Francis OUEGNIN : « Un nouvel esprit ASEC est en train de naître»

Après le tirage au sort de la Ligue des champions, le Président Délégué, Président de la section football de l’ASEC Mimosas, Francis Ouégnin, se prononce sur les chances de son équipe dans le groupe A.

Président Francis Ouégnin, que vous inspire le début de saison de l’ASEC Mimosas ?
Je le trouve mitigé. Notre équipe nous laisse quelque peu sur notre faim. Elle fait encore des matches nuls là où elle a la possibilité de gagner pour creuser l’écart en tête de la Ligue 1. Mais ce qui me rassure, c’est que nous avons une équipe de l’ASEC plus forte en Ligue des champions. Et c’est ce qui explique notre qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions.

Lors des seizièmes et des huitièmes de finale de la Ligue des champions, le groupe de Patrick Liewig a inquiété chaque fois à domicile avant d’aller se qualifier à l’extérieur. Qu’est-ce qui explique ses bons comportements à l’extérieur ?
Il y a une seule explication : le bon état des pelouses sur lesquelles notre équipe a évolué à Conakry, en Guinée et à Khouribga, au Maroc. Lors de ces deux déplacements, l’ASEC Mimosas a produit du beau football. Elle aurait pu battre l’OCK, à Khouribga, comme elle avait battu l’AS Kaloum, à Conakry, au tour précédent. Il faut respecter cette équipe de l’ASEC Mimosas qui a montré lors des deux premières étapes qu’elle a du caractère et du talent. On comprend dès lors pourquoi notre équipe est moins à l’aise à domicile. Le mauvais état de la pelouse du stade FHB ne permet pas aux équipes qui attaquent de mieux s’exprimer. Sur cette pelouse, ce sont les équipes à option défensive qui ont le beau rôle. Et cela fait, chaque fois, naturellement l’affaire de nos adversaires.

Que retenez-vous de la qualification de l’ASEC Mimosas à Khouribga face à l’OCK ?
Je retiens que notre équipe a émerveillé par sa réaction d’orgueil et par son talent.

Vous attendiez-vous franchement à une telle réaction ?
Je m’y attendais. Le Président Roger Ouégnin, le Dr Lamine Djibo, Me Koné Mamadou et moi étions avec l’équipe à Khouribga. Pendant une semaine, on a suivi les joueurs à chaque entraînement. On les sentait très motivés et ils s’appliquaient tous au cours des différentes séances. La veille du match, le Président Roger Ouégnin a parlé aux joueurs. Il a su trouver les mots justes pour fouetter leur orgueil. On les a sentis très sensibles au message du PCA. C’était un message fort et très émouvant. Je pense que ce message du Président a été très déterminant. Il les a galvanisés et les garçons ont eu, le lendemain, la belle réaction, dont nous parlons.

Cette qualification méritoire pour les quarts de finale est-elle le signe que l’ASEC réussira une bonne campagne cette année en Ligue des champions ?
Oui, c’est la preuve que nos joueurs sont capables du meilleur cette saison. En repensant à nos matches retour à Conakry, à Khouribga et à notre dernier derby face à notre éternel rival, on se dit que notre équipe possède les armes pour réussir une bonne campagne en Ligue des champions 2008. Je pense que ces trois dernières rencontres ont mis nos joueurs davantage en confiance. Il nous appartient aussi de leur faire confiance et de les encourager.

Les matches de poules seront très difficiles pour l’ASEC Mimosas qui est dans le même groupe que Al Ahly, le Zamalek et Dynamos FC. D’aucuns qualifient ce groupe de celui de la mort. Qu’en pensez-vous ?
Pour moi, le groupe de l’ASEC n’est pas plus difficile que le groupe B. A ce niveau, toutes les équipes sont à craindre. Le Dynamos que tout le monde voit comme le cendrillon du groupe A n’a-t-il pas éliminé l’Etoile du Sahel de Sousse, la tenante du titre ? Et l’ASEC n’a-t-elle pas prouvé dans cette Ligue des champions qu’elle est aujourd’hui capable de réaliser des exploits à l’extérieur ? Je pense même que le coup est jouable pour nous. Nous allons jouer sur de très bonnes pelouses en Egypte et au Zimbabwe. Nous savons que nous aurons des difficultés au stade FHB à cause du mauvais état de la pelouse, mais nous nous battrons chaque fois pour gagner chez nous. Après, il faudra prouver encore que nous savons voyager.

Président, n’êtes-vous pas un peu trop optimiste ?
J’ai des raisons de l’être. Quand on repense à la belle réaction de notre équipe en deuxième mi-temps face à l’Africa lors de la onzième journée de la Ligue 1, on ne peut qu’être fier de nos joueurs et on peut avoir confiance en eux pour les grandes batailles des compétitions nationales et de la Ligue des champions. Menés 2-0 à la mi-temps, il n’était pas évident que nos joueurs remontent les deux buts face à l’Africa. Mais ils l’ont fait en seconde période et l’ASEC aurait même pu l’emporter par 3 buts à 2 sur l’action de Diomandé Ahmed, n’eût été la réussite du gardien adverse. Cette réaction d’orgueil montre que l’esprit ASEC est en train de naître. Il faut l’entretenir.

Comment expliquez-vous justement le passage à vide de la première mi-temps qui aurait pu coûter cher à l’ASEC face à son éternel rival ?
Ce passage à vide était lié à la fatigue du voyage de notre retour du Maroc. On a joué trois matches dans la semaine avant de nous rendre à Khouribga où nous avons livré un match aux couteaux contre l’OCK. On rentre à Abidjan le mercredi matin et le dimanche on joue un autre match aux couteaux contre l’Africa dont les joueurs étaient plus frais que les nôtres. C’est pour cela que nos joueurs sont entrés difficilement dans le match avant de retrouver leurs sensations en seconde mi-temps. A l’issue de cette rencontre, on a encore prouvé à tous qu’on est une grande équipe.

Les acquis actuels suffiront-ils à l’ASEC pour réussir une bonne campagne en Ligue des champions ?
L’ASEC est une bonne équipe. Mais je reconnais qu’il y a quelques réglages à faire. Si les choses se déroulent comme prévu, on va reconquérir notre titre de champion national et aller loin en Ligue des champions. Il n’est pas normal que l’ASEC n’aille pas loin en Ligue des champions après avoir fait les exploits que l’on sait lors des tours précédents. Chaque fois, personne ne croyait en elle, mais chaque fois, elle a su se tirer d’affaire.

Quel est votre mot de fin Président ?
C’est toujours un regret de constater que nos supporters ne suivent pas parce qu’ils ne croient pas en leur équipe. Pourtant, celle-ci se comporte bien en championnat et en Coupe d’Afrique. Nos joueurs se sentiront très forts quand ils seront soutenus par 40 voire 50 000 supporters à chaque rencontre. Je profite de l’occasion pour souhaiter une très bonne fête des mères à toutes les femmes Actionnaires ou fleurs mimosas.

Interview réalisée par
K. Ismaël.

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