« Continuer sur notre lancée» »

A mi-parcours de la Ligue 1, Maxime GOUAMENE, l’entraîneur principal de l’ASEC Mimosas est satisfait des performances de son équipe qui est leader de L1. Mais il estime qu’il reste encore beaucoup de choses à parfaire, en défense et en attaque, pour que le groupe négocie la dernière ligne droite du championnat et de ses prochains matches de la Coupe nationale. Interview.
– Quel bilan pouvez-vous faire de vos huit journées de coaching, en deux mois, en tant qu’entraîneur principal de l’ASEC Mimosas ?
– Je trouve notre bilan positif après huit matches de Ligue 1, deux de la Coupe CAF et deux de la Coupe nationale. On a réussi, en tout, sept victoires et cinq matches nuls. On ne perd pas pour l’instant, ce qui nous permet d’avancer lentement, mais sûrement vers notre objectif. C’est le plus important.#

– Quelles sont vos satisfactions et vos déceptions par rapports à votre équipe ?
– Je suis content de la mentalité de mes joueurs. Je voulais une équipe agressive et conquérante qui montre son envie de faire la différence, à chaque entame de match. Sur ce plan, mes joueurs ont compris mon message et ont adhéré à mes conceptions de jeu. Je leur répète que l’ASEC Mimosas joue, chaque année, pour remporter la Ligue 1, la Coupe nationale et, pourquoi pas, la Ligue des champions. Et pour cela, elle doit aller chercher la victoire, à chaque match, en se montrant offensive. On dit d’ailleurs en football que la meilleure façon de défendre, c’est d’attaquer. Une équipe qui joue pour gagner obtient très souvent, dans le pire des cas, le match nul. Je veux bâtir une équipe conquérante et offensive dans laquelle les joueurs se font plaisir à chaque match et donnent aussi du plaisir au public. On est sur la bonne voie. Il est important de continuer à gagner pour rassurer nos dirigeants et nos supporters. Cela dit, il nous reste beaucoup de choses à améliorer dans notre secteur défensif, mais aussi dans notre animation offensive. Sur le plan offensif, on se crée beaucoup d’occasions qu’on ne concrétise pas toujours. Cela nous met malheureusement en danger, par moments.

– Votre équipe occupe la première place du classement à mi-parcours de la L1, avec la meilleure attaque et la meilleure défense. Elle semble avoir retrouvé son jeu et une certaine efficacité. Les joueurs se sont métamorphosés. Avez-vous un secret ?
– Je n’ai pas de secret. Pour moi le football est un jeu qui consiste à prendre du plaisir pour pouvoir en donner à ses dirigeants et à son public. Le groupe prend beaucoup de plaisir à travailler durement à l’entraînement, à Sol Béni et à chaque match. Cela lui a permis de progresser dans le jeu pour réussir les performances dont vous parliez tantôt. Mais ce n’est qu’une réussite provisoire qu’il faudra confirmer lors de la seconde phase du championnat et pour la suite de la Coupe nationale.

– En Coupe nationale, l’ASEC Mimosas a souffert pour éliminer Hiré FC dans les tirs au but. Cela vous fait deux matches difficiles de suite. D’abord en L1 contre le Stade d’Abidjan, puis en Coupe face à Hiré FC. Est-ce le signe d’un essoufflement ?
– Je ne pense pas que cela soit le signe d’un essoufflement. Le match contre le Stade d’Abidjan était la fin d’une série éprouvante d’un match tous les trois jours depuis presque deux mois. Et puis, contre le Stade d’Abidjan, on aurait tué le match si on n’avait pas multiplié les mauvais choix dans le jeu. Ce qui a permis à notre adversaire de nous résister. Contre Hiré FC, dimanche dernier, en Coupe nationale, on a tout tenté. Malheureusement, là encore, on a fait de mauvais choix et la réussite nous a longtemps tourné le dos, avant de nous sourire dans les tirs au but.

– Vous avez pris un virage à cent quatre-vingt degré en changeant de système de jeu, en corsant vos séances d’entraînement et en changeant de méthode et de discours. Heureusement que la mayonnaise a pris. Mais n’aviez-vous pas pris un gros risque en procédant ainsi ?
– Je n’ai pas pris de risque. Je sentais mes joueurs capables de comprendre et de faire ce que j’attendais d’eux. Cela s’est confirmé. Je connais leurs qualités. C’est pour cela que je n’ai pas hésité à changer de système de jeu en donnant plus d’allant offensif à l’équipe.

– L’ASEC Mimosas joue aujourd’hui à un rythme soutenu et avec un mental de conquérant. Sera-t-elle capable de maintenir la cadence ou mieux, de l’améliorer durant la dernière ligne droite du championnat ?
– On est tout à fait capable de soutenir la cadence au regard de la richesse de notre effectif. Si on a disputé treize matches en moins de deux mois et à un rythme soutenu pour obtenir les résultats que vous connaissez, c’est qu’il est dans nos possibilités de faire autant sinon mieux en disputant un match par semaine. Lorsqu’on jouait un match tous les trois jours, c’est-à-dire deux matches par semaine, nos adversaires n’en avait qu’un dans la même période. Ce qui nous désavantageait.

– Sur quels aspects du jeu de votre équipe insistez-vous pendant cette trêve ?
– On continue d’insister sur notre animation offensive et particulièrement sur la finition. Si nous arrivons à concrétiser les occasions de but que nous nous créons dans le premier quart d’heure, on négociera facilement chacune de nos rencontres.

– Vous allez procéder à un dégraissage de votre effectif, avec l’accord du Président Roger OUEGNIN. Combien de joueurs vont-ils partir ?
– Huit joueurs quittent le club pendant cette trêve.

– Ces joueurs seront-ils libérés ou prêtés ?br>
– six d’entre eux ont été libérés. Ce sont LABI Kassiaty, ZAGRE Koré Maixent, Kazeem ZUBAIR, Francis MENSAH, KOUAME Konan Désiré Magloire et KOUAME Eugène. Deux autres, en l’occurrence BAKAYOKO Adama et DOGUI Jean Patrick, sont prêtés respectivement au SABÉ de Bouna et à l’ES Bingerville.

– Allez-vous en recruter et si oui, dans quels secteurs ?
– On va certainement recruter deux attaquants. C’est tout ce que je peux vous dire pour l’instant.

– Avec les vacances à l’Académie MimoSifcom, les joueurs de la post-formation seront rattachés à l’équipe professionnelle. Comment allez-vous gérer votre nouvel effectif ?
– On conservera la même organisation et la même méthode de travail. Le groupe en post-formation restera sous la responsabilité de Siaka TRAORE dit Gigi tout comme l’équipe réserve.

– Les Actionnaires croient de plus en plus en leur équipe dont vous êtes l’entraîneur principal. Pensez-vous pouvoir les combler en leur offrant le titre de champion de Côte d’Ivoire, cette saison ?
– Les objectifs premiers du club, ce sont le titre de champion de Côte d’Ivoire et la Ligue des champions de la CAF. La Coupe nationale vient en troisième position. En tant qu’entraîneur principal, je viens pour reconquérir le championnat national. Chaque jour, je répète aux joueurs qu’un club comme l’ASEC Mimosas ne peut pas se contenter de jouer les seconds rôles aussi bien au niveau national que continental et de jouer sans ses supporters. Je leur dis toujours que durant ma carrière de footballeur à l’ASEC Mimosas, j’ai toujours évolué devant, au moins, dix-mille supporters à chaque rencontre. Il leur revient donc de faire revenir les 10, 20, 30, 40 voire 60 000 supporters au stade. Alors, ils verront la différence qu’il y a entre un stade plein acquis à leur cause et un stade vide. Cela dit, je pense que mon groupe va combler les attentes de notre public en lui offrant le titre de champion de la L1, cette saison. Pour ce faire, nous devrons élever, chaque jour, un peu plus notre niveau pour conserver le maillot jaune et terminer le championnat en tête du classement.

– Votre dernier mot ?
– Je voudrais tout d’abord remercier le PCA de l’ASEC Mimosas et tous ses collaborateurs pour la confiance qu’ils ont placée en mes collaborateurs et moi ainsi qu’au groupe de joueurs avec lequel nous travaillons. Nous travaillerons d’arrache-pied pour mériter cette grande confiance.
Aux Actionnaires, je demande de continuer de se rendre, toujours plus nombreux, au stade pour nous soutenir et on fera tout pour leur faire plaisir.

Interview réalisée par K. Ismaël.

LAISSER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

1 + quatre =