« L’ASEC Mimosas est éternelle »

A l’occasion de la célébration de ses 20 ans à la tête de l’ASEC Mimosas, Me Roger OUEGNIN a animé une conférence de presse dans le hall de l’Académie MimoSifcom. Le Président du Conseil d’Administration de l’ASEC Mimosas a dit sa volonté, devant les journalistes, de voir son club poursuivre sa construction.#

Patrick GUITEY (Sport.Ivoire.ci)
M. le Président, quel est le secret du succès de l’ASEC Mimosas ?
Me Roger OUEGNIN : « Le secret, c’est l’union. On a réussi assez rapidement à fédérer tous les états d’âme autour d’un programme. J’arrive à l’ASEC Mimosas en novembre 1989 mais j’y étais déjà en observateur influent depuis 1983. J’ai acquis de l’expérience à partir de là et de mon père qui a dirigé l’ASEC en tant que président central de 1957 à 1960. Avant de rentrer en action j’ai fait signer les statuts et règlement intérieur à tous les grands acteurs du club, ce qui a permis de mettre fin à la turbulence »

Tibet KIPRE (L’Expression)
M. le Président, quelle sera l’ASEC de demain ?
Me Roger OUEGNIN : « Si on parle d’avenir, il faut aussi parler de ce qu’on a perdu. On a perdu des actions déterminantes qui nous ont fortifiés. Pour moi, on n’est même pas à 20% de l’appréciation de nos actions. Mon rêve c’est qu’il y ait plus de cadres formés. Parce que les hommes sont importants pour pérenniser une œuvre. Je veux asseoir des bases pour pérenniser. L’organisation est beaucoup plus importante que les résultats. Quand on est bien organisé, les résultats suivent. Depuis 20 ans, on n’a jamais connu une année blanche à l’ASEC. Demain, l’ASEC Mimosas doit continuer son œuvre. La construction d’un club ne s’arrête jamais. Le club est à 20%. Il doit continuer à se développer parce qu’il y a beaucoup à faire. Il faut continuer à former des joueurs pour que le renouvellement se fasse de mieux en mieux ».

Martial GALE (Fraternité Matin)
M. Le Président, vous exprimiez votre gratitude à l’endroit de plusieurs collaborateurs mais vous n’avez pas mentionné le nom de Jean Marc GUILLOU. Est-ce par oubli ?
Me Roger OUEGNIN : Si je dois réellement à tous ceux qui ont apporté quelque chose d’important à l’ASEC, je dois parler de mon frère Francis, de Me KONE Mamadou, de Hyacinthe. En ce qui concerne les techniciens, il y a eu TROUSSIER. C’est lui qui permet à l’ASEC de renaître. C’est lui qui déclenche le premier le mouvement. Ensuite, il y a Oscar FULLONE. Demandez à tous les Actionnaires, qu’est-ce qu’ils veulent ? Ils vous diront la Coupe d’Afrique. Le seul qui a apporté cette Coupe d’Afrique, c’est Oscar FULLONE. Mais vous n’avez pas parlé de lui. Ce sont des personnes qui étaient venues travailler pour l’ASEC. Mais ils ne l’ont pas fait de façon bénévole. Ils ont été rémunérés à la hauteur de ce qu’ils devaient faire. Jean Marc GUILLOU a fait son boulot. C’est tout. Il n’est pas plus important dans mon environnement que qui que ce soit. Dès qu’il a dévié, je l’ai mis dehors. Moi, je suis Président du club. Jean-Marc GUILLOU est technicien et entraîneur. Il fait partie des personnes qui ont rendu, par leur travail, de grands services à l’ASEC Mimosas, comme TROUSSIER, Oscar FULLONE, MANGLE Eustache, ZARE Mamadou. L’ASEC Mimosas est éternelle. L’ASEC Mimosas n’a pas de cœur. C’est une machine. Quand Roger OUEGNIN partira, l’ASEC ne me devra rien forcément. Celui qui va arriver peut décider de ne pas me laisser entrer à Sol Béni. Des gens diront, mais ce n’est pas possible, c’est lui qui a construit Sol Béni. Mais Sol Béni ne m’appartient pas. Il appartient à ce monstre qu’on appelle ASEC Mimosas. Le club est plus important que l’homme».

Choilio DIOMANDE (Nord-Sud)
M. Le Président, vous avez bâti un grand club, mais comment expliquez-vous, le fossé entre le club et l’équipe et pourquoi, l’Académie MimoSifcom n’arrive plus à former de grands joueurs à l’image des Aruna DINDANE?
Me Roger OUEGNIN : Jean Marc GUILLOU commence à travailler en 1993 mais on signe avec le groupe SIFCOM le premier contrat qui met en place le partenariat et la création de ce qu’on avait appelé à l’époque, l’Ecole MimoSifcom en 1994. A cette époque-là, il n’y avait pas cette floraison de centres de formation. On n’avait pas besoin de se déplacer. Tous les samedis, on organisait des tournois à Sol Béni. Les gens venaient nous donner leurs meilleurs joueurs gratuitement. Il y avait une collaboration innocente de tous les centres de formation. On nous mettait les meilleurs sur un plateau d’argent et on avait la possibilité de choisir. Demandez à Walter AMMANN qui a été adjoint de Jean Marc GUILLOU, un formateur hors pair pendant plusieurs mois avant de s’en aller rendre service à la FIF, si c’est le même cas aujourd’hui.

Pourquoi c’est difficile d’avoir aujourd’hui les meilleurs ? Parce que même si je dis à Siaka, l’intendant adjoint de Hyacinthe qui nous a donné Aruna, Kolo, Yaya Gnégnéry, KONE Bramko. Dans ton centre, il y a un bon petit joueur, il va me dire, Maître, il faut qu’on fasse un contrat. Alors qu’à l’époque, pour récompenser les centres qui nous donnaient leurs meilleurs joueurs, on leur donnait des ballons, des équipements. Le grand danger pour la Côte d’Ivoire, c’est la multiplicité des centres de formation. Qu’est-ce qui a fait la force de l’Académie MimoSifcom ? c’est la concentration des meilleurs joueurs au même endroit pour une meilleure formation. Quand dans la même promotion se retrouvent Aruna, Tony, Junior, Kolo, Baky, Zézéto, il faut se battre pour gagner sa place et les moins bons sont vite dégagés. Aujourd’hui, notre tâche est plus difficile. Dès que vous approchez un gamin, il y a toute une armature qui se met en place. L’environnement a changé. Il y a les parents de plus en plus exigeants et les agents qui s’en mêlent. En 1994, il n’y avait pas d’agent. Aujourd’hui, dès que vous approchez un gamin de 11 ans, son père, son frère, sa sœur, vous disent, il a un agent qui s’occupe de la carrière de mon enfant ou de mon frère. Et puis, on voit venir un gars qui vous dit : «Depuis l’âge de 5 ans, c’est moi qui paye la scolarité de ce gamin-là. Je veux qu’il vienne chez vous mais, j’ai dépensé tant…» Je suis rassuré parce que les jeunes qu’on a formés et qui sont en équipe nationale ont encore quatre ou cinq ans pour être la locomotive en équipe nationale. Ça nous laisse le temps de pouvoir sortir d’autres jeunes. Soyez patients. Soyez patients ! Ne comparez pas les jeunes. Ne comparez pas l’environnement. Il est différent. Aujourd’hui, il est plus terrible qu’avant. Je suis prêt à vous apporter une contribution sérieuse sur l’organisation des centres de formation. Je sais que je suis un danger pour ces gens qui se disent formateurs. Ils n’en sont pas de vrais. Ce sont des boutiquiers, la plupart et qui n’attendent que la recette des joueurs qu’ils ont soit disant formés. Nous nous accrochons, tout en améliorant notre environnement et en donnant à nos encadreurs les meilleures conditions de travail».

Antoine Mahan (Fanion)
M. Le Président, vous demandez la patience aux Actionnaires et aux journalistes, est-ce la même chose que vous demandez pour la Ligue des champions ?
Me Roger OUEGNIN : « Je ne peux pas demander la patience aux Actionnaires. Je leur demande seulement de me soutenir. Quand ils sont fâchés, on combat. La patience que je vous demande à vous, hommes de média, presse écrite et audio-visuelle, c’est de percevoir mon message et de le véhiculer en votre qualité de courroie de transmission».
Je vous remercie.

Par D. Clément & A. Malolo (Photos)

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