficile à jouer, qui fait peur à tous. Il y a de la jeunesse donc de l’enthousiasme, et cette jeunesse a acquis une certaine maturité qui lui permettra de défendre vaillamment les couleurs du club. Nos garçons seront encore plus fort s’ils ont le soutient massif des Actionnaires, ceux là même que j’ai connus pendant ma carrière à l’ASEC. Quels bons souvenirs! En tout cas, j’aimerais revivre ça, revivre l’ambiance des stades pleins et acquis à la cause de l’ASEC Mimosas. Mais, je suis conscient que tout dépendra de ce que nous allons proposer à notre public.

Quel est votre mot de fin ?

Mon mot de fin va d’abord à l’endroit de notre PCA, Me Roger OUEGNIN, qui m’a fait confiance. J’espère avoir répondu à ses attentes, cette année. J’espère faire mieux, l’année prochaine. Merci à tous ceux qui nous ont soutenus durant la saison écoulée. Avec le soutien de tous, j’espère, par la grâce de DIEU, que 2010 sera une année de joie immense pour l’ASEC Mimosas, mais aussi de PAIX pour notre pays, la Côte d’Ivoire, car sans cela que pouvons nous faire ?

Interview réalisée par K. Ismaël & A. Malolo (Photos)

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