Pourquoi leur intégration est difficile

Cette saison, comme lors des précédentes, des recrues qui ont fait leurs preuves ailleurs ont encore échoué à l’ASEC Mimosas. Le Mimosas magazine a essayé de comprendre ce phénomène.
« Ils sont bons ailleurs, mais à l’ASEC, ils sont méconnaissables », entend-on souvent dire à propos des recrues qui viennent se casser les dents chez les Mimosas. Cela ne date pas d’hier. Cette année, Zagré Koré, KoUAMÉ Koffi Eugène et Francis Mensah, trois recrues venues d’ailleurs, ont été libérés lors du mercato. Labi Kassiaty, au club depuis trois saisons a été également remercié. Ce joueur, pourtant insaisissable à l’Africa Sports n’a pas réussi à s’imposer véritablement chez les Mimosas.# Avant eux, Gogré Zokouri Herman buteur percutant de la SOA, Bamba Sinaly venu du Réveil Club et Dali Okahué recrutés en 2007 ont été libérés à l’intersaison. Pourquoi les recrues ne réussissent-elles pas leur intégration à l’ASEC mimosas ?

Un environnement différent et difficile
La première raison tient à l’environnement professionnel de l’ASEC Mimosas. Celui-ci est difficile et différent de celui des autres clubs ivoiriens et même étrangers. Pour Youssouf Fofana, membre de la cellule de recrutement du club, « ce n’est pas le talent de ces recrues qui est en cause. Tous les joueurs que le club sollicitent sont bons et ont fait leurs preuves dans d’autres clubs ». Il pointe plutôt du doigt l’environnent professionnel de l’ASEC Mimosas qui nécessite un temps d’adaptation pour les recrues. « Malheureusement, explique Youssouf Fofana, certaines recrues s’adaptent moins vite que d’autres ». Maxime Gouaméné, l’actuel entraîneur du club, est lui-même passé par là. Il est passé du Sporting Club de Gagnoa à l’ASEC Mimosas, à l’intersaison 1990-1991. Il a été confronté aux difficultés des recrues. Pour lui, le premier obstacle pour les recrues ivoiriennes est l’adaptation aux méthodes d’entraînement de l’ASEC. Celles-ci sont généralement plus dures et plus corsées qu’ailleurs. Dans les autres clubs, les bons joueurs sont généralement très chouchoutés. Parfois, ils s’entraînent quand ils le veulent. A l’ASEC, ils se retrouvent sur le même pied d’égalité que leurs coéquipiers et doivent se soumettre au même régime. S’ils ne sont pas habitués au travail soutenu et régulier, ils sombrent.

Les joueurs étrangers qui arrivent, généralement des pays anglophones, sont d’abord confrontés, selon Maxime Gouaméné, à la barrière de la langue. Leur cas devient une course d’obstacles. S’ils franchissent la barrière de la langue, ils se retrouvent face à d’autres obstacles comme les méthodes d’entraînement et le style de jeu. Dans un univers de concurrence même saine, les places coûtent chères. Et lorsque vient s’ajouter le manque de compétition pour le nouveau joueur, les choses se compliquent davantage. Si celui-ci n’est pas fort mentalement, c’est la voie ouverte à une libération pour insuffisance de rendement.

La pression liée
à l’obligation des résultats

La deuxième grosse difficulté à laquelle les recrues se trouvent confrontées à leur arrivée à l’ASEC est la forte pression autour et au sein du club. Une pression permanente liée à l’obligation de résultats. L’ASEC doit toujours gagner. Dans ce club, on ne tolère pas les matches nuls, encore moins les défaites. Dans ce contexte, les dirigeants, les encadreurs techniques et les supporters sont très exigeants avec les recrues. « Si on les fait venir chez nous, c’est pour nous apporter le plus que nous n’avons pas ». Discours logique à propos de joueurs que l’on recrute relativement cher pour permettre au club de tenir son rang, au plan national et pour figurer parmi les meilleurs, au niveau continental. Généralement, beaucoup de nouveaux joueurs issus de clubs plus modestes qui jouent le maintien, ne supportent pas cette pression et cet environnement très exigeant.

L’impatience vis-à-vis
des recrues

Les recrues sont souvent précédées d’une grande réputation et suscitent de grands espoirs. On est très exigeant et même impatient vis-à-vis de ces derniers. Tant mieux pour ceux qui s’adaptent rapidement. Tant pis pour les autres. On compose avec les meilleurs du moment. « Le phénomène a pris de l’ampleur avec l’avènement de l’Académie MimoSifcom. les différents entraîneurs qui se sont succédés à la tête de l’encadrement technique depuis dix ans préfèrent les jeunes sortis de l’Académie aux joueurs venus d’autres clubs. Alors que ces derniers ont besoin d’être aidés et d’être mis en confiance pour réussir leur intégration », explique Youssouf Fofana.
Pour réussir à l’ASEC Mimosas, les recrues ivoiriennes et étrangères doivent s’adapter rapidement et avoir non seulement du talent, mais aussi du caractère, pour atteindre les performances que l’on attend d’elles. C’est la règle dans tous les clubs professionnels, en Côte d’Ivoire comme partout dans le monde.

K. Ismaël

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