OUEGNIN, 20 ans de passion

L’ASEC Mimosas a enterré dignement un de ses grands serviteurs lundi dernier. Son coordonnateur administratif et délégué aux affaires sociales, Brahima OUEDRAOGO, s’en est allé à 69 ans, emportant avec lui sa richesse humaine. Cet ancien fondé de pouvoir à la SIB a su rapidement devenir un personnage incontournable au sein du club jaune et noir. Son carnet d’adresses, son entregent, son sens de l’organisation, sa disponibilité et sa grande courtoisie lui ont permis de régler en toute efficacité les problèmes administratifs de l’ASEC.# Brahima était au centre de tout : la confection des documents administratifs, l’organisation des voyages ; l’accueil des officiels des compétitions internationales. Dirigeants et joueurs, supporters ou sympathisants mimos trouvaient toujours une oreille attentive auprès de cet homme affable pour tous leurs problèmes de passeports et pour beaucoup de préoccupations sociales. Ses fonctions débordaient le cadre de l’ASEC. Et il n’hésitait pas à se mettre au service des sportifs des autres clubs. Son cercle d’amitiés s’est élargi à toutes les couches socio-professionnelles, aux vieux, aux jeunes.Brahima OUEDRAOGO, tu étais un homme bon ! C’est ce fidèle parmi les fidèles de Me Roger OUEGNIN qui laisse un grand vide au moment où les Actionnaires s’apprêtent à célébrer les 20 ans de présidence de Roger OUEGNIN. Brahima OUEDRAOGO, KOUAME Eliason, THIAM Belafonte, Gérard QUAYRET étaient les mousquetaires du début de l’aventure. Après avoir acquis l’expérience et la notoriété dans leurs domaines d’activité, ils ont été cooptés pour certains par Francis OUEGNIN, frère aîné de Roger OUEGNIN pour occuper des postes stratégiques. Brahima a hérité de l’administration, Eliason de la qualification des joueurs et des questions de règlements de la FIF, de la CAF et de la FIFA, Thiam de la gestion du journal ASEC Mimosas et QUAYRET des finances.

La reussite et la longévité de Me Roger OUEGNIN tiennent au choix des hommes. Chacun de ces soldats a, à son niveau, travaillé avec acharnement pour redonner un nouveau souffle à l’ASEC et en faire par la suite un club fort.

THIAM a quitté la terre des homes en juillet 2000. Son héritage est difficile à assumer. Celui de Brahima OUEDRAOGO le sera à coup sûr. Ainsi va la vie. L’ombre de ces illustres disparus va planer sur la célébration des 20 ans du PCA.
Me OUEGNIN a su créer cet esprit de club où chacune des entités (anciens dirigeants, anciens athlètes, supporters) a le sentiment fort d’appartenir à une famille. Et à force d’une famille, c’est le sens élevé de la solidarité. A l’ASEC, on peut reprendre la célèbre chanson des supporters de Liverpool « You’ll never walk alone : traduction tu ne marcheras jamais seul». Dans l’au-delà, le père François OUEGNIN, ancien président du club, doit être fier de l’action de son fils. Il est décédé en 1998, l’année même du sacre Africain de l’ASEC. Après plusieurs échecs continentaux, il aurait tant voulu assister à cet évènement. Mais que représentait ce trophée devant le joyau architectural de Sol Béni. François OUEGNIN a vu naître ce centre d’entraînement. Il savait qu’il laissait le club de son cœur à un bâtisseur, à une fourmi. Le bilan des 20 ans de Roger OUEGNIN c’est d’abord cette acquisition qui assure la pérennité du club. Sans Sol Béni, il n’y aurait pas eu le centre de formation MimoSifcom qui a enfanté la génération des Kolo, Maestro, Aruna etc. Laquelle qualifie la Côte d’Ivoire pour la deuxième Coupe du monde d’affilée. Sans Sol Béni, l’ASEC n’aurait pas remporté 16 titres de champion de Côte d’Ivoire en 20 ans. Sol Béni et MimoSifcom sont les acquis d’un sponsoring gagnant-gagnant entre l’ASEC et Comafrique. Un sponsoring qui a débouché sur le partenariat entre le club et le groupe SIFCOM. Feu Pierre BILLON (ses deux fils Jean-Louis et Pierre assurent la relève) Daniel DUBOIS, Yves LAMBELIN, Jack BARBIER l’Ambassadeur Georges OUEGNIN et son frère Roger furent les hommes clés de ce mariage qui dure encore. Un mariage éternel entre un groupe et un club partageant le même idéal : la gagne.
En 20 ans de présidence, Roger OUEGNIN a toujours cette flamme mimosas allumée. Une passion sans limite pour l’ASEC. « Il vit et respire ASEC », disait de lui Issa HAYATOU le président de la CAF lors d’un déjeuner à Sol Béni pendant la CHAN en mars dernier. Le bilan des 20 ans de Roger OUEGNIN, c’est aussi l’acharnement au travail d’un carré de fidèles : Francis OUEGNIN le premier vice-président chargé de la section football, Lamine DJIBO administrateur de la Maison Excellence, Me KONE Mamadou le président du CNACO et tous les membres du conseil d’administration. Et beaucoup d’autres personnes œuvrant dans l’ombre.
Dimanche 6 décembre, les Actionnaires entendent montrer combien ils sont satisfaits du chemin parcouru par l’ASEC entre le 19 novembre 1989 et le 19 novembre 2009. Connaissant l’homme, nous savons qu’il n’aime pas les flonflons de la fête. Mais toute la famille ASEC a voulu magnifier pour lui dire merci, mille fois merci d’avoir hissé le club à un niveau de professionnalisme unique en Côte d’Ivoire et cité en référence en Afrique. Cette fête marquera un nouveau départ. Les supporters veulent voir l’ASEC ne plus se contenter de sa seule ligue des champions et sa seule Supercoupe d’Afrique. Que les Actionnaires sont impatients de vivre d’autres victoires africaines ! Me KONE Mamadou résume parfaitement cette nouvelle soif de lauriers : «Cette fête sera le point de départ d’une nouvelle ASEC avec de grands joueurs pour relever les défis sportifs ».

Hamidou Fomba
Source: SUPERSPORT

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