Patrick LIEWIG face aux internautes de ASEC.CI : «L’ASEC avance avec des hommes et des structures»

L’entraîneur Principal de l’ASEC Mimosas était face aux Internautes, le samedi 09 Août dernier, pour répondre aux préoccupations de ceux-ci. Il a répondu sans faux fuyant à toutes les questions portant sur l’équipe professionnelle, les contre-performances, la qualité de l’effectif, le championnat national, la champions league et les questions d’ordre général. A la demande générale, nous vous faisons revivre en intégralité, ce face-à-face franc qui s’est déroulé à Sol Béni.

Cissé Fanny Moussa
Cela fait bientôt cinq ans que vous avez l’encadrement de l’équipe professionnelle et le constat qui se dégage c’est que notre cher club est un abonné des matches nuls avec une carence criarde devant les buts. Je voudrais savoir si cela est dû à votre système favori avec un seul attaquant ?

Coach Patrick Liewig :
Jouer avec un attaquant ou deux attaquants n’est pas le sujet.
Il faut raisonner davantage sur l’animation offensive, mettre les joueurs dans les meilleures dispositions afin qu’il puissent utiliser leur talent dans leur zone d’exécution.
Le talent, la créativité, l’intelligence sont des qualités qui permettent de faire la différence au cours d’un match.
Les manœuvres collectives afin de déséquilibrer l’adversaire, renforcées de joueurs capables de faire la différence individuelle, sont les garanties pour sortir d’une « spirale de matches nuls » bien plus que les organisations de jeu ou mettre pléthore de joueurs offensifs.

Djigbenou Lucien Akre
Pourquoi n’avez-vous pas une équipe type ? On a l’impression que vous n’avez pas confiance aux joueurs.

Coach Patrick Liewig :
Quand une formation comme l’ASEC Mimoss est engagée sur plusieurs fronts, on se doit de jouer avec un noyau mature sur lequel on peut s’appuyer. Une compétition comme la Ligue des Champions demande beaucoup d’énergie et il faut savoir gérer l’effectif en tenant compte de tous ces paramètres. Des jeunes issus du centre de formation de l’ASEC Mimosas ou de recrutements extérieurs sont greffés à ce noyau. Si un joueur entre en jeu comme titulaire ou remplaçant, il doit savoir saisir sa chance. Dans l’ensemble ce n’est pas une question de ne pas faire confiance aux joueurs mais plutôt de s’appuyer sur un noyau type sur lequel viennent s’ajouter des garçons ayant la même culture de jeu et surtout dont le potentiel répond aux exigences de haut niveau.

Yao Kan Sylvain
Pourquoi l’ASEC joue basée sur la défense alors que l’équipe est composée en majorité de joueurs très jeunes donc explosif en attaque ? Ne serait-il pas mieux d’opter pour un système un peu plus offensif ? Parce que le constat est clair : l’ASEC encaisse moins mais marque peu aussi et cela même devant les petites équipes du championnat.

Coach Patrick Liewig :
Nous avons une équipe jeune avec des garçons qui doivent donner de l’animation au jeu. Nous n’avons pas une politique de défense pour défendre. Nous jouons dans une logique de force collective du bloc et d’évoluer vers l’avant à la récupération du ballon.

Tout se joue sur une politique de bloc : avoir un collectif bien soudé prêt à créer des problèmes à l’adversaire et après la phase de récupération du ballon.
L’équation qui se pose quand on joue par exemple contre une équipe comme le National Al Ahly c’est de ne pas leur redonner le ballon trop vite sinon on passera le plus clair de notre temps à courir après pour le récupérer, d’où une dépense en d’énergie inutile. Il est important, à un moment donné, de mettre les joueurs dans les meilleures dispositions. Il faut mettre un joueur dans un registre où il se sent mieux pour nourrir une stratégie bien définie. L’animation défensive est importante pour ne pas prendre des buts mais l’animation offensive est aussi importante pour arriver à concrétiser toutes les occasions de buts que l’on se crée. Je prends en compte votre réflexion et je vous réponds humblement que moi je ne me base pas sur un compartiment, mais plutôt sur une animation collective du jeu.

Laureine TOA
N’avez-vous pas un autre latéral gauche à part Guindo Moussa ? Pourquoi ne pas le remplacer par un vrai latéral gauche ?

Coach Patrick Liewig :
Dans l’équipe type, nous avons un joueur comme Guindo Moussa qui vient du centre de formation avec ses qualités et ses défauts (jeunesse et manque de maturité). Pour que les joueurs acquièrent plus d’expérience, il faut leur accorder du temps de jeu en acceptant les erreurs et en les corrigeant lors des séances d’entraînements. Guindo Moussa est un joueur qui a un très gros potentiel athlétique mais il doit améliorer sa technique et la maîtrise des événements. On ne peut pas tout demander à un jeune joueur.
Malgré des performances qui ne sont pas toujours régulières, il faut faire confiance aux jeunes joueurs parce qu’ils ont besoin de temps de jeu pour avancer et s’affirmer.
Lors de l’intersaison nous avons axé nos recrutements sur d’autres secteurs où nous avions détecté des manques. Je pense qu’une équipe comme l’ASEC ne doit pas recruter des défenseurs, elle se doit de les former au sein de son centre de formation.

NASSER EDDY :
Pourquoi privilégiez-vous les joueurs issus de l’académie MimoSifcom au détriment de ceux issus des recrutements extérieurs ?

Coach Patrick Liewig :
Il n’y a pas de joueurs privilégiés à l’ASEC, ce sont des polémiques extérieures qui n’ont rien à voir avec ce que nous vivons au sein du club.
Lorsqu’un joueur sort du Centre de Formation et qu’il a un potentiel, il intègre l’équipe première où on lui accorde un temps de jeu. Dans le noyau contre AL AHLY, il y avait des garçons issus du Centre de Formation comme GOHI BI Cyriac, DIOMANDE Hamed, KOUAKOU Iréné mais aussi MANGOUA Kesse, KONE Tiézan qui sont issus des recrutements extérieurs. On s’appuie sur le potentiel du joueur et sur ce qu’il peut apporter à l’équipe première.
Il n’y a pas de raison qu’un joueur doté d’un gros potentiel, quelque soit son origine (Centre de Formation ou recrutement extérieur) ne soit pas intégré pendant les rencontres.

DJIGBEROU :
Pourquoi avoir accepté le départ de Serge DEBLE en pleine saison ?

Coach Patrick Liewig :
Il faut savoir que Serge DEBLE appartient à Charlton Athletic depuis le mois de janvier 2008 et notre partenaire a accepté de nous le prêter jusqu’au mois de juillet pour le début de la préparation du championnat de France de Ligue 2. Le problème essentiel réside dans le décalage des saisons entre les grands championnats européens et nous.
Déblé Serge n’a cessé de travailler et nous a apporté toutes de ses qualités de buteur.
Nuous sommes heureux qu’il puisse exprimer son talent dans un championnat relevé.
Notre rôle après est de combler ce départ par d’autres potentiels qui existent dans l’équipe première.

DIOMANDE SIAKA
Coach bonjour ma préoccupation se trouve à deux niveaux:
L’Africa est en train de creuser l’écart pendant que nous ne faisons que des matches nuls. L’on me dira que c’est devant l’ASEC que les autres équipes jouent mieux. Je pense qu’ils en font de même devant l’Africa qui arrive à les battre.
La league des champions. Je pense que cette année l’ASEC ne peut rien y foutre. Car si on n’a pas pu gagner ou faire un match nul au Zimbabwé ce n’est pas les maghrébins qu’on va gagner.
N’y a t il plus de bons formateurs à la trempe de Guillou? Nous on a besoin maintenant de trophées.

Coach Patrick Liewig :
Les équipes qui jouent contre l’ASEC se retrouvent toujours dans une logique de défendre, elles jouent repliées en procédant par des contres. Il nous revient maintenant de faire le jeu (attaque-defense) tout en sachant que ces équipes n’évoluent que sur un seul tableau alors que seule l’ASEC est sur tous les fronts (Ligue des champions, Ligue 1 et Coupe Nationale). Face à ce jeu replié des équipes adverses, nous devons être efficaces et concrétiser nos occasions afin de rendre les matches plus faciles et sortir de cette sinistrose de matches nuls.

Concernant la Ligue des champions, je crois qu’il ne faut pas être défaitiste. Lorsqu’on arrive en phase de poules de la ligue des champions c’est pour se qualifier pour les demi-finales et c’est notre objectif.
Me concernant j’assume les résultats et je garde l’objectif avec un mental fort.

Concernant Jean Marc GUILLOU a eu la chance de pouvoir mettre en place une philosophie à une période où les Centres de Formation ne florissaient pas en Côte d’Ivoire. Il a pu travailler avec la réussite que l’on connaît sur des joueurs de talent.
La situation actuelle est très différente. La continuité de la Formation a été effectuée par Pascal THEAULT avec compétence et sa philosophie.
Les talents en Côte d’Ivoire existent. Il est une NECESSITE que ces joueurs passent par l’ASEC afin de pouvoir rivaliser avec les grands d’Afrique aux pouvoirs économique et sportif importants. Nous devons être plus performants dans le recrutement afin que les meilleurs joueurs intègre le centre de Formation ou l’équipe Professionnelle.

NASSER EDDY :
Pourquoi une différence entre les prestations en ligue des champions et en championnat national ?

Coach Patrick Liewig :
Quand on joue la Ligue des Champions, on est obligé d’élever notre niveau parce qu’on joue face à des équipes de qualité qui sont dans une logique de jeu.
Après un match de Ligue des Champions dans lequel nos joueurs ont laissé de grandes forces physiques et mentales , il faut se reconcentrer un match de Ligue 1 contre des équipes qui nous attendent et qui sont prêtes à nous rentrer dedans. Cette situation est délicate et pas toujours facile à gérer pour nos joueurs. Il faut être très fort par rapport au jeu, au terrain et à l’environnement.

AMAFFOU :
Pensez-vous que votre effectif est assez riche pour gagner la ligue des champions?

Coach Patrick Liewig :
En toute humilité, nous jouons en évoluant dans un parcours. Nous sommes en match de poules et nous avons l’objectif d’atteindre les demi-finales. Quand nous serons en demi-finale notre objectif sera la finale.
On se doit d’être PERFORMANT avec l’effectif actuel et faire confiance à nos joueurs.

N’DRIN BEUGRE RAYMOND
Avez-vous le profond sentiment de construire quelque chose de fondamental pour l’ASEC que vous laisserai un jour en souvenir pour nous les actionnaires? Ne pensez vous pas que chaque année est un sempiternel recommencement? Je vous remercie.


L’ASEC avance avec des hommes et des structures. Je n’ai pas une mentalité d de mercenaire mais plutôt celle de construire quelque chose de profond et surtout de durable.
Rappelez-vous, avant la formation de Jean-Marc Guillou, il y avait une équipe qui a gagné de grands titres. Après est venue l’académie MimoSifcom et malgré la situation difficile du pays nous avons su maintenir l’ASEC à un grand niveau en compétitions africaines et à affirmer sa notoriété. On se doit de servir le club et non se servir du club.
Donc il est naturel que nous laissions des traces
De manière anecdotique, beaucoup d’Ivoiriens dorment mieux depuis que l’on a etouffé les fantômes d’Orlando Pirates, d’Enyimba, du Wac, etc …

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